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Faut-il avoir peur des grandes méchantes dames?

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Carmina
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J’observais le feu vaciller faiblement dans son foyer.
A vrai dire, je ne me souvenais pas qu’un bois froid, et surement humide, soit d’une grande aide pour monter un campement de fortune comme le notre. Néanmoins, ce n’était qu’une simple supposition, car les connaissances du codex m’étaient à l’heure actuelle presque inaccessible… Avait-ce un lien avec cette fameuse invocation ? C’était bien embêtant ! N’ayant aucun pouvoir propre par nature, je n’avais pas pris au sérieux ce qu’avait dit cette étrange dame. Mais après avoir essayé les choses qui m’étaient simples d’habitude devenir compliquées… peut-être fallait-il trouver une solution à ce problème ?
Cela m’occupera au moins, en attendant de trouver quoi faire avec cette histoire farfelue…



« …Aaah ! Qu’en pensez-vous, Oshiro ? Devrais-je agir en tant qu’écrivaine et suivre cette chronique, ou rester entièrement fidèle à mes engagements et rentrer chez moi transférer mon savoir ? »



Qui était ce nouveau personnage, « Oshiro » ? Eh bien figurez-vous qu’il n’était rien d’autre que l’esprit protégeant cette forêt, nous ayant gracieusement autorisées, Sahronglaag et moi, à y pénétrer et se servir –avec modération- dans ses ressources. Je lui aurais bien offert un thé… si j’avais eu du thé, déjà.



Il était assis en face de moi, de l’autre côté du feu, dans sa grande silhouette végétale. Il n’était pas très très bavard, mais cela me faisait une oreille à qui parler durant l’absence de la guerrière, partie chasser un peu plus tôt.
…Oh… elle devait en avoir tellement marre de m’entendre parler tout le temps…
Mais j’avais du mal à m’en empêcher…



« Cependant, je me demande. Si jamais j’essayais, comment une écrivaine et érudite universaliste peut-elle servir à ce but ? Peut-être ai-je des connaissances à leur partager ? Que mes histoires peuvent inspirer quelqu’un ? Que, quelque part, ma présence bénéficie à son projet, même indirectement ? 



…Les objets ? Oh… Non, je ne suis pas d’accord avec vous, Oshiro. Si c’était le cas, elle aurait invoqué directement leurs véritables manieurs, non ? Eux, étaient pour la plupart de véritables héros capables de s’acquitter d’une telle tâche. Mes créations ne sont même pas l’ombre de leur légende. 
Quoi que je fasse, je n’ai pas les atouts pour être l’héroïne d’une histoire. »



Une rafale de vent montagnard vint quérir le dernier souffle de notre feu de camp. La température n’étant déjà pas très élevée, ça n’allait pas aller en s’arrangeant comme ça !



« Oh, je sais ! » m’exclamais-je vers Oshiro :
« Je devrais chercher du bois de meilleur qualité… ce camp ne servira pas à grand-chose, si le feu ne tient pas. »



Et, décidée, je me redressais avec entrain, prête à être un minimum utile cette fois ! Epoussetant brièvement ma jupe, je me laissais emporter par l’enthousiasme, et eût la mauvaise idée de…courir.



Malheureusement, il ne fallu pas quelques secondes avant que ma joyeuse course ne soit arrêtée par quelque chose de solide et d’invisible à mon regard, que je ne finisse, encore une fois, au sol à moitié assomée.
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Aki Nishiie
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Faut-il avoir peur des grandes méchantes dames ?



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On ne pouvait pas dire que tout allait mieux, mais en tout cas, tout avait pris un tournant qui semblait meilleur. Le temps jouant, les deux compagnes de voyages se repéraient de mieux en mieux et de vieilles habitudes d'expédition resurgissaient petit à petit, chacune savait ce qu'elle faisait le mieux et cela semblait leur convenir, même s'il était inévitable que le sentiment d'inutilité qu'avait constamment Orina revienne de temps à autre. Aki de son côté tentait de toutes ses forces de lui faire comprendre à quel point la petite homonculus lui était indispensable, mais elle se disait bien souvent que c'était comme vouloir enseigner la joie de démolir une tour de cubes empilés à un savant trop renseigné. Il s'agissait de choses bien trop éloignées de sa philosophie fondamentale. Mais le point le plus positif, c'était que la fille aux cheveux roses était toujours avec elle. Même en l'absence de ses souvenirs et malgré sa persistance à l'appeler « madame Aki » qui mettait la sus-nommée particulièrement mal à l'aise, elle semblait bien résolue à poursuivre leur épopée de cette manière, en quête d'une mémoire qui ne reviendrait peut être jamais.

Alors que la chasseuse était en quête de gibier, elle se mit à penser à des problèmes qu'elle avait tenus longtemps éloignés de son esprit. Mizu, Mune et Tanith lui manquaient, il fallait le dire. Sur quatre personnes perdues, elle n'en avait retrouvé qu'une. Elle apprenait à oublier les trois autres, mais c'était une séparation douloureuse qu'elle n'arrivait pas encore à accepter. Si la dame avait bien voulus lui amener Orina, pourquoi lui refusait-elle cela ? Lorsqu'elle se sentait seule, privée de la famille qu'elle avait construite, elle avait l'envie de sentir la douce fourrure blanche se lover contre son ventre, le nez froid froid et humide se coller contre le sien, la respiration douce l'apaiser dans son sommeil. Même entendre cette voix qui lui avait pourtant toujours vriller les tympans lui dire que tout allait bien. Parfois au lieu de suivre un bête gibier, elle se mettait à traquer les empreintes de renards ou de loups, sans même s'en rendre compte. Quand la réalité la frappait une nouvelle fois, plus vibrante à chaque itération, elle se raccrochait à l'existence de sa fille pour ne pas désespérer.

Cette fois encore, elle avait perdus un temps fou à observer une empreinte de canidé suivis de nombre de ses petits avant de revenir à sa traque primordiale, espérant que l'homonculus ne lui tiendrait pas trop rigueur de ce retard. Elle était en train de suivre les sabots échancrés d'un cerf quand sa perte d'attention se fit de nouveau sentir. Un choc brutal la fit reculer de plusieurs pas, à tel point qu'elle dût se retenir à la première branche qui passait pour ne pas tomber. Aussitôt alertée elle encocha une de ses rares flèches dans son arc et le banda en direction de l'importun inconnu … puis l'abaissa légèrement en se rendant compte qu'il s'agissait d'une jeune fille, plus âgée qu'Orina certes, mais moins que la druidesse. Néanmoins, elle ne baissa pas ses gardes, elle avait déjà assez appris dans l'ancien monde que l'habit ne faisait pas le moine.

-Qui es-tu ?

Sans être sèche, sa voix était dénuée de tendresse. Cette personne était redoutablement proche de leur camp et n'importe quel élément inconnu à une telle proximité de l'endroit où Orina était représentait un danger potentiel qu'il ne fallait pas prendre à la légère. Elle profita de quelques secondes pour observer la personne en question : une longue robe de mage et un chapeau pointus des plus étranges, le genre de personne qu'elle n'avait encore jamais croisé dans ce monde bizarre. A vrai dire elle n'était pas franchement rassurante de son côté non plus. Les cheveux en bataille et parsemés de feuilles et de boues, un manteau brun couvrant difficilement ses vêtements pauvres et déchirés … cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'elle ressemblait à une mendiante prête à manger la main de qui lui tendrait un morceau de pain, mais au final, cela pouvait parfois se révéler un avantage, surtout quand il s'agissait comme en ce moment précis d'imposer le respect à un danger potentiel.




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Carmina
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Alors que mon regard et esprit étaient distraits par le mouvement maétronome des branches secouées par la douce brise, une voix féminine se fit entendre. Elle était directe, ferme, mais dénuée d’autant d’agressivité que de douceur. Mais de qui pouvait-elle bien provenir ?... A qui ?
A qui pouvait-elle appartenir ?



Me redressant en position assise, mes yeux scrutèrent l’environnement devant et autour de moi. Une première fois à l’allez. Une seconde fois au retour. Ce n’est qu’au troisième passage, qu’une jeune femme à l’allure sauvage m’apparut comme un mirage. Des cheveux écarlates qui avaient certainement connus de meilleurs jours, des vêtements qui n’avaient pas été entretenus depuis bien longtemps, un arc et quelques flèches… Une tenue typique de ce que l’on serait en droit d’attendre d’une autochtone d’un tel endroit, reculé et sauvage.



« Es-tu réelle ? » demandais-je simplement à l’apparition. Après tout, l’inconnue était apparue dans mon champ de vision sortie de nulle part, il y avait toutes les chances pour que mon esprit me joue encore des tours. Voir des gens apparaître de nulle part, ce n’était pas rare… Mais heureusement, tous ne répondaient pas à mes questions, et par conséquent ne pouvaient prouver leur existence.



Tout en me relevant, je précisais : « Ne le prend pas mal, mais ça m’embêterait vraiment de perdre du temps à discuter avec une hallucination, alors que je devrais plutôt trouver du bois pour le feu… J’ai déjà beaucoup parlé avec Oshiro et le pauvre doit en avoir un peu marre ! »



Pour spécifier à qui je faisais allusion, je tendis le bras derrière moi, vers l’emplacement où l’esprit végétal s’était installé, c’est-à-dire devant notre feu de camp improvisé.



« Mais si tu es bien réelle, tu l’as déjà surement rencontré, non ? Après tout personne ne peut entrer ici sans son autorisation. »



Afin d’observer plus près l’inconnue, j’entrepris de faire quelques pas en avant, les mains croisées derrière mon dos. Après tout, une nouvelle tête attisait toujours ma curiosité ! Mais ce n’est qu’après un ou deux mètres que je remarquais que l’arc était bandé, une flèche pointée dans ma direction. Mes mouvements se figèrent instantanément.



« Ah… »



Pourquoi paniquer ? Ce n’était très probablement qu’un mirage, de toute façon. Même si une illusion créée par mon esprit pouvait me faire mal, ça ne pouvait pas être mortel… et les blessures disparaissaient rapidement. Pourtant, des frissons me parcouraient, ainsi qu’un froid n’ayant rien à voir avec la température extérieure… non, c’était un froid viscéral, interne. Une peur irrationnelle, purement intuitive.



Mes bras commençant à trembloter se séparèrent, venant difficilement se croiser devant moi dans un maigre geste de protection :



« Q-que tu sois vraie ou pas…p-peux tu b-baisser cette arme…ça me met v-vraiment mal à l’aise… » Commençais-je à bégayer, m’accroupissant en signe de soumission. Le rythme de mon cœur accélérait, au fur et à mesure que la peur qu’une flèche perce un organe vital grandisse. Et pour éviter de vexer la personne qui était peut-être réelle et qui tenait peut-être une réelle arme réellement létale, je finis par répondre simplement à sa question :



« C-Carmina…je m’appelle Carmina. U-une déesse…ou quelque chose comme ça, m-m’a appelée p-pour la libérer, je crois…  j-je suis arrivée il n’y a même pas deux jours.»
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Aki Nishiie
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Le comportement de cette personne était réellement étrange. Elle sembla mettre plusieurs secondes à repérer Aki qui ne se cachait pourtant absolument pas, cherchant au contraire à se grandir (ce qui n'était pas forcément facile quand on culminait à moins d'un mètre 60 de hauteur). Qui plus est, au lieu de la réponse attendue à sa question, la première chose qu'énonça la jeune fille fut une autre interrogation qui semblait totalement à côté de la plaque. Si la druidesse était réelle ? Un instant interloquée, la jeune femme hésita à répondre.Elle finit par hocher la tête, persuadée que si on en venait à poser une telle question, c'est que l'on n'était pas capable d'en entendre la réponse. La suite du monologue de celle qui pouvait visiblement s'apparenter à un mage la laissa encore plus pantoise. Elle désignait une personne qu'elle appelait Oshiro dans son dos, mais il n'y avait personne, qui plus est, cet être imaginaire était censé être la preuve de l'existence de la chasseuse. Rien ne tenait debout là dedans. Finalement elle s'éclaircit légèrement la gorge.

-Hum eh bien … Il n'y a personne derrière vous …

Ce fut qu'après qu'elle se rendit compte que son interlocutrice était en train de la tutoyer, ce qui en temps normal ne l'aurait pas dérangé mais la mettait plutôt mal à l'aise en cet instant, en effet, si elle en venait déjà à une telle familiarité, c'était que l'archère n'était pas impressionnante du tout et que, par conséquent, aucun danger n'était écarté. Les dents serrées, elle raffermit sa prise sur son arc, histoire de montrer à quel point elle était décidé, pas assez cependant puisque l'adolescente présumée s'avança légèrement dans sa direction.

-Hé ! Ne bouges pas ou je tire !

Ses doigts tremblaient tandis qu'elle rapprochait la hampe de la flèche de sa joue. Elle n'avait pas du tout envie d'en arriver à une telle extrémité, mais elle voyait mal comment faire autrement. Si cette personne avait pour but de passer pour une innocente personne, elle ne comptait pas laisser sa méfiance s'endormir aussi facilement. D'autant plus qu'il est facile de se dire que les fous sont dangereux et son interlocutrice correspondait assez bien à ce qu'on appelait communément quelqu'un de dérangé puisqu'elle voyait des gens invisibles et doutaient de la réalité de ceux qui ne l'étaient pas.

Étrangement, cet acte sembla porter ses fruits puisque la victime de ses menaces sembla soudainement prendre conscience qu'une flèche pouvait tuer quelqu'un. Accroupie, elle lui demandait de baisser son arc. C'était à ne plus rien comprendre. Desserrant légèrement son emprise sur son arme, la soigneuse n'accomplit cependant pas la volonté de l'étrangère … jusqu'à ce que celle-ci se présente, disant s'appeler Carmina et avoir été appelé par une déesse. Voilà qui était autre chose. Estomaquée, la rouquine persista quelques secondes avant de soupirer et de pointer la flèche vers le sol.

-Tu dis qu'une déesse t'a appelé … comment était-elle ?

Il ne s'agissait que de la troisième personne ayant vécus cette expérience qu'elle rencontrait et il pouvait aussi bien s'agir de quelqu'un qui mentait éhontément pour la calmer … quoique … à vrai dire ce n'était pas exactement le genre de choses qu'on disait pour apaiser les gens, la Nishiie s'en était rendue compte à plusieurs reprises. Quoi qu'il en soit, cette simple vérification pourrait peut-être lui permettre de savoir si elle avait réellement besoin de tirer sur cette inconnue. Après tout, les Hérauts perdant leurs pouvoirs, si elle disait la vérité, elle ne serait probablement pas plus puissante qu'elle.

-Je ne te tirerais pas dessus si tu ne fais pas de geste brusque, mais je n'hésiterais pas si tu te montre menaçante !




Dernière édition par Aki Nishiie le Ven 17 Nov - 10:00, édité 1 fois


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Cette situation m’apeurait de plus en plus. Ah, même si Sahronglaag était parfois méchante, sa présence aurait été bien rassurante à l’instant présent… elle aurait pu confirmer si oui ou non l’archère était réelle, et même se charger de son cas si son existence était avérée. Cependant, j’étais seule face à cette situation qui pouvait rapidement mal tourner…



Un hochement de tête confirma que la menaçante femme avait compris ma question, ce qui n’était pas vraiment rassurant, puisque cela augmentait les chances qu’elle soit vraie… et donc ses flèches aussi. Ensuite, vint une étrange révélation. Oshiro n’était pas réel ? Mais elle discutait avec lui depuis toute à l’heure ! Sans arrêter de trembler, je tournais la tête, lentement pour ne pas que mon geste soit vu comme « brusque ».
Et je fus bien obligée de constater que son image finissait de s’évaporer, comme tout personnage sortis de mon imagination.
Revenant à ma position initiale, je marmonnais :



« Ah… m-mais si tu vois le vrai, c’est q-que tu dois être vraie aussi… j-je suis désolée d’en avoir douté ! »



Le cas inverse serait très atypique pour une hallucination, d’être capable de différencier le réel de l’irréel. J’étais donc bel et bien en train de me faire menacer… Ahah… Confirmer ça signifiait confirmer la légitimité de la peur qui m’envahissait, ce qui l’accentua au final. Pétrifiée, je ne pouvais qu’écouter attentivement les demandes de celle qui était en force, hochant vivement la tête lorsqu’elle ordonna de ne pas faire de gestes menaçants.
Maintenant, concernant sa question…



« Elle était… humanoïde et… blanche. Une femme entourée d’un halo laiteux. Je crois qu’elle est emprisonnée… et a invoqué des « Hérauts » pour l’aider ? Et m’a parlé de…de « pouvoirs », qui m’ont été pris pour… les transcender ? Q-quelque chose comme ça… je viens t-tout juste de comprendre de quoi il s’agissait !»



Ce qu’elle considérait des « pouvoirs » n’étaient pour moi que des choses apportées par le codex, par les rituels pratiqués jusque là, par les objets qui m’accompagnaient encore… Je n’avais aucun « pouvoir », en vérité. Mais cette étrange déesse n’en avait pas la même définition…



« J-je n’ai pas d’arme, ni de sortilège qui pourrait être d-dangereux, o-ou de capacité particulière pouvant être une menace… a-alors s’il te plaît, range cet arc… »



Inconfortable serait un mot léger mon décrire mon état d’esprit. Elle pouvait tirer et mettre fin à ma vie à n’importe quel moment, rendant inutile tout ce que j’avais fait jusque là, tous les sacrifices que d’autres personnes avaient fait pour moi… et je n’y pouvais rien. Ça ne dépendait que de cette inconnue.
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Il y avait un point positif au tournant qu'était en train de prendre cette conversation : il devenait de plus en plus évident que la jeune fille était véritablement effrayée, d'autant plus quand elle commença à croire que Aki était bien réelle. Le point négatif en revanche, était que cela ne mettait pas vraiment la Nishiie à l'aise de devoir traumatiser une enfant pour se sentir en sécurité. Elle préférait de loin l'époque où elle savait sa force assez grande pour ne pas craindre ce genre d'incident. Elle pouvait être gentille avec tout le monde et se dire que si c'était une erreur, elle n'avait de toute façon aucune raison d'avoir peur. Mais la description de la femme en blanc correspondait exactement au souvenir que la druidesse en avait, ce qui confirmait que Camina faisait bien partie de ce groupe condamné à l'errance. Soulagée, la rouquine rangea son arc dans son dos et put enfin se détendre un peu plus.

-Excuse moi de t'avoir menacé. Mais bon si tu dis bien la vérité, nous n'avons rien à craindre l'une de l'autre … Je suis dans la même situation que toi après tout.

Elle soupira légèrement. Elle aurait bien fait une blague sur le simple fait qu'elle ne savait même pas s'il lui restait assez de force pour faire du mal à un être humain avec une flèche, mais cela aurait été révéler un peu trop de ses faiblesses à son goût. Cette jeune mage pouvait tout aussi bien être accompagnée de quelqu'un de beaucoup plus puissant et dangereux.

-Je m'appelle Aki. Je suis là depuis quelques semaines. Encore désolé pour ça.

Elle tapota son arc pendant qu'elle rangeait sa flèche et recommença à s'intéresser à l'empreinte de cerf sur le sol. C'était le genre de proie beaucoup trop grosse pour elle mais qu'elle continuait à traquer par habitude avec l'espoir fou qu'elle pourrait en stopper un dans sa course d'un seul trait dans le cou. Malgré tout, une question subsistait.

-Qu'est-ce que tu fais par ici toute seule ?

Une petite voix dans sa tête lui disait qu'en temps normal, elle se serait agenouillée à ses côtés pour voir si elle ne s'était pas blessée en tombant, elle l'aurait prise dans ses bras pour se faire pardonner, elle aurait fait bien des choses beaucoup plus gentilles et surtout, elle n'aurait pas été aussi sèche. Mais une autre partie d'elle-même ne cessait de répéter que de toute façon tous ces gens n'étaient pas digne d'elle et de son attention, une horrible partie d'elle-même … mais une partie qui lui rappelait drôlement quelque chose, l'attitude d'une ancienne amie … Elle chassa cette pensée pour évaluer la profondeur de l'empreinte et la quantité de poussière qui s'était accumulé depuis avant de secouer la tête. Cela faisait trop longtemps, elle pouvait tout aussi bien recommencer à chasser le lapin.

-D'ailleurs, tu es vraiment seule ? Il n'y a personne avec toi ?

Autant jouer sur l'ascendant récent qu'elle avait pris pour s'assurer que la zone était vraiment sûre, autrement il faudrait qu'elle courre au plus vite retrouver Orina et la mettre en sécurité. Quoique … C'était étrange, comme cette disproportion de force l'avait atteinte. Désormais, sa protégée était autant, si ce n'était plus forte qu'elle. La soigneuse n'était plus en train de marcher sur le monde. Et son arrogance se heurtait constamment au pire des murs : l'échec et la faiblesse. Elle ne pouvait plus se voir comme la grande protectrice de l'homonculus, puisqu'elle même s'était déjà faite sauver la vie par celle qu'elle aurait voulus épargner de toutes les difficultés du monde. Cela ne lui plaisait pas, mais c'était un état de fait qu'elle devait commencer à assimiler sérieusement.





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A ma grande joie, l’archère rangea enfin son arc, pointant la menace de sa flèche bien loin de mon corps affaiblit. Craindre pour sa vie était un réflexe normal, de ce que j’avais pu constater au travers de nombreuses vies que mon esprit avait expérimentées… C’était d’ailleurs étrange, que malgré le rituel m’autorisant à survivre à de graves blessures, et lé bénédiction pliant le destin à mon avantage, cette peur était naturellement revenue au premier danger. Tout cela faisait sans doute partie des « pouvoirs » ayant été perdus en venant ici, et mon âme devait intuitivement comprendre sa propre vulnérabilité…
Un soupir de soulagement plus tard, je me relevais en remerciant l’inconnue de ne pas m’avoir tiré dessus.
 
Sa voix se fit alors un peu plus douce, correspondant au ton attendu lors d’une conversation normale, et je pus enfin en apprendre plus sur cette mystérieuse chasseuse. Son nom était « Aki », et sa situation bien similaire à la mienne comme celle de Sahronglaag. Voilà qui était intéressant. Déjà une troisième personne affiliée à cette tâche ? De combien cette déesse avait-elle besoin d’individus pour la sortir de son probable pétrin ? Un groupe ? Une escouade ? Une armée ?
 

« Eh bien tu es la deuxième personne dans ce cas que je rencontre ! Car pour répondre à ta question, non, je suis accompagnée d’une autre fille qui a subi le même sort que nous. Elle est partie chasser, mais je ne sais pas quand elle va revenir. Oh, elle a tendance à être un peu violente par contre… elle m’a menacé quelques fois, et a tendance à être brutale envers ses ennemis. Alors… ne te montre pas comme une ennemie ? Ce n’est pas un ordre ou quoi que ce soit, simplement que ça mettrait la pagaille, et je ne suis pas sûre qu’actuellement la meilleure chose à faire soit de se battre entre nous. »

 
Oui, vu l’état dans lequel s’était retrouvé ce manieur de hache… je me disais que Sahronglaag n’était pas le genre de personnes qui avait pitié de ses adversaires. Et avec ses tendances à la violence gratuite,  j’avais comme l’impression qu’elle pouvait rapidement faire rentrer quelqu’un dans cette catégorie. Mais trêve de divergence, il y avait beaucoup de choses à  apprendre d’une inconnue, surtout si elle, d’après ses dires,  avait exploré cette terre depuis plus longtemps que nous.
 
« Si tu es ici depuis longtemps… Tu dois avoir récupéré des informations sur cet endroit, non ? Jusqu’à ce que nous nous fassions attaquées par une sorte de fou armé d’une hache, je n’étais même pas certaine que cette terre soit habitée. Y’a-t-il beaucoup de gens ici ? D’autres gens que les « Hérauts » ? D’autres lieux que ce pays enneigé ? »
 
Toute information était utile. Qu’elle soit exploitable, bonne à transmettre, ou les deux à la fois, je me devais en tant que Scribe de connaître le plus de choses possibles sur le plus de sujets possibles. Eh puis, pour être honnête, la récolte du savoir était une activité bien plus intéressante que la récolte du bois.  
 
 
 
 
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Le sourire de la druidesse s'effaça lorsque son interlocutrice parla de la personne qui était avec elle. Une Héraut aussi visiblement, mais qui avait la particularité d'être violente avec ceux qu'elle considérait comme ses ennemis. Aussitôt alarmé par la simple évocation d'une personne violente, que ce soit avec ses ennemis ou pas, la rouquine assaillit la mage de questions pour savoir si elle devait aussitôt courir à la rescousse d'Orina.

-Elle est partie dans quelle direction ? Violente comment ? Qui est-ce qu'elle considère comme ses ennemis ? C'est une criminelle ? Elle est dangereuse ? Pourquoi tu es avec elle ?

Elle essaya de relativiser, de se décontracter un peu. Il y avait plusieurs raisons qui devait être capables de calmer son esprit de mère apeurée. En premier lieu, la chance pour qu'elles tombent l'une sur l'autre était tout de même très faible et qui plus est, Orina était l'inverse même de ce qu'on pouvait appeler une personne agressive, il y avait donc très peu de chances pour que cela se passa mal. Restait toutefois qu'il n'allait pas falloir s'éterniser et partir au plus vite. La jeune femme voulait offrir ce qu'elle avait échoué à donner à son ancienne fille adoptive dans leur monde précédent ; une vie normale. Elle n'en avait que faire des besoin de cette déesse présomptueuse et surtout, surtout, elle ne voulait pas se mêler des affaires des autres Hérauts tant que ce n'était pas absolument nécessaire, elle prit toutefois le temps de répondre aux questions de Carmina, elle n'était pas un monstre malgré tout et elle se doutait bien qu'être perdue dans ce monde n'était pas facile pour l'avoir vécus il y avait très peu de temps.

-Oui il y a des « gens » ici, quelques-uns, beaucoup je ne sais pas, ils sont sans doute plus rassemblés vers les villes et je n'en ai croisé qu'une, plus au Sud. En tout cas nous sommes clairement minoritaire par ici, tu n'es que la troisième que je rencontre sur plusieurs dizaines de personnes normales … en tout cas je crois qu'elles l'étaient. Difficile de dire en fait. Ici c'est un pays qui s'appelle Gothregal, et juste au Sud, là d'où je viens avec ma f … avec une proche amie, c'est Doliene, il fait plus chaud dans cette direction mais les gens sont … moins sympathiques je dirais, bien que tout le monde ici ne soit pas parfait non plus.

Elle frissonna en repensant à leur terrible expérience dans l'auberge qui précédait le passage à travers les écailles de dragon. Mieux valait ne pas trop s'attarder sur ce souvenir. Aux aguets, elle cherchait un signe de vie tout en parlant, espérant repérer un lapin au plus vite et pouvoir rentrer au camp.

-C'est étrange que tu n'ai encore croisé personne, tu as dit que ça faisait combien de temps déjà ? Que tu es ici ? Enfin, c'est vrai que nous non plus, depuis le passage, n'avons pas vus grand monde. Le froid sans doute.

Être constamment active, réfléchir, parler, bouger, tout cela lui permettait de ne pas s’apitoyer, de ne pas désespérer, de ne pas craquer, mais elle se sentait toujours à la limite de quelque chose depuis son transfert, comme si n'importe quoi pouvait la faire exploser, la rendre complètement folle ou la pousser à mettre un terme à son existence. Une peur l'habitait, sournoise, s'instillait nerveusement dans ses veines avec chaque jour qui passait sans amélioration significative de son pouvoir. Qu'allait-elle faire ? Comment allait-elle faire ? Elle regarda la mage pendant un instant. Personne ne savait. Sans doute elle pas plus que les autres. Peut-être même que son amie ne savait pas non plus.

-Tu sais chasser ? Je ne voudrais pas rester trop longtemps loin de mon camp avec ton … acolyte qui rôde.





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Ce fût une grande surprise quand Aki commença à me bombarder de questions sur Sahronglaag. Etrangement, elle semblait vraiment inquiète de savoir qu’une telle personne trainait dans les environs, quand bien même je n’avais donné que peu d’informations sur la guerrière. Qu’est ce qui l’effrayait tant ? Elle n’avait pourtant pas l’air si impressionnable. Puis, si j’étais avec elle, elle ne risquait rien même si nous la croisions, non ?
…Quoique… Sahronglaag n’avait pas l’air de s’embêter avec les notions d’alliés et d’ennemis. En fait, ma propre faiblesse était peut-être la seule chose qui m’avait sauvée.
 
« Ahah…ça fait beaucoup de questions d’un coup ! Je vais essayer de te répondre le plus précisément possible, mais je ne la connais pas depuis bien longtemps.

Alors…

Je ne sais pas dans quelle direction elle est partie.

Elle est violente comme… comme elle a menacé de me briser les membres … mais je tiens à préciser, à sa décharge, que c’était pour me sauver la vie. Oh ! Et elle a massacré ce fou armé d’une hache dont j’ai parlé juste avant. Mais il nous attaquait, elle a réduit sa figure en bouille avant de le décapiter. Je n’ai pas vu leur combat cependant. »
 
Il fallait dire, que mon état ne m’avait pas permis d’observer en détail cet affrontement. Ce qui était bien dommage par ailleurs, cela m’aurait surement appris beaucoup de choses !
 
« Ensuite… J’imagine qu’elle considère ses ennemis ceux qui la menacent ? C’est pour cette raison que j’ai précisé ce trait d’ailleurs. Elle… n’aurait probablement pas réagis pacifiquement à la menace d’une flèche. Et je suppose qu’elle apprécie de frapper sur les gens ayant l’air fort ou pouvant lui donner un quelconque challenge, si j’en crois sa réticente à m’attaquer parce que je suis frêle, ou le plaisir qu’elle semblait prendre au combat.

 

Et ce n’est pas une criminelle, mais une héroïne ! Même si elle ne veut pas l’entendre. Par contre je ne crois pas qu’elle s’embête beaucoup avec les règles. Donc… je ne saurais dire si elle est dangereuse ou pas, elle m’a simplement assuré que lorsque elle désirait quelque chose, elle n’hésitait pas à utiliser la force pour l’obtenir.

 

 Pour finir… Je suis avec elle parce que nous avons été invoquées dans des lieux proches, avec certainement peu de temps d’intervalle. Elle m’a ensuite…aidé, à sa manière, à ne pas périr seule dans la neige. Je lui suis redevable, de ce fait. »
 
Cela faisait un long discours concernant la combattante, mais il était naturel que je réponde avec précision aux questions que l’on me pose. Néanmoins, l’échange demeurait florissant des deux côtés puisque la chasseuse m’offrit à son tour des informations fortes utiles. Si ce monde était habité par d’autres personnes que les Hérauts, et organisés en société comme l’indiquait le nom des pays… une question fondamentale se posait :
 

« Et quelle est notre place parmi eux ? Sommes-nous des héros ? Des renégats ? Des hérétiques ? Des inconnus ? Je suppose qu’à ton arrivée ici, tu as cherché à te renseigner sur ce statut involontaire. Comment as-tu été reçue ? »
 
Après tout, il était préférable de savoir tout de suite si ce qui m’attendait dans les communautés s’approchait plus de l’hommage ou de la foule armée de torches. Me cacher et masquer mes actions, c’était quelque chose que j’avais toujours fait… il était donc important de savoir si je devais continuer comme avant, ou aborder le problème avec moins de mascarade.
 
« Sahronglaag et moi sommes ici depuis bientôt deux jours. Nous sommes apparues dans une chaîne de montagnes, ce n’est probablement l’endroit le plus fréquenté de ce monde. »

 
L’archère me lança un regard étrange, un regard hésitant. Avant de finalement, poser une simple question, qui annonçait certainement l’activité qui suivrait cette discussion :
 
« Hum… étrange. Pendant une seconde j’ai cru discerner… De l’hésitation ? Comme si tu allais dire autre chose. Je ne sais pas. Tu as l’air de beaucoup t’inquiéter de mon « acolyte », je me trompe ? Est-ce que l’amie qui t’accompagne risquerait d’être mise en danger ?

 

…Oh ! Tu n’es pas obligée de me répondre, je suis désolée. C’est une vieille habitude, j’ai tendance à cerner les gens. Même si c’est beaucoup plus difficile depuis mon arrivée.  Je peux à peine percevoir ton aura, et elle m’est comme recouverte d’une épaisse brume, c’est… un peu déconcertant, pour être honnête. »

Le Don de Lecture était mon sens principal, j’étais si habituée à son utilisation que le voir ainsi atténué était… similaire à la cécité,  pour le dire simplement. M’inclinant en signe d’excuse, j’en vins ensuite à sa question :
 
« Actuellement, non, je ne sais pas chasser. Mais il ne fait aucun doute que ma bibliothèque mentale contient une telle compétence, il me suffit d’aller la chercher pour t’aider à trouver de la nourriture ! Considère cela comme une compensation pour le temps perdu à répondre à mes questions.»

 
N’attendant pas une seconde, je fermais les yeux, me plongeant esprit et âme dans le contenu du Codex, représenté par une labyrinthique bibliothèque. Néanmoins, il me suffisait d’une pensée pour me diriger là où je le souhaitais, et…
 
Oh… ça aussi.
 
Immobile. Dans ma propre âme, j’étais incapable de me déplacer. Ce n’était pas comme si le Codex avait disparu, ou que j’étais incapable de m’y connecter. Il demandait juste… un effort mental incommensurable pour le fouiner. Les souvenirs étaient accessibles, les informations déjà extraites aussi, mais je me retrouvais incapable d’aller en profondeur. Incapable d’en « drainer » le moindre savoir-faire.
 
« Ah… je suis désolée, mais cette déesse m’a aussi pris ce « pouvoir »…si on peut appeler ça ainsi… »

 
Je baissais la tête, désappointée. Il fallait que je me rende à l’évidence : Tout ce qui m’avait semblé naturel jusque là était un « pouvoir » aux yeux de cette dame. Et m’avait par conséquent été volé.
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Aki Nishiie
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Visiblement, l'inquiétude de Aki faisait rire Carmina. Même si la Druidesse ne voyait pas ce qu’il y avait de drôle à avoir une folle furieuse pour amie, elle prit son mal en patience et croisa les bras pour écouter les quelques informations disséminées ça et là dans sa réponse. Le problème, c’était que si Orina la croisait, elle pouvait tout aussi bien la menacer plus par peur que par méchanceté … quoique … ce n’était pas vraiment son genre, pas du tout même … mais elle avait tellement changé ! La moitié des choses que la rouquine connaissait à son sujet n’était plus désormais que des suppositions et des amplifications de ce qu’elle pensait savoir et qui se révélaient souvent fausses. En tout cas, sa compagne de voyage était aussi une Héraut d’après la référence de la mage à son “invocation”, il était donc fort probable qu’elle ne puisse pas frapper l’homonculus aussi facilement que cela. D’ailleurs, comment ce faisait-il que l’adolescente se soit laissé faire ? Si le temps d’intervalle avait été si proche, elle aurait théoriquement pu se défendre … La guérisseuse se retint de poser plus de questions pour répondre à celles qu’on lui avait adressé. Elle retint toutefois le nom de cette personne dont il fallait se méfier : Sahronglaag, quel nom étrange.

L’archère fut quelque peu déconcertée (encore une fois, il faut le dire) par les paroles de son interlocutrice. Elle avait hésité ? Oui peut-être. Et si elle s'inquiétait de l’autre tarée ? Bien évidemment voyons ! Mais comment répondre à cela sans être vexante et sans dévoiler leur faiblesse, c’était une autre paire de manche. Le plus intriguant là dedans était cette histoire d’aura. S’agissait-il du “pouvoir” de la fille au chapeau ?

-Hum et bien, mon amie n’aime pas trop la compagnie des gens, surtout celle des plus … démonstratifs ou brutaux. J’espère qu’elles ne se croiseront pas, j’ai du mal à imaginer comment cela pourrait bien se passer …

La conversation se poursuivit quelque peu, démontrant que la liseuse de pensée semblait faire encore trop confiance à son ancienne magie, une révélation qu’elle eut devant les yeux de la chasseuse. C’était à la fois rassurant et décevant. Rassurant car, au risque de le répéter, il valait mieux qu’un potentiel danger soit faible, mais décevant car la Nishiie n’aurait pas refusé une petite aide pour la chasse qu’elle allait mener. Elle haussa cependant les épaules.

-J’espère pour toi que ça reviendra alors. Ça avait l’air d’être pratique. Tant pis je vais essayer de me débrouiller autrement.

Sa compétence à l’arc était beaucoup trop faible à présent, mais tant pis, un individu un peu vieux ou malade ferait l’affaire, il faudrait juste être prudents. La rouquine scruta les environs et enfin la chance lui sourit. Un renard blessé à la patte boitait loin d’elles à cause du bruit qu’elles faisaient, il s’était peut être fait touché par un des pièges en corde qu’elle avait placé un tout petit peu plus haut, mais bien évidemment, ceux-ci n’avaient pas été assez efficaces. La jeune femme encocha une flèche et l’approcha de sa joue, tendue au maximum, elle respira doucement pour réduire les tremblements de sa main. Lâcha. La flèche fila et toucha la patte arrière de la bestiole.

-Merde !

L’animal couina de douleur et trébucha sur le sol. Se précipitant jusqu’à lui, la rousse finit par arracher du coup net la hampe de sa cuisse avant de l’égorger plus proprement.

-Je te libère ici et aujourd’hui de ton existence loin de la Mère. Ne me maudis pas car tu la rejoindras, plains moi car je suis encore loin de ses bras. Puisse sa bonté t’accompagner dans ton voyage et son sourire t’attendre au bout.

Elle referma les paupières effaré du petit être puis le chargea sur son dos.

-Je rentre au camp. souhaites tu venir avec moi ?





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Son amie n’appréciait pas les personnes démonstratives ? Eh bien en effet, ce serait plutôt embêtant pour elle de croiser la tumultueuse Sahronglaag. Mais de là à en avoir aussi peur ? C’était plutôt excessif ! Néanmoins, Aki ne semblait pas vouloir en dire trop. Cela attisait beaucoup ma curiosité, de fait !
 
 
Ne pouvant être plus utile que cela à la chasseuse, il ne me resta plus qu’à attendre et l’observer en action, tandis que le codex pourrait graver quelques informations. Oh, après tout, il n’y avait pas de mauvaises occasions d’apprendre des choses ! D’autant plus auprès d’une autre « Héraut », qui actuellement représentaient le seul lien avec cette déesse, et donc la seule piste pour comprendre les tenants et aboutissants de tout ceci.
 
 
Son arc en main, elle se mit en chasse d’un animal déjà blessé pour venir décocher une flèche dans sa patte arrière. Néanmoins, à ses paroles et gestes, il fallait croire que l’archère aurait préféré l’abattre d’un coup. Et puis, cette étrange prière… Y’avait-il un aspect mystique dans l’acte de chasser qui m’aurait échappé ? Ou peut-être était-ce là un rite religieux ?
 
 
«...Oh ? Ce n’était pas un mot de satisfaction comme on pourrait s’attendre de quelqu’un ayant remplis son but. Y’aurait-il un élément plus complexe derrière ceci ? La technique que tu as employée ressemblait à quelque chose de très ancien dans mon monde, mais le genre de prière que tu as prononcée rappelle certaines traditions orientales, d’un peuple vivant en harmonie avec les esprits. Mais d’un autre côté, ils ne faisaient pas référence à une Mère en particulier… Donc cela ressemblerait plutôt à quelque chose que feraient les prêtres de la déesse de la nature. Es-tu religieuse, Aki ?

 

Oh ! Ne t’en fais pas, je ne considère pas les partisans des divins comme des criminels, comme les gens le font chez moi, mais ça me rend curieuse. L’existence des déités est un fait avéré, tout comme leur pouvoir et leur limite. Cependant je peux assurément confirmer que ce monde n’est pas  dirigé par les dieux qui règnent sur les nôtres, et il est plus que probable qu’ils n’aient aucun pouvoir ici. Ce qui m’amène à cette question : Pourquoi prier ? Les gens prient et reçoivent des faveurs en réponse, mais beaucoup ont arrêté de prier quand les dieux ont perdu tout contrôle sur leur monde et donc sur le pouvoir qu’ils accordent aux hommes. Pourtant, parce qu’ils ont existé, certains continuent de les prier malgré tout, dans l’espoir de les voir revenir, ou simplement par pure ferveur.

 

Cependant, cela fait sens, puisque les dieux étaient toujours présents et ce monde leur foyer. Mais ici, pourquoi prier ? Cette réalité n’a rien à voir avec ton ancienne. Y’a-t-il quelqu’un qui puisse l’entendre ? »

 
 
Sans reprendre mon souffle, j’enchaînais :
 

 

« ...Ah ! Et ce serait avec plaisir que je t’accompagnerais. De toute façon, je pense que Sahronglaag doit prendre son temps pour rester loin de moi.»
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Lorsque la jeune femme pria pour l'âme de la créature qu'elle venait d'abattre, elle ne se doutait pas qu'il s'agissait là d'un acte de haute curiosité pour la mage qui n'était pas bien loin. Toutes les fois où elle avait pus le faire dans son ancien monde, même après son premier transport, personne ne s'était permis de lui faire de réflexion là-dessus, certains avaient eu des regards surpris, railleur, mais pas un n'avait ouvert la bouche pour lui mettre devant le nez la stupidité de son acte, et c'était pourtant ce que Carmina était en train de faire tout en la noyant sous un flot de paroles et de questions bien difficile à assimiler. Les sourcils froncés, la druidesse la laissa aller jusqu'au bout de sa harangue, s'étonnant de quelques détails. Un monde où il était punis par la loi de vénérer les dieux alors que leur existence était avérée ? Avait-elle bien compris ? Cela lui semblait stupide. Tout en laissant la Héraut étaler son discours, elle attacha les pattes de sa victime d'une cordelette pour la charger sur son dos. Elle avait du mal à comprendre la deuxième question qui lui avait été posée, ce qui retardait sa réponse, laissant un léger silence s'installer alors que la tirade de la jeune fille se perdait dans les feuilles. Être religieuse ? Qu'est-ce que cela pouvait vouloir dire exactement ? Le concept même de religion lui était flou, pour la simple et bonne raison que chez elle il n'y en avait qu'une, seule et unique, prouvée et avérée, personne pour la contredire hormis quelques fous qui mourraient bien vite. Tout en grimaçant d'un air dubitatif, elle tenta tout de même de poser des mots sur ce qu'elle ressentait à ce propos.

-Je suppose que d'un point de vue extérieur à mon monde, on peut penser que je suis … euh … religieuse en effet. Disons que je suis comme ces gens dans le monde où j'étais avant qui s'occupent de vénérer leurs dieux, c'était … mon travail en quelque sorte. Alors oui.

On en venait maintenant à un point tout aussi compliquée : pourquoi prier ? Il était vrai qu'encore une fois, sans avoir profondément baigné dans la gratitude de la Grande Terre Mère depuis sa plus tendre enfance, il était complexe de comprendre les sentiments que pouvaient entretenir ses « partisans » à leur égard, une vénération qui n'avait pas empêché Aki de savoir que ses prières n'atteindraient pas sa déesse … ou en tout cas de s'en douter. Toujours plus mal à l'aise, elle continua à se débattre tant bien que mal contre l'intelligence vive de son interlocutrice.

-C'est que … je sais qu'elle ne m'entends pas … enfin j'espère et j'aimerais qu'elle m'entende mais … cela fait longtemps que je ne l'aie plus esentie auprès de moi … Mais … est-ce parce que notre Mère n'est plus de monde que nous cesserons de respecter ses enseignements de vie ? J'enlève une vie et je tente de la guider, de la seule manière que je connaisse, vers les bras de la mort. Ce n'est pas parce que la mort ne signifie plus la même chose ici qu'il n'y a pas de Mère qui s'occupe de ses enfants perdus ici aussi … Et si la Mère m'entends, même aussi loin de moi, je sais qu'elle continuera à m'entourer de ses bras protecturs tant que je lui resterais fidèle.

Il y avait peut-être dans ce discours de justification une certaine forme de fanatisme. Pas de ceux qui brûlent les hérétiques ou qui refusent toute raisons aux autres, mais cette croyance qui fait si profondément partie de nous que, même en étant conscient de son absurdité, on persiste à s'y accrocher comme à une bouée rassurante.

Fort heureusement, il y avait un moyen de changer de sujet dans les quelques mots que la mage avait dit, et la Nishiie comptait bien rebondir dessus.

-Je pars maintenant. Je ne veux pas la laisser trop longtemps seule. Mais je ne donne pas cher de la peau de ta … Sahronglaag si elle se retrouve face à mon amie.

Mon amie … Elle voudrait l'appeler encore sa fille mais ce serait comme la trahir que de la nommer ainsi dans son dos. Pour l'instant elle n'était plus que son amie. Tant que ces souvenirs restaient loin de son esprit, il n'y avait plus de fille pour la guérisseuse. Plus personne. Sans attendre plus longtemps, elle reprit la direction du camp, regardant si Carmina la suivait.




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Attentive, j’écoutais le point de vue de la croyante au sujet de sa déesse et de la place qu’elle occupait. Elle semblait dans le doute, dans l’espoir incertain que prier ou croire en sa « Mère » avait encore du sens, alors qu’elle-même disait ne plus ressentir sa présence. Néanmoins, Aki continuait d’appliquer ses préceptes, peut-être par habitude, par principe, ou parce qu’elle ne savait pas vivre autrement ?

Réfléchissant à ses propos, j’emboîtais rapidement le pas de la chasseuse qui se dirigeait vers son campement. Mais dès lors que je l’eus rattrapée, il ne fallu pas longtemps avant de repartir sur le même sujet, mes yeux restant rivés sur le chemin:

« Je connais beaucoup de personnes qui ont abandonné leurs rites dès lors que les divinités aient arrêté de nous venir en aide. Tous les humains avaient foi dans la puissance des dieux pour les protéger, mais beaucoup se sont sentis trahis et abandonnés lorsque le pouvoir divin ne leur parvenait plus. C’est une longue histoire que je serais tout à fait ravie de raconter lorsque nous serons avec ton amie! Mais là où je veux en venir, c’est qu’une poignée d’entre eux ont continué à prier malgré tout, dans l’espoir infime d’une réponse, ou simplement parce qu’ils avaient construit leur vie autour de cet axe, et ne parvenaient plus à s’en détacher.

Mais, la Nouvelle Humanité, en tant que société, considère que tenter de contacter des êtres supérieurs, qu’ils soient des esprits ou des dieux, est un crime grave. Dont la seule sentence est la mort. Oh ! Cette loi a une bonne raison d’exister, car côtoyer les cieux a bien failli provoquer la fin de l’humanité. »

Mon regard se tourna alors vers la concernée, une inquiétude venant de naître :

« Cette dame était une déesse, donc le divin est présent ici. Mais si elle doit faire appel à des Hérauts complètement inconnus et prend le risque de libérer leurs pouvoirs, c’est qu’elle doit être désespérée. Ses fidèles ne peuvent peut-être pas l’aider. Ou elle ne peut pas contacter qui elle souhaite. Hum... »

… Mais ce fût juste avant de me souvenir de ce que je souhaitais réellement dire :

« … Ah ! Voilà où je voulais en venir. Ce monde a déjà ses dieux, ou en tout cas il en a au moins un. Peut-être que les habitants pourraient être… Intolérants ? Ne pas accepter une foi différente de celle qui règne ici. N’as-tu pas peur de cela ? Les humains que j’ai connu prennent ce sujet très à cœur et pourraient te voir comme une ennemie. Une hérétique.  Oh, peut-être disposent-ils même d’un corps militaire traquant ceux qui ne suivent pas les dogmes de leur panthéon ?

Ce n’est pas quelque chose que je te souhaite, mais ça me rend curieuse ! Les hérétiques que j’ai connu étaient soit des pratiquants trop fanatiques pour que la conversation ne s’ouvre, soit étaient simplement traités ainsi pour m’avoir suivie -puisque j’étais considérée comme telle-. Alors, que ferais-tu si c’était le cas ? »
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