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Battre le fer tant qu'il est encore chaud

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Aki Nishiie
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Battre le fer tant qu'il est encore chaud

Avec le retour à Gothregal avec le conseil des Hérauts, Aki voulait reprendre une vie normale. Enfin presque. Elle partirait bientôt faire un petit voyage pour découvrir les raisons de sa folie à Heabury, mais pour l’instant elle était contente de profiter de sa vie simple. Elle allait notamment pouvoir récupérer de vieilles choses qu’elle avait oublié comme comment forger son propre matériel. Pour commencer quelque part, elle se rendit chez le forgeron le plus proche de chez elle, transportant avec elle un matériel minimum … et quelques pièces. Le bonhomme bourrus l’accepta chez lui (dans sa fabrique en tout cas) et demanda bien sûr une certaine quantité d’argent pour la former qu’elle lui donna en grognant légèrement.

- Ok pour commencer tu as du matériel ?


La rouquine posa sur le plat de travail tous ces matériaux, ce à quoi le forgeron répondit par un hochement de tête satisfait.

- Parfait, on va bosser à partir de ce méplat.


Posant la dite pièce dans le fourneau, il se mit à vigoureusement appuyer sur le soufflet une ou deux fois avant de donner le relai à la jeune femme qui épuisa toutes ses forces dans cette tâche harassante. Quand il fut de retour, la pièce avait commencé à fondre, toujours en un seul bloc, elle s’était assez ramollie pour pouvoir la travailler. Le bourrus bonhomme récupéra ce qui allait devenir la lame et tailla le premier côté en le tenant à bout de pincettes pour laisser la Nishiie faire le deuxième tranchant. Ils firent ensuite tremper la lame, en veillant à la manipuler avec précaution, avant de la passer sur une meule pour l’affuter une première fois.

- Ce n’est pas encore très affuté, mais tu peux planter le ventre de quelqu’un avec ça. Maintenant on va s’occuper du manche.


Avec une technique étranges utilisant de la soie et des bandes de cuir, ce fut un travail réalisé en moins de deux. La guérisseuse prenait plaisir à recommencer ce genre de petit travaux qui n’avaient sans doute rien à voir avec sa profession mais qui lui avait toujours plut. Savoir fabriquer ses objets soi même, au moins les plus basiques, c’était s’assurer une certaine tranquillité.

Finalement il ressortit de ce travail qui avait quasiment prit une demi-journée entière une petite dague pas très jolie qui ne rendait pas la Druidesse particulièrement fière. Cependant son maître la rassura en lui donnant une grande tape dans le dos.

- Hé beh c’est pas mal pour une première ! Tu peux utiliser ma forge si tu en as besoin et que je suis pas dessus pour t’entraîner, avec un peu de détermination tu t’amélioreras et tu feras de bien meilleures armes. En attendant celle-ci pourra couper ton pain.


Après un petit rire, il repartit au travail. Est-ce que cette lame était réussie ? Difficile de le dire tant qu’elle n’avait pas été testée …

Feat. Moué

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Aki Nishiie
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Battre le fer tant qu'il est encore chaud

Dans sa quête pour récupérer son indépendance matérielle, la jeune femme avait également décidé de se remettre au complexe travail qu’était celui de l’enchantement. En revanche en ce domaine elle n’avait nulle envie d’en appeler à quelqu’un d’autre pour lui apprendre, non elle comptait bien essayer de réunir ses vieilles compétences pour parvenir à quelque chose d’elle-même. Pour support de l’enchantement elle choisit la dague plus ou moins bien réussie qu’elle avait extrait de la forge un peu plus tôt et retourna à sa maison pour la poser sur une surface plate. Munie d’un cristal bleu (ce qui semblait être les réceptacles d’enchantements sur Bariande) et d’un coeur de Baloth (nécessaire à ce qu’elle voulait faire d’après le vieux livre ouvert devant elle), elle commença à essayer de faire passer son pouvoir dans le cristal, sans même trop savoir comment s’y prendre. Elle passa des heures à se tortiller sur sa chaise en essayant de trouver une solution, en finissant même à presser les deux ingrédients l’un contre l’autre en espérant qu’une explosion en apparaisse et que soudainement tout marche, mais en vain.

Une bonne nuit de repos remettrait sans doute tout cela en place. Après avoir enfermé le cristal et le coeur dans une boîte qu’elle glissa sous son lit (pas question qu’Orina ne les trouve, ce serait le plus mauvais exemple possible à donner à sa fille) et avoir glissé la dague sous son oreiller (on n’est jamais trop prudent), elle prit place dans son lit et s’endormit rapidement, il fallait dire que sa journée passée à marteler le métal puis à tenter de réaliser un sort infructueux l’avait sacrément épuisée.


Lorsqu’elle se réveilla, il était presque midi et sa protégée n’était déjà plus là, sans doute partie s’occuper de quelque chose de bien plus important ailleurs. Après un court échauffement matinal et rituel qui lui avait bien manqué ces derniers jours, elle ressortit tout son matériel et le posa à plat devant elle, se référant au manuel d’enchantement qui sentait encore sacrément la poussière. Il était dit qu’il n’y avait besoin normalement d’aucune incantation ou pouvoir particulier pour faire basculer le pouvoir des artefacts nécessaires jusqu’à la pierre, mais uniquement de volonté et de concentration. Le cristal était en recherche de quelque chose à absorber, il ferait donc le reste du travail.

C’était bien beau dit comme ça, mais sur quoi Aki devait se concentrer? Elle ferma les yeux quelques secondes, se massant les tempes dans l’espoir de faire passer la migraine qui la consumait petit à petit depuis le massacre qui avait eu lieu à Heabury. Nulle utilité de penser à cela maintenant, cela ne ferait que retarder le processus encore et encore. Finalement, elle décida que si Bariande lui avait permis de retrouver son pouvoir originel, c’est qu’il devait bien lui servir à quelque chose ! Et si pour la majorité des enchanteurs, les Fluides agissaient d’eux même sans besoin de pression puisqu’ils n’étaient pas sous contrôle mental permanent ? Et si l’énergie de la Nishiie empêchait justement ce processus naturel de se produire ? Alors il fallait qu’elle le fasse “artisanalement”.

Prenant l’organe de la bête dans une main (ce que c’était dégoûtant, au nom de la Mère !) et le cristal dans l’autre, elle se plongea dans l’état parfaitement neutre qui lui permettait d’ordinaire d’invoquer son bouclier. Le courant calme et tranquille qui passait dans son corps comme un réseau veineux secondaire connecta rapidement ses deux bras puis les deux objets. Quelque chose transita par son corps, elle n’eut aucun mal à le sentir, mais quand elle eut cligné des yeux, le coeur s’était rabougri et la pierre brillait d’une lueur qui avait tout de la magie ! Après un petit cri de victoire, la rouquine l'enchassa sur le pommeau de la dague puis attendit patiemment de voir le résultat se produire … ou ne pas le faire.

Feat. Moué

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Battre le fer tant qu'il est encore chaud

Forte des ses deux précédentes réussites, la rouquine rangea l’arme dans une couture de son pantalon de cuir avant de s’attaquer à la prochaine étape, se fabriquer une partie d’équipement. Elle avait déjà acheté une tunique et des bottes de tissus pour aller sous son armure de cuir et elle comptait bien compléter sa collection avec une paire de gants assortis, si toutefois elle se révélait avoir au moins le dixième du talent de celui qui avait conçus ça pour elle. Pour cela, heureusement pour elle, pas besoin de manipuler d’organes d’animaux vivants il n’y avait pas une semaine de cela, mais plutôt de bêtes lanières de cuir et des fibres à assembler. Contente d’avoir pus réunir ces matériaux lors d’une de ses précédentes expéditions, elle se mit à table.

Equipée d’un parchemin et d’un bout de pierre noire, elle dessina le contour de sa main en prenant garde à le faire avec précision tout en lui laissant assez d’espace pour être à l’aise. Après avoir plié le parchemin, elle déchira soigneusement le papier en ignorant le contour de son pouce pour se constituer un patron digne de ce nom (en tout cas elle l’espérait). Après y avoir ajouté le motif du pouce et des fourchettes, elle était plutôt fière de ce qui pourtant ne ressemblait à rien de concluant pour l’instant. Mais c’était la partie intéressante qui allait commencer.

Elle récupéra ensuite les bandes de cuir qu’elle avait lacéré sur la peau de ce pauvre Baloth et testa longuement leur élasticité. Après quelques ajustements à la graisse, elle jugea que c’était à peu près chose faite. Elle prépara ensuite plus correctement le cuir, l’humidifiant pour l’étirer dans un sens, puis rebelote dans l’autre, bref, un long travail qui lui prit le reste de sa journée. Mais cette fois-ci elle n’avait aucune envie de s’arrêter pour dormir. Après avoir déposé un léger baiser sur le front de sa protégée, elle se remit au travail.

Elle accrocha les différentes bandes au patron et coupa les formes adéquates pour obtenir de nombreuses pièces qui ainsi ne semblaient pas vraiment avoir de sens, mais aussitôt qu’elle se mit à les coudre ensemble, une forme commença à apparaître, prenant peu à peu les tracés d’une main, et plus précisément de celle de la Druidesse. Les fourchettes et le pouce furent une autre paire de manches, mais voilà qu’elle possédait une main droite équipée … en revanche pour ce qui était de la main gauche …

Après un profond soupir, elle entama donc le long et fastidieux travail pour l’autre côté, ce qui lui prit à peine moins de temps. A présent elle pouvait passer à la partie critique. Observant d’un oeil méfiant les deux objets de tissus à l’allure franchement peu agréable, elle commença à tenter de les enfiler … quel en serait le résultat ? Ils s'ajustèrent parfaitement à son poignet comme à ses doigts. Ravie de son oeuvre plus que laide, l'archère plia les phalanges dans tous les sens sans ressentir la moindre gêne, un nouveau pas sur la voie qu'elle avait choisis d'emprunter !

Feat. Moué

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Battre le fer tant qu'il est encore chaud

Dernière chose et parmi les plus importante qu’elle avait eu à faire lors de son ancienne vie : se remettre à l’alchimie. Elle était guérisseuse, et non pas seulement parce qu’elle avait des pouvoirs confiés par les Druides qui lui permettaient de facilement soigner les afflictions, mais aussi parce qu’elle avait toujours possédé la connaissance suffisante pour réduire les fractures, appliquer des cataplasme et faire des infusions calmantes, ce genre de choses qui lui permettait non seulement de sauver quelqu’un, mais aussi de lui apprendre comment le faire lui-même la prochaine fois. Elle n’avait dormis qu’une vingtaine de minutes, mais son cerveau était en ébullition. Elle se souvenait de l’odeur particulière du laboratoire qu’ils avaient au manoir. De celle de la boutique. De leurs recherches pour pouvoir un jour avoir un enfant ensemble … Les larmes lui venaient aux yeux. Elle se souvenait du poison qui l’avait achevé, elle qui pourtant ne craignait rien, de sa longue convalescence dans la grande chambre, d’Orina qui s’inquiétait tant et tant et de lui qui venait s’asseoir au coin du lit pour la rassurer.

Elle se souvenait de leurs mains qui se frôlaient pour récupérer une fiole sur l’étagère, des sourires complices, des blagues sarcastiques, des erreurs de l’un et de l’autre, de la douce et terrible mélodie de l’alchimiste qu’elle avait aimé et qu’elle aimait toujours de tout son coeur. Doucement, elle fredonna la musique qui sortait de la petite boîte qu’ils avaient écouté ensemble, laissant ses larmes creuser le vide qui devenait chaque jour un peu plus grand, mais qui devrait rester silencieux et tranquille, toute sa vie s’il le fallait, car même si elle était terriblement triste de la perte de son fiancé, il lui restait une raison de vivre.

Toujours tremblante d’émotions, elle raviva le feu de leur petite cheminée et commença à y faire bouillir de l’eau. Elle resta ainsi un long moment, à contempler les flammes lécher son chaudron, l’envelopper, à résister à l’envie de se jeter dedans pour ne plus jamais, jamais perdre quelqu’un. Pourtant ce fut les Sytlis qu’elle y jeta, regardant les pétales se dissoudre timidement pour donner une couleur rougeâtre à sa petite potion. Elle touilla deux ou trois fois, sans vraiment réfléchir à ce qu’elle faisait, complètement perdue dans ses pensées.

Il y avait eu cette époque où ils avaient vécus dans cette cave, en plein milieu de leur laboratoire actuel, ou ses sentiments ne savaient pas où se cacher tant elle en avait honte. Cette époque où l’homonculus n’était pas encore sa fille, cette époque où ils s’étaient retrouvés sur le palier de la porte de la boutique et avaient parlé. De ce qu’ils avaient perdus. De leurs regrets. De leurs espoirs. Et ce court baiser qui avait tout déclenché. Impossible de se rappeler qui s’était approché en premier. Deux personnes qui se détestaient, deux rivaux éternels, voués à se battre pour l’éternité, sans doute … ou peut-être juste à s’aimer.

Les larmes que versaient l’amie des animaux rendraient-elles la potion plus puissante ou la gâcherait-elle complètement ? Cela resterait bien sûr à voir. En l’instant, celle-ci verser mécaniquement sa décoction dans une fiole avant de se recroqueviller devant le foyer, regardant le feu s’éteindre. Mune vint se lover contre elle, puis, insatisfait, grimpa sur ses genoux où il se blottit plus encore. Attendrie, l’archère put tirer un sourire de son chagrin.

Combien de temps faut-il pour enterrer ses espoirs ? Combien de temps faut-il à une jeune fille pour réaliser que l’amour n’existe plus, ou peut-être qu’il n’a jamais existé, que tout cela n’avait été qu’un rêve ? Une famille. A quoi avait-elle donc bien pus penser ? Les gens comme elle n’avait pas de famille. Après tout n’était-ce pas ce que son maître lui avait toujours répété ? Elle n’était pas vouée à son bonheur. Son bonheur était anecdotique, dérisoire, il devait passer en dernier. Pourtant en cet instant précis, la jeune chasseuse aurait sacrifié bien des vies d’inconnus pour toucher de nouveau du bout des doigts ce précieux bonheur qu’elle avait laissé partir.

Feat. Moué

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