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à l'ombre du grand troll

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Sujet: à l'ombre du grand troll

Sam 3 Mar - 1:21

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Arkazock
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A l’ombre du grand troll

Sous surveillance
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musique d'ambiance:
 


La dryade n’avait pas retenu son impétuosité. Elle était plus qu’heureuse d’avoi trouvé les habitants de la forêt. Elle les avait cherchés bien trop longtemps à son gout, mais en réalité à peine sept mois après son arrivée dans la région, et deux mois seulement après la finition du nid. Les premiers temps n’avaient pas été sans peine. Elle avait vécu ces temps comme une libération dans le travail. Elle s’était même improvisée comme architecte. En effet, faute d’une personne compétente au camp, elle avait eu à se rendre à l’évidence qu’elle n’était pas à même de déléguer le travail. Finalement le résultat était étonnant. Elle s’était approprié l’architecture à sa façon et avait obtenu des résultats surprenants. Un assemblage végétal orné d’une coupole qui donnait au bâtiment des airs d’œuf où de nid. Cet œuvre, affublé d’argile et de terre s’était rapidement couverte de mousse, et les vignes avaient commencés à se développer sur la base de l’ouvrage. Si le fourneau était allumé, il semblait dans un panache de fumée donner des allures de pèche où de pomme à l’ensemble.
Le nid couplé avec les yourtes donnait une protection suffisante et un confort relatif. Il faudrait construire de nouveaux bâtiments, mais en attendant, elle s’était mise en quête de ses sylvestres voisins, tout en voyageant dans un ensemble de cercles concentriques qui avaient pour but de lui faire découvrir la région. Avec une certaine lenteur, elle avait appris à vivre avec les créatures de la forêt qui lui étaient initialement étrangères. Ses capacités de contact avaient été décuplés ces derniers temps. Elle avait passés de nombreuses lunes loin de ce qui était aujourd’hui sa demeure et son sanctuaire. Cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Les autres se débrouillerait sans problèmes et ce qu’elle faisait été à ses yeux tout aussi importants.

Le contact avec la nature lui était étrangement… étranger. Elle pouvait entendre les arbres murmurer, mais plus jamais un arbre ne s’adressait à elle. C’était comme si elle n’existait pas. En un sens, elle était déjà considérée comme morte. Elle s’était faite à cette idée et se contentait de ce que les animaux lui apportaient pour calmer le chagrin qui hantait parfois son cœur.

Elle n’était pas très regardante à dire vrai. Elle avait été fascinée par des œufs de canne géante. L’insecte en lui-même l’avait surpris. D’une taille démesurée, mis à mal par un caméléon de bonne taille, il s’était mis à cracher du sang dur le reptile. Celui-ci avait fui sans demander son reste. Elle était restée là à observer l’animal évoluer et pondre. Les œufs avaient été une vraie découverte. Ils possédaient des embryons d’ailes et de pattes et s’était envolé sous la brise.
Plus tard dans la même journée, elle avait assisté avec attention à un combat de mouches diopsides. Ces petits insectes capables de voler luttaient pour les femelles en se dressant sur les pattes de derrière puis en se jetant pattes en avant sur leur adversaire comme l’auraient fait deux hommes obèses. Le combat avait duré et elle avait fini par se perdre dans es méandres de la branche sur lesquels les deux insectes s’étaient retrouvés.
En fin de journée, ce matin, ils étaient enfin venus la chercher.


Dernière édition par Arkazock le Sam 17 Mar - 22:58, édité 1 fois
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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Sam 3 Mar - 2:01

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Arkazock
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A l’ombre du grand troll

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Des ondins étaient venus la trouver. Ils étaient en armes et en surnombre. A cinq, présentant des tridents et des lances, ils étaient à même de répondre à l’éventuelle menace que prodiguerait la dryade déformée. Ils avaient déjà pu l’observer de loin. Mais se rapprochait faisaient instinctivement ressortir une moue disgracieuse face à l’abomination qu’elle était devenue. Elle ne se formalisa pas. Il n’était pas dans ses défaut l’orgueil et elle ne ressentait pas cette vision comme un rejet. Peut-être était elle incapable de comprendre ce qui se lisait sur leurs visages
La longue observation qu’ils avaient pu faire de l’animal les avait conduits à contempler un spectacle assez extraordinaire d’une dryade incapable de communiquer avec les arbres, mais pourtant extrêmement proche de la nature. Ils avaient besoin d’aide, aussi ils ne purent se résoudre à faire la fine bouche. Tant que la dryade ne les menaçait pas, elle ne serait que sous une surveillance étroite mais discrète. Ils aviseraient plus tard de ce qu’il conviendrait de faire.

En attendant, ils avaient besoin de son aide. On lui présenta le maitre des lieux Il semblait immensément vieux, mais aux yeux d’Arckazoc’k la valeur ne se mesure pas au nombre des années. Aussi avait-il du se montrer sage et persuasif pour impressionner ainsi la Dryade. Une autorité naturelle semblait l’envahir à tout moment.

Arckazoc’k n’avait pas caché son émotion. Elle était capable de discerner ce qui était positif pour elle du reste. Et cet ondin pourrait être la solution à tous ses problèmes. Elle avait répondu positivement à toutes ses demandes. En fait, elle avait simplement à convaincre un troll stupide de donner un objet de valeur.
Manifestement, la confiance qu’on accordait à ses capacités était plus grande que la confiance qu’elle accordait pour elle-même. Elle avait eu peur de ne pas gérer l’venture, mais il était hors de question de refuser. En dehors de l’enjeu personnel, c’était le groupe de l’ondin qui était menacée. Un grand arbre ? peut être un futur arbre père ? Cette vision la remplit d’espoir. Elle aurait tant aimé pouvoir faire amande honorable pour ses crimes passés…

Elle n’était pas partie seule dans ce projet. Nealho, jeune guerrier ondin de son état avait été envoyé avec elle. En pleine possessions de ses capacités physiques, il semblait musclé et sûr de lui. Il ne devait pas connaître la peur de la mort ou du moins faisait semblant d’avoir le courage des braves qui remplirait l’ondin vénérable de fierté pour son peuple.

Pour la dryade, ce serait l’occasion de reprendre contact avec le monde caché de la forêt. Elle n’osa toutefois pas engager la conversation, tout comme lui ne semblait pas avide de parole pour l’être difforme en face de lui. Il ne semblait pas très à l’aise malgré son torse bombé et ses muscles contrastés. La précaution était inutile, les dryades étant fort peu sensible à ce genre d’attributs.

Pourtant, entre les deux le silence devenait de plus en plus pesant.
Ce fut lui qui avança une conversation.





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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Dim 4 Mar - 1:27

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Arkazock
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Avec l’ondin
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La dryade avait de bonnes connaissances dans les êtres qui peuplait la région. S’il était vrai qu’elle n’était pas originaire de Gondone, la plupart des créatures étaient communes et elle avait eu un topo complet des autres. Elle savait amadouer un Dhrem, désorienter une immondice où même approcher un tapel sauvage. Ces considérations n’étaient que de dangereuses trivialités qu’elle n’avait pas de problèmes à aborder avec un étranger. De son coté, le jeune guerrier ondin parlait avec verve de ses combats qu’il disait épiques contre des forces destructrices. Faire le pour et le contre de ses propos n’était pas dans les capacités de la dryade et pour être exacte elle s’en moquait. Elle aimait a badiner avec ce bonimenteur en jupons, se laissant bercer par ses prétendues aventures. Il était plaisant pour elle de retrouver ce monde qui avait disparu pour elle, un monde secret et caché dans les forêts. Elle était prête à sourire et a écouter avec plaisir le guerrier si celà pouvait lui être agréable.

Toutefois, à la tombée de la nuit elle commença à lui poser des questions plus précises sur les trolls et plus spécifiquement sur celui qu’ils allaient affronter. Le jeune homme éclata de rire.

« Non mais ce troll n’est pas un vrai problème ! Si la coupe est importante, l’obstacle n’est qu’une épreuve pour tester tes capacités et de voir ce que l’on doit faire de toi. »

Il prit une respiration lente et pensive.

« Je pense qu’il est plus fort que tu ne le penses. En plus d’être capable de déraciner un tronc où de soulever un rocher à mains nues, il est particulièrement intelligent… Ou stupide comme tu préfères. En vieillissant les trolls deviennent plus rusés et vicieux. Cependant, ils sont aussi de plus en plus paresseux et bornés. Il faudra à celui-là plus que quelques coups pour qu’il cède. »

Il marqua un temps d’arrêt puis reprit

« Si tu l’affrontes de front, tu mourras à coup sûr, et c’est pour ça que je suis là. Je suis également de la partie. Si tu meures, je tuerais le troll et je récupèrerai ce qu’il nous a volé. Mais nous n’en sommes pas encore là, je vais te donner tous les points forts et les points faibles de la créature. »

Il reprit son monologue à propos de sombres points faible au niveau du crâne qui laissait sans problème une lance se frayer un chemin dans le cortex de la créature. Enfin, il se laissa tenter par un ensemble de contes et légendes sur les trolls qui avaient marqué l’histoire. Cet inventaire à la Prévert intéressait grandement la jeune dryade qui dévorait ses paroles. Son coté candide ressortait par moment et l’engouement de l’ondin était particulièrement communicatif.

Mais quelque soit les beaux discours, un troll n’est jamais une créature à prendre à la légère.

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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mar 13 Mar - 22:34

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Arkazock
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Pour être très honnête, Arkazoc’k n’était pas très à l’aise avec l’idée d’affronter de front un ennemi aussi redoutable qu’un troll adulte et bien portant. On pourrait bien croire que ce n’est pas la créature la plus redoutable qui ait foulé un jour le sol de la forêt, mais son interlocuteur mit ses doutes en confiance. Ce troll n’était pas un troll comme les autres. Il avait bien hérité du caractère insidieux propre à sa race, mais cela ne devrait pas faire sa première caractéristique. En effet, même par rapport à ses congénère son comportement était des plus inhabituels. La sécularisation n’était pas une donnée raciale et faisait office de surprise. Si les mâles pouvaient vivre loin d’une famille où d’un clan, il était rare que cette situation se prolonge. Dans le cas de celui qu’ils allaient affronter, il avait tué sur le coup de la colère chacun des membres de son groupe, frères, concubines, enfants pour les dévorer ensuite.
De toutes les ignominies que peut connaître la nature, bien peu contredit ses règles les plus simples. Et tuer ses compagnes et enfants ne faisait certainement pas partie d’une quelconque de ces règles.
Seul et sécularisé, la bête avait pu profiter d’un territoire de chasse vaste, abondant et sans concurrence de sorte qu’il avait pu grandir et s’épanouir dans ce qu’il convient d’appeler un petit garde-manger personnel.
Il n’avait pas grandi en sagesse, mais avec l’Age il était devenu plus rusé et adroit. Sa ruse et sa méchanceté avait prit lieu et place de son ancienne violence qui faisait surface lorsqu’il s’agissait de dévorer ses proies par petits morceau où de les dépecer vivantes afin d’avoir de la chair plus « vivante ». Sa bonne alimentation lui avait permis de développer sa force de manière outrancière et il avait apprit à jeter des roches avec une grande précision faisant d’un simple rocher une arme formidable. Ses lancers étaient une arme extraordinaire et lui avaient permis de renflouer son répertoire de chasse a des animaux d’ordinaires plus rapides et agiles que lui ainsi que ceux capables de voler. C’était avec un certain délice non dissimulé qu’il goutait à ces chairs normalement défendues. Ses nouvelles capacités avaient transformé chaque terrain de chasse en un terrain de jeu, et il prenait un grand plaisir à l’expérimenter de toutes les manières possibles.
En outre, il avait aménagé un certain nombre d’embuscades sur son territoire sous la forme d’étroits défilés qu’il bloquait à coup de pierre avant d’exploser le crane des infortunés qui avaient eu la malchance où la maladresse de pénétrer son espace au même moment que lui.

La géographie du lieu avantageait grandement le troll, coincé entre deux reliefs abrupts, il accueillait périodiquement des migrations d’herbivores, mais également de carnivores et de charognard suivant leurs gibiers. Ces proies potentielles étaient plus où moins forcées de traverser le territoire du troll quand bien même celui-ci puait la mort sous peine de voir leurs petits mourir d’une mauvaise chute dans les crevasses de la région.

Le troll avait atteint le pinacle de ceux de sa race.

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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mar 13 Mar - 22:34

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Arkazock
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Avec l’ondin
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La nuit passa doucement sur le camp établit à la hâte près d’un ruisseau. Ni l’ondin ni la dryade ne s’encombraient d’un lit, et un toit au-dessus de leur tête leur semblaient d’un ridicule superflu. Toutefois, l’Ondin s’était aménagé une sorte de nid de branchage superficiel en entassant une petite quantité d’herbe sur un buisson haut. Il dormirait sous cette cabane primaire qui lui assurerait une humidité continue qui l’aiderait à nourrir sa peau délicate bien qu’épaisse.
De son coté, la dryade eut du mal de trouver le sommeil. Elle avait déjà participé à une traque au troll, mais dans ses souvenirs, c’est sa tutrice, dont les pouvoirs étaient bien plus importants que ceux qu’elle avait aujourd’hui qui s’était chargée de réunir les autres membres de la communauté. A l’époque, Arkazoc’k n’avait pas compris pourquoi toutes les choses de la forêt s’étaient ligués pour faire fuir la chose. Elle avait manqué de recul et de discernement en pensant que toute la charge avait été portée par les épaules solides de sa protectrice. En réalité, aujourd’hui elle soupçonnait que des forces bien plus puissantes étaient parfois à l’œuvre dans les forêts. Le monde qui à l’époque lui semblait si simple recelait nombre de secrets que sa tutrice ne lui avait pas enseigné.
Il lui était difficile de concevoir les raisons d’un tel refus. Elles avaient toujours eu un faible l’une pour l’autre, comme une sorte d’amour platonique. Les deux étaient filles du même arbre père, mais des siècles avaient séparés leurs naissances de sorte que la plus vieille avait vu bourgeonner les prémices du monde dans ce qu’il fut de plus primaire et sauvage alors que les hordes divines étendaient leur terreur sur le monde. L’arbre n’était alors qu’une jeune pousse et le monde ne demandait qu’à s’ouvrir à la vie. Elle avait vu naître et tomber des forets et des civilisations, des races étaient apparues et d’autres avaient périclitées. Elle était des plus vieilles choses de ce monde en dehors des roches et des rivières. Elle connaissait les cent-milles noms de tout ce qui vit et de tout ce qui est ; Sa magie était puissante et sur un mot, la nature se pliait à sa volonté. Pourtant elle était aussi douce et sensible, ses années de labeur lui avaient appris la compassion et l’amour.
De son côté, la jeune dryade était toute l’opposée de son aïeule. Elle était vive comme le vent et fraiche comme une jeune pousse. Sa curiosité s’agitait naturellement comme le roseau sous la bise. Elle voulait comprendre et connaître le monde. Elle avait bu les paroles de son illustre aïeule assoiffée de connaissances et de compréhension du monde. Cette innocence marquait un réel contraste avec les heures sombres de la jeunesse de celle qui allait vite devenir sa tutrice pour parfaire son éducation pendant près d’un demi-siècle. Pourtant, si ce fut le premier visage qu’elle vit, un lien qu’elle pensait indéfectible les avait saisies toutes deux pendant toutes ces années.

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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mar 13 Mar - 22:35

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Elle avait vécu la colère de sa tutrice dans un ouragan vert comme son amour de la vie dans une explosion bourgeonnante. Elles avaient aidé les créatures du foret à mettre bât, observé les êtres de l’extérieurs tenter de couper les arbres et êtres chassés parfois avec violence, parfois avec douceur. Mais par-dessus tout, elle l’avait écouté pendant des heures et des heures dans un discours sans fin sur les subtilités de telle baies et de ses applications pour différents animaux ainsi que sa participation dans un cycle plus long. Elle avait parlé de la vie et de la mort. Dans ce sens, elle avait demandé à la dryade d’élever un petit écureuil qui l’avait accompagné partout pendant une dizaine d’années avant de mourir de vieillesse. Arkazoc’k avait été à la fois heureuse et triste. Un tel compagnon avec qui elle avait tant de souvenir avait disparu et elle était condamnée à la solitude de son absence. Pourtant, elle avait été heureuse de le voir participer au grand tout de la nature. Son corps avait nourri les insectes de la forêt qui avaient eux-mêmes alimentés une mésange qui s’en fut peut-être à des centaines de lieues. Elle avait compris beaucoup de choses ce jour là et elle en était reconnaissante à sa sœur de lui avoir fait comprendre la préciosité de ce qui serait son univers et sa raison d’exister.
Depuis lors, elle avait voué sa vie à la protection de ce cycle, et son amour de la nature était devenu indéfectible.

Il lui fallut encore des années pour éveiller sa connaissance innée du langage des arbres qu’elle avait perdu au cours de sa prime croissance. Au-delà d’une langue, la capacité de comprendre les arbres est un ensemble de sensation, d’impressions limités aux sens primaires d’un végétal. Pourtant, les arbres semblent communiquer si on est capable de leur prêter l’oreille. Peut-être n’est-ce qu’une impression, où peut-être est-ce réel, mais elle gagna un jour la capacité à comprendre la forêt, à fusionner avec son essence. Cette vision lui avait apporté la sensation la plus agréable de ce qui fut alors sa vie. Elle était devenue capable de dormir au cœur d’un arbre, de trouver le repos dans la mort pendant la saison froide, et dans la renaissance pendant la nouvelle saison.
Sa vie prenait encore une fois un nouveau sens. Il lui fut difficile de s’éveiller de ses sommeils sans rêves. Pourtant, encore une fois avec les arbres qui se réveillaient au printemps, la vie comme elle reprenait son cours jusqu’au prochain hiver.

Elle avait appris à vivre au rythme de la forêt, au rythme des saisons, mais également de ses éveils, de ses menaces, de ses cris, de ses bonheurs et de ses peines. Elle avait été témoin de la vie et de la mort, puis de la renaissance ou de la continuité du cycle. Elle était jeune toutefois, et son apprentissage était loin d’être complet. Elle avait vécu presque l’intégralité de sa vie sous l’ombre rassurante de cet ouragan calme et bienveillant qu’était sa tutrice. Aussi, ce fut un déchirement sans nom lorsque celle-ci la chassa de son monde.

La dryade s’éveilla.

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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 0:32

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Une larme coulait le long de la joue de la dryade effleurant un sourire large et innocent lorsqu’elle ouvrit les yeux. Elle avait vécu de belles choses dans l’innocence de sa prime jeunesse. Elle avait aimé croquer ces temps de paix lorsqu’elle le pouvait encore. Dryade jusqu’au bout des feuilles, elle était si vivante, si gaie… Cette impression avait été balayée en quelques jours de cauchemar. Elle avait pardonné à sa tempétueuse sœur. Celle-ci avait voulu protéger sa communauté, et sa souffrance ne devait pas être moindre que celle d’Arkazoc’k. Le meurtre de son arbre père, après des centaines d’années à ses cots avait été un choc que la tutrice avait été incapable d’encaisser. Elle avait crié, s’était débattue pour faire revivre à l’aide de sa magie ancestrale. Pourtant, elle qui pouvait faire renaître un arbre touché par la foudre d’un simple geste était incapable de lutter contre la mort que sa jeune protégée portait en elle.
Elle avait tué pour moins que ça. Les deux sœurs avaient hérité de l’impétuosité d’une cascade et de la tempétueuse attitude qui les reliait toutes les deux. Pourtant, elle n’arrivait pas à lever sa main sur celle qui lui avait donné tant de joies et de partage pendant cinquante longues années. Ce n’était pas la première dryade sous sa tutelle, mais le lien qui s’était lié était bien plus fort que sa colère, bien plus fort que la tempête verte qu’elle était capable de déclencher.
Elles s’aimaient.
Elle avait vu grandir Arkazoc’k, l’avait vu s’épanouir, courir après les papillons, s’endormir contre une racine, respirer l’air froid de l’hiver, s’endormir contre son sein pour partager ses rêves hivernaux. Pendant cinquante années, elles s’étaient liées plus que l’aïeule ne l’aurait cru possible. Pourtant, par nature, elle n pouvait pas accepter l’immonde créature qu’était devenue sa sœur, sa fille, son amante _pourvu que ce terme ait un sens pour cette race_.
Aussi avait-elle pris le parti de la chasser pour lui éviter la mort. Elle n’avait pas trouvé d’autres options. Elle savait sa magie impuissante face à la malédiction divine qu’Arkazoc’k portait en elle. Son large éventail magique qui lui avait permis de servir et protéger sa forêt depuis la création du monde ne pouvait rien contre une puissance qui dépassait par essence la condition mortelle. Elle avait considéré tuer l’abomination pour la libérer de sa malédiction contre nature, mais également la tuer pour la rendre au cycle de la vie auquel elle avait été arrachée.
A ses yeux, elle n’arrivait plus à reconnaître sa sœur dans cette abominable chose qu’elle était devenue. Sans parvenir à se résoudre au meurtre, elle se laissa la faiblesse de chasser Arkazoc’k de la forêt qui l’avait vu naître.
Au fond de son cœur, la jeune dryade savait qu’elle avait énormément du souffrir de cette décision. Il était certain qu’elle devait s’en vouloir terriblement. Pourtant, elle comprenait son geste. Elle aurait pris la même décision à sa place. Cette vision ne la consolait nullement, mais elle aimait bien trop sa sœur pour lui en vouloir. Elle dit à voix basse :

Akilawa n’baba Sisinaw’a (je te pardonne ma sœur)

Un triste sourire illumina son visage déformé.



Dernière édition par Arkazock le Mer 14 Mar - 2:23, édité 1 fois
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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 1:40

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Elle s’aperçu soudain que le jeune ondin la regardait d’un air curieux. Il avait pour mission de la tenir sous surveillance et de noter ses faits et gestes. Toutefois, le coté voyeur du jeune guerrier prenait parfois le dessus sur sa mission. Il répondit doucement.

« De quoi doit-elle se faire pardonner ? C’est elle qui t’a fait… ça ? »

La dryade le regarda pensive. Elle avait encore la gorge pleine d’émotions, mais elle était peu encline à se morfondre. Elle jeta ses cheveux en arrière avant de déclamer :

« Non, c’est ma sœur qui protège la forêt où je suis née. C’était ma tutrice, j’ai passé un demi-siècle à ses côtés. Quand je me suis retrouvé condamnée, elle a dû me chasser de chez nous. »

Elle prit une petite pause.

« Vous comprenez ce que j’ai dit ? »

Sa surprise était totale. Elle ne pensait pas que quelqu’un serait capable de comprendre la langue qu’elle utilisait à part les dryades. En fait elle pensait que seule sa communauté était capable d’utiliser ce genre de langage. Finalement, il se trouvait que d’autres en avait la capacité. Ce fait était surprenant en soit. Mais l’autre la détrompa :

« J’en connais quelques bribes, l’ondin que tu as vu lors de ton arrivée au sein de notre petite communauté aurait pu t’en dire bien plus à ce sujet. Son champ de connaissance est bien supérieur à tout ce que tu peux imaginer. Il est bien plus instruit de toutes les choses du monde que n’importe qui d’entre nous. Il est le protecteur de ces terres, et ton petit… Projet n’est pas passé inaperçu. S’il décide que cela doit être mis à terme, il le sera. »

La dryade le regarda d’un air circonspect. Elle n’avait rien fait de mal et elle le savait. Son impact devait être bien moindre que le troll qu’ils chassaient. Cependant, elle savait que l’intrusion d’êtres contre-nature dans la forêt ne pouvait pas être pris à la légère. L’ondin la relança sur le sujet :

« Qu’est-ce que tu essayes de faire là-bas au juste ? Tu as amené une bande de monstres chez nous avant de leur donner un toit ? Qu’espères-tu faire ? Ils n’ont pas d’espoir de s’intégrer et s’il y a une augmentation du nombre d’arbre coupées, tous seront tués. Tu le sais, tu dois le sentir.
Quel résultat espères-tu ? »

La dryade exposa son projet avec la meilleure des franchises. Elle souhaitait simplement avoir un foyer, un lieu qu’elle pourrait appeler « maison » où « foyer ». Elle savait que ce ne serait pas facile, qu’elle aurait du mal de se faire accepter, mais finalement, elle pourrait faire front avec ceux qu’elle pourrait recueillir. Elle était patiente, elle avait tout le temps du monde, son espérance de vie étant bien plus longue que celle des humains.

L’ondin était sceptique. Toutefois il se garda de faire un quelconque commentaire. Elle avait ses projets, ses rêves, ses ambitions… et il était temps de se mettre en route.

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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 2:19

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La conversation dériva a nouveau sur le troll et sur ses capacités à mettre à mal la petite équipe. Tout expérimenté fusse-t-il, le jeune ondin restait à peine un adulte aux yeux de son peuple. Il était armé de son courage mais également de sa longue lance. Toutefois, il était clair que sous son masque d’arrogance et de fierté, il n’était qu’un enfant apeuré par la perspective de mourir au combat. Tuer un troll était une épreuve de bravoure et le fait qu’on l’ait choisi pour cet honneur représentait beaucoup pour lui.
Toutefois, il se garda de toute réflexion à ce sujet. La dryade lisait simplement dans ses yeux une peur lointaine mêlé de fierté et d’émotions contradictoires. Elle se doutait que sa présence relevait plus d’un rite quelconque que d’une utilité directe. A plusieurs, les ondins auraient pu simplement prendre le vase au troll et le tuer sans pertes. Envoyer un seul guerrier était risqué, quelque fuse son entrainement ; Un rocher bien envoyé jetterait au tapis l’homme et celui-ci mourrait incapable de se défendre face aux muscles puissants du troll s’il ne pouvait pas bénéficier de son agilité et de ses réflexes comme d’une arme.

Finalement, sa fierté était moins vouée a impressionner la Dryade qu’a s’auto-persuader de sa capacité à sortir victorieux de cette épreuve.

Aussi, mille fois s’était-il projeté grimper sur le dos du troll où l’embusquer pour atteindre son point faible prétendu. Milles fois il avait ignoré la brutalité de la créature qui serait sans doute capable de tuer un individu logé sur son dos en se jetant contre une paroi rocheuse où en balayant son dos de son gourdin long comme un homme. Aujourd’hui, l’ondin ignorait la mort comme la mort devrait l’ignorer. Ses enseignements lui avaient appris que la première des victoires était une victoire mentale. Avant de vaincre un ennemi, il convient de se vaincre soi-même et de se prouver que l’on peut gagner. Il avait été bercé de récits guerriers, et il devait faire honneur à son clan, a son père et à sa famille. Sa vie était en jeu, mais au-delà de son existence, une élévation vers un niveau d’existence lui était promis s’il satisfaisait les épreuves de son passage à l’âge adulte.

Dans son clan, ce passage s’avérait durer des années après l’évolution physique de la personne, de sorte qu’importe l’Age de l’ondin, aux âmes bien nées, la vaillance n’attend point le nombre des années. Il expliqua à la dryade dans les grandes lignes ce que tout cela signifiant en tentant de promouvoir sa bravoure et ses perspectives. Aux yeux de la dryade, tout ceci ne voulait pas dire grand-chose. Les épreuves ne sont pas l’apanages des ondins, mais sa tutrice ne l’avait jamais sollicité dans ce sens.

Elle nota par ailleurs que dans son analyse, l’ondin avait -volontairement ou non- oblitéré une éventuelle intervention de sa part. Elle était pour lui un gène tout au plus, certainement pas au-delà de ça. Il la sauverait s’il pouvait le faire et tuerait le troll héroïquement.

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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 15:26

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Avec l’ondin
...


Finalement, la dryade se reconnaissait bien dans la caricature du jeune ondin. Bien qu’elle fût à l’opposé de ce portrait caricatural héroïque, la fougue de la jeunesse, la fierté, l’orgueil mêlé de tradition… Il reproduisait un schéma classique dans lequel la dryade s’était agréablement jetée à corps perdu toutes ses années de croissance.
Elle n’était toutefois plus une jeune pousse et son infortune l’avait aidée à murir et à considérer le monde de manière moins binaire, moins bipolaire. Il n’y avait plus d’un coté la forêt et ses créatures, et de l’autre côté des menaces, mais une frontière plus fine peuplée d’ambivalence.

Elle s’était vue comme une ignominie, ce qu’elle était devenue pour son plus grand malheur. Elle méritait mille fois ce titre, mais maintenant ? Avec son anneau, elle était toujours une créature monstrueuse, mais sous contrôle, et ses intentions étaient toujours pures aux yeux des siens. Qui sait ce qu’il en était vraiment ?

Elle avait compris que sa vie n’avait dû tenir qu’à un fil au cours d’un quelconque conseil. L’ondin qui servait de chef avait dû défendre sa cause, et la surveillance, bien qu’invisible devait être étroite. Elle en était reconnaissante, encore que ce ait peut-être l’occasion de mettre un terme à ses souffrances. Dernièrement, elle avait également eu ses joies, mêlés de larmes parfois, mais le contact avec les créatures de la forêt avait certainement contribué à plaider en sa faveur. S’il était vrai que c’était avec hercules et Hilda qu’elle avait passé le plus de temps, la dryade était néanmoins plus qu’heureuse de pouvoir avoir un contact prolongé avec eux.

Finalement, elle comprit la responsabilité qu’elle portait sur ses épaules. Ce n’était as seulement elle qui était en test, mais elle se présentait en temps que responsable de sa petite communauté et de fait, elle portait sur ses épaules le devenir du sanctuaire, du nid et de tous ses habitants.
Elle pouvait peut-être échouer et mourir, mais la retraite où la fuite serait perçue comme de la trahison, et le camp serait détruits avec ses occupants.

Fondamentalement, il aurait été faux de la penser altruiste. La dryade ne pensait pas aux autres de la manière traditionnelle qu’on attribue à cette expression. Elle se moquait bien de connaître les forces et les faiblesses de chacun. Elle ne voulait pas sauver le monde, et dans sa tête, ses problèmes prenaient le pas sur une vision d’autrui.
N’y voyez là aucune vilénie, elle réagissait dans ce sens comme un animal défendant son territoire et tout juste savait-elle faire preuve de compassion. Chez ceux de sa race, c’était une chose banale, et personne ne s’en offusquerait. Mais elle était aujourd’hui de l’autre côté de la barrière. De l’autre coté de ce monde étrange qu’elle craignait et redoutait. Elle avait peur d’elle-même et de ce qu’elle était devenue.

Manifestement, d’autres étaient capable de plus de discernement et l’avait laissée au moins en sursis...



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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 19:28

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Au fur et à mesure que la nouvelle journée avançait, la présence du troll, d’abord discrète s’était établit de manière plus durable. Epars, des charniers puants avaient encombrés les voies praticables. La plupart étaient là depuis des semaines voire des mois, les prédateurs étaient rares dans la région, chassés ou dévorés par le grand troll. Les charognards du reste était bien aise de ce festin mais laissaient une place aux insectes nécrophages, étant incapable de dévorer une telle quantité de nourriture avant de la voir faisandée.

En regardant de plus près, elle s’était rendu compte de l’horreur de cette scène qui s’étendant dans l’un de ces charniers. La mort avait frappé un groupe de cervidés sur le chemin de leur transhumance. Certains avaient été broyés sur place par un rocher qu’on n’avait même pas pris la peine de déplacer tandis que d’autre avaient dû fuir avant de se faire rattraper. La plupart des cadavres avaient été ramenés vivant au lieu de l’embuscade avec une partie du corps broyés et avaient été laissé pour mort lorsque le troll eut fini de s’amuser et s’était repus à souhait.
Cette attitude franchement hostile rendit frileux l’ondin et dégoura Arkazoc‘k.

Elle n’avait pas peu d’être dévorée dans son état _elle puait bien trop le cadavre pour ça_, mais il n’était pas impossible qu’on la prenne pour un jouet et qu’elle subisse à son tour le sort des créatures laissées pour mortes.

En réalité, elle n’avait pas envisagé le pire sort qui pouvait lui arriver. Ses capacités de régénérations étaient encore bien présentes et indépendantes de s volontés. Le troll pourrait s’amuser à lui arracher les jambes où les bras dans le seul but de s’amuser à la voir hurler de douleur pendant que ceux-ci se régénèreraient lentement. Il pourrait buis broyer ses organes, ses doigts, tester les limites de sa régénération avant que la dryade ne s’effondre d’épuisement et de souffrance, perdant connaissance avant d’être écrasée comme un enfant jetterait un jouet qu’il n’utiliserait plus.

Chaque chasse présentait son lot de risque. C’était également le cas de celle-ci. La chasse avait pris le pas, certes, mais celle-ci mélangeaient le gibier et la proie. Avec tant de risques, c’était une guerre qui allait prendre cours, le troll pouvait être considéré comme une arme de guerre, et la dryade comme l’ondin étaient des soldats plus que des chasseurs.

Les trolls font par nature partie du monde des créatures semi-naturelles et avaient leur place dans l’équilibre au même titre que la dryade. Toutefois dans le cas de celui-ci, il semblait improbable que celui-ci n’étende sa participation au-delà de la mort et de la dévastation qu’il faisait vivre sur la région. Un tel monstre était du niveau d’une calamité pour les habitants qui devait nécessairement prendre le risque de se voir tué inutilement pendant un déplacement vital pour leurs espèces. Cette terreur était palpable dans tout le lieu, bruyant de mouches bouffie de viande et d’œufs mais également des croassements des corbeaux, seuls bénéficiaires de ce quotidien massacre.
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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 19:30

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L’un dans l’autre, la dryade commençait à mieux comprendre les enjeux de la chasse. Le chef des ondines faisait d’une pierre quatre coups.
Tout d’abord, il envoyait quelqu’un débarrasser la région d’un monstre assoiffé de sang tuant aveuglement tout ce qui se trouvait sur son passage et s’arrangeant pour que son passage croise celui d’un maximum de personnes. En débarrassant la région de son troll, il assurerait un meilleur équilibre écologique sur différents points de vue. Il permettrait à d’autres prédateurs de se développer de manière mieux maitrisée, laissant la place à une chaine écologique plus riche et plus abondante, mais également plus traditionnelle. Mais la mort du troll ferait la part belle aux herbivores qui pourraient suivre leurs migrations et leur transhumances biannuelles en encourant les risques normaux d’une chasse, leur faisant payer le prix d’un individu plutôt que celui de tout le troupeau. D’autres se développeraient sans doute dans la région aujourd’hui vidée de la plupart de ses habitants. La vallée reprendrait vie, et avec elle son équilibre écologique.

Toutefois, l’objectif annoncé était de récupérer la coupe que le troll gardait pour une raison qu’Arkazoc’k avait du mal à comprendre. Comment un tel objet pouvait-il avoir une quelconque importance pour le roi, et pourquoi l’aurait-il laissé aux mais d’une créatures qui risquait de la perdre où de la casser. Elle se doutait que la deuxième option n’était pas à la portée de la créature puisque la plupart des magies puissantes sont protégés par des sortilèges empêchant la destruction de l’objet qui les porte. Il avait parlé de l’objet comme d’un objet salvateur pour sauver un arbre de vie. Sauver un cercle de fée était une action éminemment importante dans une communauté forestière. En réalité cela revenait bien souvent à sauver la forêt toute entière. Cette tâche était cruciale et il était inconcevable que l’on ait confié cette tâche à la dryade et à un guerrier non confirmé. Bien que la dryade ne veuille pas remettre en question les dires de celui qui l’avait envoyé, elle se doutait qu’il y avait d’autres motifs. A partir delà elle ne pouvait que postuler. Sa première idée était que la coupe n’était qu’un prétexte pou gonfler l’importance de la mission de l’ondin. Il n’était pas difficile de flatter son orgueil et se faisant, celui-ci serait gorgé de courage en revenant ; La manœuvre si elle n’était guère fine n’en était pas moins habile. Un guerrier sûr de lui ne suit pas, n’a pas peur du danger et ne risque pas de s’effondrer lorsque la situation lui échappe. Toutefois, le troll aurait suffi à motiver le jeune ondin, alors pourquoi inventer un faux prétexte pour le faire réagir alors que celui-ci ne demandait que ça ? Peut-être pour Arkazoc’k elle-même ? Il se doutait peut-être que la dryade était sensible à ce genre d’arguments fallacieux ? cela n’était pas idiot, mais n’expliquait pas tout. Elle était testée de toutes façons, et n’avait guère le choix. Si elle était restée et avait refusé de se battre pour lui il aurait tout simplement rasé son petit projet en le balayant d’un geste. Arkazoc’k n’avait pas d’emprise sur ces bois et tous le savaient. Cela la rendait beaucoup trop vulnérable pour que l’on s’encombre d’une vérité factice. Il lui aurait demandé de chercher une pièce perdue dieux savent où dans le désert qu’elle n’aurait eut que la possibilité de demander si elle pouvait utiliser une pelle.

Non, la vérité était ailleurs.

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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

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L’un dans l’autre, la dryade commençait à mieux comprendre les enjeux de la chasse. Le chef des ondines faisait d’une pierre quatre coups.
Elle mit de coté ses pensées, elles pourraient faire leurs chemins. Elle avait appris qu’il était inutile de ressasser des problèmes. Si elle les laissait pousser, elles muriraient naturellement.

Le troisième objectif de l’ondin était plus facile à deviner. Il avait nécessairement besoin de renforcer ses troupes. Pour ce faire, chacun de ses guerriers et guerrières se devaient d’assurer un niveau de qualification et d’exigences donné par l’expérience seule. Or cette expérience, si elle était vitale sur le champ de bataille n’était pas quelque chose que l’on peut acquérir simplement par une simulation. En soit, cette épreuve était un risque calculé ; Il avait été préparé pour ce moment, son moral était remonté au meilleur niveau, et on lui avait prodigué tous les conseils que l’on puisse pour le servir au moment où il en aurait le plus besoin. Ce moment ferait de lui un vrai guerrier où prouverait qu’il ne valait pas la peine de perdre davantage de temps avec d vains espoirs. Si l’ondin était volontaire, il deviendrait un des rares privilégiés du clan, les honneurs lui reviendront avec la fierté de ceux qui l’auront accompagné, En un mot, il serait plus fort d’avoir tué, plus courageux d’avoir vaincu un ennemi de plus de dix fois son poids et deux fois sa taille, et plus grand d’avoir gouté aux honneurs réservés aux plus grands guerriers de son clans. Il aurait un aperçu de tout ça avant de continuer son long chemin vers la gloire de son peuple. Il était jeune et fort. Son potentiel restait à déterminer et le roi était plus que disposé à tirer parti d’une chasse au troll pour le mettra ainsi à l’épreuve.

De fait, l’ondin était survolté. Il semblait avoir dévoré les enjeux à pleines dents, négligeant les semi-vérités qui avaient conduit à la situation de départ. Non, ce troll n’était pas une menace pour la forêt comme il tenait à s’en auto-persuader. Ce troll, c’était SA menace, SON épreuve. Pas celle d’un autre. Oh bien sûr, il était bon de l’éliminer, mais chacun était conscient que tout ceci n’avait pour seul but que de le tester pour l’élever à une maturité supérieure.

Arkazoc’k bien que consciente de ces enjeux faciles à deviner laissait faire sans le faire remarquer. Tout ceci n’avait guère d’importance pour elle et elle était d’humeur à se laisser expliquer à quel point sa mission était d’importance capitale. Elle avait besoin de l’ondin pour prouver sa bonne foi, et subir son boniment n’était certainement pas la tâche la plus complexe pour elle. Après tout, pour son développement personnel, cette mission était peut-être ce qu’il vivrait de plus important. Elle allait bien évidemment respecter le rêve d’enfant que l’ondin était en train de vivre. Il allait passer d’une caste à une autre. Ce caractère était presque sacré, comme certains fêtent leur passage à l’âge adulte au nombre des années, pour lui, un adulte été passé par ces cérémonies rituelles et non par une quantité de temps.

Toutefois, elle se doutait qu’elle n’était pas étrangère à gonfler l’importance de la mission de l’ondin. Après tout c’est à lui qu’incombait le devoir de veiller à cet encombrant fardeau.


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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 20:13

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Finalement, Arkazoc’k avait du mal à comprendre ce qu’elle représentait pour le jeune ondin. Elle se doutait qu’elle était une gêne, mais au-delà de ça, qu’est-ce qui la liait à lui ?
Etait-elle une aubaine, une menace ? un danger ? Une nuisance ?
Peut être un peu de tout cela à la fois. Elle était persuadée d’être une gêne, ça ne faisait aucun doute. L’ondin mettait tellement d’importance à cette mission qu’il était presque cruel de lui imposer un fardeau telle qu’elle était devenue pour lui.
Ce n’était pas tant ce qu’elle représentait que sa présence elle-même qui était gênante. Elle ne le menaçait pas, pas directement du moins, mais elle avait une chance de le dériver de sa mission qu’il plaçait aux plus hautes nues. Pire, elle serait peut-être capable de se débarrasser elle-même du grand troll. Cela était inconcevable. Il ne la laisserait peut-être pas faire, ce serait gâcher cette chance qu’il avait mis des années et des années à mériter. C’était sa chance, pas celle d’une dryade maudite !
Non même comme ça c’était inconcevable pour lui. L’ondin était de ceux qui croyaient à leur chance et sa bravoure n’était pas à remettre en question – à ses yeux du moins.
Alors peut être que la Dryade était simplement un gène par les risques qu’elle encourrait. L’ondin avait beau faire le fier, peut être mettrait-il sa vie en danger pour la sauver. Il avait l’intention de ne pas mettre son existence dans la balance, où du moins pèserait-elle plus lourd que celle de l’effrontée qui risquait de voler sa gloire.
En cela, Arkazoc’k était persuadé qu’il se trompait. Elle n’avait pas l’intention de lui prendre ce qui lui appartenait de droit, mais encore moins ce qu’il allait gagner de ses mains. Se plus, on lui avait confié sa protection. Il aurait failli à une partie de sa mission s’il écoutait à la ramener en vie. Sa fierté l’aveuglerait peut-être, mais certainement que le roi avait une vision plus lointaine de ce que serait ses capacités s’il réussissait sa mission en gardant la dryade en vie.
Elle comprenait le danger direct qu’elle représentait pour lui ; Son apparence à elle seule suffisait à terrifier les jeunes et les faibles. Elle restait Arkazoc’k, la souillée, la maudite. C’était son fardeau injustement placé sur ses épaules. Elle était une abomination, une menace. Si seulement elle pouvait se contrôler, mais non, tout ce qu’elle touchait tombait malade et mourrait. C’était à elle seule un tableau des plus effrayants. De là à penser que la dryade était dangereuse, c’était presque un pléonasme ; Sa nature était la maladie, la destruction et la mort. Comment pourrait-il en être autrement ? Elle avait commis le pire crime en tuant son arbre père, nuisant ainsi grandement à son peuple et à la forêt toute entière. Elle s’en voulait suffisamment pour ça, et il lui semblait parfois que le reste du monde en était parfaitement conscient, à commencer par son compagnon.

Pourtant, elle savait que l’ondin ne la voyait pas qu’ainsi.

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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 21:07

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Au fur et a mesure que la marche vers leur destination approchait, l’ondin s’était montré de plus en plus curieux et familier avec elle. Elle n’était plus seulement un fardeau et un obstacle qu’il devait surmonter, mais autre chose.
Sa curiosité avait pris le pas, et il avait posé des questions de plus en plus intimes. Elle était aujourd’hui persuadée que leur relation dépassait de lui la simple escorte. Sa familiarité n’était toutefois pas une gêne pour la dryade pour qui être pudique n’avait pas de réel sens. La confiance est quelque chose qui se gagne et elle n’était pas du genre à faire de la rétention. Encore une fois, tout ce dont elle avait besoin, c’était de gagner la reconnaissance du peuple du foret pour se fondre dans cette société sous-terraine, cachée dans chaque bosquet, dans chaque futaie.
Elle s’était contentée de partager un peu de sa vie, quelques détails. L’importance était faible pour la dryade. La vie privée n’a de sens que pour ceux qui leur accordent de l’importance. Elle n’était pas de ceux-là. L’autre quant à lui jubilait d’assouvir sa curiosité. C’était le temps de la rétrospection pour elle. Sa malédiction, la rencontre avec un être enfermé dans une boite de métal, un petit cassaité dans un cocon plus grand. Mais aussi une petite sorcière, avec un étrange oiseau comme elle n’en avait jamais vu. Le conseil fascina l’ondin. Elle avait vu ceux qui pensaient être les puissants de ce monde. Ceux qui gouvernaient les humains et les autres races. Ils étaient « normaux » pour la dryade. En fait elle ne voyait pas la différence entre la normalité et l’abstraction que représentait un peuple si hautin et méprisant que celui des hommes.
Finalement ils s’intéressèrent aux autres hérauts. Sur leurs capacités, se ventant de pouvoir tuer les yeux bandés tel ou tel lorsque celui-ci lui semblait d’une puissance suffisante. Elle ne connaissait pas ceux du conseil, mais ses compagnons ne lui était pas étranger ; En fait elle ne savait pas vraiment quelles étaient les pouvoirs des gens qui l’avaient accompagné ; était-ce de l’imprudence ? de la négligence ? Réellement il n’en était rien, cette information n’était pas disponible et seule certains avaient voulu partager avec elle ce qui faisaient d’eux leur unicité. De son coté, sa curiosité ne la poussait pas dans cette direction. Elle n’était pas curieuse de l’intimité des gens mais du fonctionnement du monde et de ses mystères.
Pour sa part, l’ondin n’avait presque rien lâché de ses traditions et de son patrimoine. Il était difficile de penser que sa voix n’était pas muselée par ceux qui l’avaient envoyé. Si elle posait naïvement une question plus ou moins précise sur un lieu, une date, un nom où même un rôle, le guerrier se renfrognait aussitôt, limitant militairement son discours à une série d’ordres simples préétablis.
On lui avait donné des consignes claires, et comme un bon soldat qu’il était, il se démenait pour les respecter à la lettre. Alors qu’il était en pleine ascension, il n’allait pas tout perdre pour une indiscrétion. Aussi, la dryade n’avait qu’une vision très parsemée de ses interlocuteurs.

Pourtant, elle savait que l’ondin ne la voyait pas qu’ainsi.

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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 21:32

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Elle n’en avait pas conscience mais quelque chose de plus vaste qu’un simple lieu de pouvoir était présent dans chaque foret. Quelque chose que l’ondin savait. La tutrice de l’ondine ne lui avait pas tout appris. Elle ne lui avait rien caché, mais les cinquante premières années de la vie de la dryade n’avaient été qu’un apprentissage de base, concernant la forêt, les montagnes, les cent milles noms de toutes les choses qui sont. Elle avait suivi son apprentissage avec un intérêt non dissimulé mais elle restait limitée aux questions qu’elle avait posées et ce que sa tutrice semblait indispensable à une jeune pousse.
La connaissance d’un réseau de puissances indépendantes protégeant le monde du déséquilibre n’était pas de son ressort et ne présentait que peu d’intérêt pour elle. Peut-être eut-elle peur que celle-ci la mette en danger en lui révélant ce que la naïve petite plante était incapable de connaître et encore moins de gérer.
De fait, elle n’avait pas connaissance des enjeux réels de la présence de sa puissante tutrice au sein du défilé qui reliait l’ile coupée en deux. Elle n’avait pas idée que sa tutrice lors de ses longs voyages avait vu et connu des créatures qui avaient marqué l’histoire de ce monde et qui étaient aujourd’hui cachés et oubliés, protecteurs de terres comme elle l’était. Tout cela dépassait de loin son échelle et son innocence marquait une véritable limite à sa connaissance ; elle était simplement trop jeune pour connaître le monde qui l’entourait. Trop jeune pour savoir ce qui était en jeu en ce moment même.
Elle avait été contactée par le sentier des bêtes, une organisation souterraine protectrices des bêtes et des arbres. Gardiennes des créatures de la forêt lorsque les créatures elles-mêmes n’en étaient pas les gardiennes. Chaque chose était un tout dans ce lieu, et chaque tout était susceptible d’être animé par une volonté supérieure, plus grande qui les animerait.
Au-delà de la forêt, le sentier était présent partout. Dans les montagnes, les rivières, les mers. Le monde tel qu’il était voué à un équilibre gardé par lui. Et pourtant, le sentier n’est pas un tout. Le sentier est une accumulation de milliers de pouvoirs sans lien entre eux, incapable de se coordonner, mais puisant de manière locale. Invisible à ses yeux non avertis et d’autant plus à des non-initiés. Pourtant, ses yeux sont partout. Des espions sont nichés au cœur de chaque branche, de chaque arbre, et bien peu de chose échappe à son indéfectible attention.

Finalement, elle ne savait rien de tout ça et restait l’innocente petite dryade qu’elle avait toujours été. Peut-être que son intervention pourrait la plonger plus en avant dans le cœur de connaissances d’un monde qu’elle affectionnait tant et qui lui semblait à jamais perdu.
Elle touchait du doigt un rêve sans s’en rendre compte, mais le jeune ondin en face d’elle, lui, savait. Il connaissait les enjeux de son équipée et cela faisait battre son cœur intensément. Il se garda toutefois d révéler ces informations à Arkazoc’k à qui il ne lui appartenait pas de faire confiance.



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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Mer 14 Mar - 22:05

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Les réflexions de la dryade l’avait conduit à considérer son propre rôle dans ce qui se jouait en ce moment même. Même si elle n’avait pas conscience de l’existence du sentier des bêtes, elle commençait à comprendre pourquoi elle était là, pourquoi elle avait été envoyée chercher une babiole pour le compte d’un ondin qui ne la connaissait pas.
Elle était en période de test.
Ce n’était pas très étonnant. Les dryades ne sont pas par nature des créatures très portées sur le voyage et rares étaient celles qui décidaient de quitter leurs arbres et de s’aventurer dans les plaines et les montagnes.
Une autre particularité était son association avec des êtres dont l’existence était clairement contre-nature. Pour le sentier, il était presque impossible de comprendre comment une dryade pouvait se retrouver associé à ce genre de créatures. Elle-même était d’une nature douteuse et le propre des créatures du sentier était de se méfier de tout ce qui est susceptible de changer leur foret en un lieu impropre à la vie. Ils étaient les gardiens silencieux des arbres, des bois et des futaies et leur rôle ne pouvait être remis en question. La mesure de prudence était de rigueur et cette mesure dictait de ne pas faire confiance en des inconnus qui venaient s’installer en pleine forêt, semant le trouble dans l’équilibre des puissances en disposant de leur pouvoir cultivé de manière insipide.

Et pourtant…

La créature en question était une dryade. Les dryades ne sont pas corruptibles, et celle-ci avait fait ce qu’elle pouvait pour limiter son impact sur la nature qui l’environnait. Elle n’avait coupé aucun arbre, n’avait donné aucun signe de vilénie et s’étaient contentée de produire un certain nombre d’indications à ceux qu’elle avait guidé jusqu’ici pour qu’eux-mêmes ne présentent pas de menace.
Bien sûr, ils avaient chassé. Mais en forêt, qui s’offusquait d’un prédateur qui dévorerait une proie ? Les ondins étaient de formidables pécheurs. Les dryades mangeaient occasionnellement de la viande lorsqu’ils trouvaient un cadavre frais, et la plupart des autres créatures en faisaient de même, dans parler des lamias, des centaures, des minotaures… Le cycle justifiait à lui seul la chasse.

En fait elle se doutait que l’ondin qui l’avait missionné était curieux de savoir ce qu’elle était prête à faire pour sa cause. S’il était aussi puissant que ce que le jeune avait déclaré, sans nul doute qu’il avait senti la mort de la dryade. Il allait voir de quel nature celle-ci était faite. Elle avait de nombreux moyens de faillir à sa requête et peu de chances de réussir. Si elle utilisait ses pouvoir et qu’elle ne se contrôlai pas, elle faillirait. Si elle mourait, elle faillirait. Si d’aventure elle abandonnait, à nouveau, elle faillirait. Le poids sur les épaules de la dryade était celui de sa communauté. Pourtant, il pesait peu lourde face a ce qu’elle avait déjà pu vivre par le passé. Sa communauté était un idéal. Elle n’était pas assez orgueilleuse pour en prendre la responsabilité. C’était une responsabilité de fait, dont elle ne prendrait pas la charge.
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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Jeu 15 Mar - 21:47

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La piste du Grand troll était de plus en plus fraiche. Où de moins en moins. Relativement aux nombres de cadavres et aux arbres déracinés, aux rochers déplacés et aux traces de pas. La créature n’était pas du genre à faire dans la subtilité et semblait prendre un malin plaisir à détruire tout sur son chemin. Cela en disait long sur sa confiance en lui, mais aussi celle de son territoire. Avec des marques aussi évidentes, quel animal serait assez stupide pour s’aventurer plus loin, Paradoxalement, ces marques étaient intelligemment placées. En « forçant » les herbivores en estivage à faire un détour pour éviter cette piste, le troll les forçaient à venir au plus prés de sa tanière, en passant par des défilés plus étroits où il prenait soin de marquer ses traces.

C’est la raison pour laquelle la première rencontre entre le troll et les deux compères ne se fit pas. Le troll avait préparé le terrain pour dévier de son territoire prétendu pour rabattre le gibier sur sa position, et il restait en embuscade non loin de là à attendre les prudents qui pensaient l’éviter. Comme ce n’était pas le cas de la dryade et de l’ondin, le premier rendez-vous fut manqué.

A quelques centaines de mètres de leur position, distance qui pouvait se montrer grande en foret suivant le relief, il s’était aménagé une cachette en bloquant la vue d’une grotte par un arbre tombé qu’il avait « soigneusement » déraciné et déposer là. Le vent courrait sur la falaise, déplaçant son odeur. Il attendait là paresseusement une proie potentielle, gourdin à portée de main et rochers à profusions. De leur côté, les chasseurs ne s’étaient pas embarrassés de telles considérations. Les trolls étant considérés comme des créatures relativement stupides, il ne leur serait pas venu à l’idée de penser à une fausse piste délibérément laissée par la créature.

Ils passèrent donc outre son antre de chasse, et avec une surprise non dissimulée, trouvèrent devant eux une forêt vierge de traces alors qu’ils avaient dépassés l’appât sans le mordre. Ce fut à ce moment précis qu’ils comprirent l’étendue de la chasse et les risques qu’ils avaient à prendre pour la fructifier. L’animal n’était pas un troll stupide comme la plupart l’étaient. Il était rusé, intelligent à sa manière et cruel.
Pourtant, si d’un coté la dryade et l’ondin baignaient littéralement dans l’odeur du troll, de son côté, le troll finit par humer les traces de ses chasseurs, et fut le premier avertit directement de leur présence. Il n’avait pas faim, mais il était curieux de comprendre pourquoi un gibier différent s’approchait de sa tanière. Personne ne passait par là s’il avait le choix, et bien qu’il coupât la forêt en deux, le territoire du troll pouvait être contourné. La plupart des humanoïdes préférait prendre des risques et ralentir leur voyage pour diminuer le niveau de menace qu’il représentait. Il en avait une certaine conscience. Aussi fut il frappé de curiosité envers ceux qui s’approchaient délibérément de sa tanière.
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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Jeu 15 Mar - 21:57

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A partir de ce moment, les rôles se retrouvèrent inversés. Le troll averti de la présence de ses poursuivant prit part à la traque. Il était difficile de savoir ce qui se passait dans sa tête à ce moment précis. Peut-être était-il conscient que les centaines de traces qu’il avait volontairement laissé la semaine précédente avaient pu perturber la Dyade au point où celle-ci ne pouvait plus le suivre comme elle le faisait jusque maintenant ? Peut-être n’était-il que mu par un instinct sauvage de destruction et de carnage ? Ou simplement que la présence de concurrence sur son territoire le gênait. Toujours était-il qu’il s’était mis sur la piste de sas chasseurs, faisant d’eux les proies et de lui le traqueur.
La finesse n’était pas le fort du grand troll. Pourtant, il était doué d’une intelligence sombre qui lui donnait d’instinct les indications globales qu’un prédateur pouvait avoir. La première chose serait de s’approcher de son gibier, suffisamment prés pour pouvoir le prendre par surprise et l’achever avant que celui-ci ne puisse réagir. Ses années d’entraînement étaient idéales pour ce genre de choses. Il était grand, il puait, mais sa connaissance des lieux était inégalée. La carte mentale de l’endroit était parfaite, et il était en train d’envisager les centaines de possibilités d’embuscades de manière inconsciente. Il aurait été certainement faux de penser qu’il élaborait lui-même une stratégie aussi construite et consciente, mais sa froide expérience nourrissait efficacement son instinct. Il savait naturellement comment chasser, comment traquer, comment embusquer et comment tuer, son passé lui avait montré les meilleures façons de faire et son atout du terrain rendait le jeu à son avantage.
En réalité cet instinct était un véritable atout pour lui. Son cerveau reptilien était surdéveloppé et prenait le pas dur son cortex dans la prise de décision stratégique. Morphologiquement, si le troll peut sembler stupide par le manque de développement de la partie du cerveau habituellement attribué à l’intelligence ce n’est qu’essentiellement que la partie cérébrale qui sert les réflexes et l’instinct était surdéveloppée ; Fondamentalement, eut-il voulu effectuer une action aussi complexe que l’embuscade qu’il allait développer qu’il n’aurait pas réussi, aurait mélangé ses possibilité et se serait contenté de venir de front attaquer sans couverture ses adversaire si redoutables fussent-il. Non. Comme un chat joue avec une feuille morte, le troll prenait d’instinct la décision la meilleure pour lui. Cela ne laissait pas la place au raisonnement, mais pour un être fort d’autant de muscle, le raisonnement était la plupart du temps superflu. Il était préférable pour lui de se laisser naturellement puiser dans ses souvenirs pour trier les pours et les contres de chaque chasse, balayant les millions de possibilités d’approche dépendant d’autant de facteurs que la météorologie, l’éclairage, la saison, la proie, sa forme physique…

Au fur et à mesure qu’il approchait, l’immensité de ses possibilités d’embuscades diminueraient drastiquement. De millions, il était passé à centaines, puis à dizaines. Alors qu’il était proche de la vue de ses proies, la meilleure solution s’offrit à lui comme une illumination. L’instinct avait fait son choix, il avait décidé de la meilleure solution.
De manière consciente, le troll eut une idée, dictée, et se mit en position à proximité d’un cours d’eau.


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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

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De leur côté, les deux autres avaient progressés dans leur étude topologique de la zone. Ils avaient trouvé un relief d’où ils avaient eu une meilleure idée des lieux d’intérêt de la région. De là ils pouvaient clairement appréhender le territoire du grand troll. Celui-ci s’était bien niché entre deux reliefs escarpés qui servaient d’entonnoirs pour le gibier. En dehors de ça, la large vallée ne présentait guère autres choses que de grands tumultes tel que celui sur lequel ils étaient aujourd’hui installés. Ces étranges cônes sortis de nulle part étaient en réalité de larges terrils issus de mines naines aujourd’hui effondrées pour la plupart. Ils l’avaient compris par hasard en trouvant une sorte de machine de forage dévorée de rouille et brisée en autant de parties. S’il ne restait aucune trace de siège, la taille de la cavité bouchée montrait clairement que l’individu qui travaillait dans cette région était de courte taille. De là à penser à un nain, il n’y avait qu’un pas.

L’activité avait dut être intense dans la dépression puisque on comptait des dizaines de terrils. Il n’y avait pas de traces d’habitation, mais cela en soit n’était pas une surprise, les nains, ne sont pas connus pour apprécier la vie à l’air libre. Ils avaient dû construire des complexes à même la roches et ceux-ci étaient aujourd’hui recouvert d’une épaisse végétation. Sans entretient, ces structures qui venaient d’un temps plus ancien où la technologie naine était balbutiante devaient pour une partie du moins être complètement effondrées. Mais tout cela n’était que de l’ordre de la supposition. La dryade connaissait excessivement peu de chose de l’architecture naine. Il lui était impossible d’envisager correctement de la réalité de ce qui se trouver si profondément enfoui sous la surface. Après tout, elle n’y était jamais allée elle-même, et avait peu d’attrait pour une visite si profondément hors de la portée des rassurants et nourriciers rayons du soleil. Cette vision à elle seul suffisait à l’effrayer. Elle aurait certainement de grande difficulté à se maintenir en vie sans photosynthèse, aussi avait-elle évité les grottes et autres souterrains lorsque cela lui était possible.

Elle avait eu des obligations par le passé, certaines créatures ou plantes l’ayant nécessité, mais pourquoi diantre irait-elle se réfugier ? La pluie la laissait indifférente, et lorsque le froid se faisait sentir trop violement, ne lui suffisait-elle pas de s’endormir en attendant des jours meilleurs ? sa capacité d’hibernation était une caractéristique raciale qui leur permettaient de vivre au rythme de la forêt qui les entourait.
Dans ses conditions, le besoin d’un foyer n’était plus d’une nécessité aussi tranchante. Elle avait donc passé son tour.

Elle fit part de ses réflexions à l’ondin que le souterrain laissait quant à lui complètement indifférent. Il n’était pas rare que les siens habitent une cavité sous terraine qui leur donnait une sécurité confortable par le secret et le relief. A peine quelques serpian étaient désireux d’explorer ce genre de cavités, et encore le faisaient ils avec un certain recul faute de proie.
Fort de ces considérations, ils reprirent leur route en direction d’une rivière qu’ils avaient repérés. L’endroit idéal pour qu’un troll se désaltère… ou tende une embuscade…


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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Jeu 15 Mar - 23:33

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Ils prirent donc la route de la rivière, ignorant du danger qui les guettaient. Ils avaient compris depuis longtemps que les choses étaient différentes de ce qu’elles semblaient-être. L’amoncellement sauvage de traces avaient laissé place à des empruntes plus subtiles, et tout se passait comme si le troll avait volontairement pris garde à mettre en évidence son passage en causant le plus de dégâts qu’il le pouvait. Pourtant, ici, il ne restait de tout ses allez et retours que des traces légères, a peine perceptible pour un œil averti. Ils avaient déterminé que les aller-retours de la créature avaient durés un long moment et que celui-ci était capable de se déplacer plus furtivement. Leur badinage avait cessé avec cette constatation. Tuer un troll c’était une chose très abstraite pour les deux compagnons. Mais ni Arkazoc’k ni l’ondin n’avaient jamais étai réellement mis en danger le la sorte. A présent ils s’en rendaient compte et la perspective de perdre la vie n’attirait ni l’un ni l’autre. La prise de conscience était difficile, comme si au lieu de s’éveiller au milieu d’un cauchemar, ils entraient dedans en sortant d’un doux rêve. Ils avaient fini par sentir la mort au-dessus de leur épaule et cette perspective les mortifiaient.

Leur trajet avait pris une allure beaucoup plus professionnelle. Leurs échanges étaient réduits au minimum et la plupart du temps, il ne s’agissait que de quelques signes à peine. Ils étaient aussi plus silencieux dans leur démarche. L’ondine pieds nus était d’une discrétion relative, elle n’était pas entrainée à la démarche furtive, mais elle avait le pas léger et la démarche lourde. L’ondin était tout au contraire d’une lourdeur bien plus imposante. Cependant, lui était bien plus habitué à ne pas déplacer de banches, ne pas marcher sur les feuilles mortes où les brindilles. Chacun de ses pas était largement calculée il obtenait un niveau de discrétion du même acabit malgré un équipement bien supérieur.

Finalement ces précautions se retrouvèrent parfaitement inutiles, le troll veillait cacher sur son talus. Ils arrivèrent près de la rivière au beau milieu de l’après-midi. Les traces étaient abondantes et de fraîcheur différente. Le troll était passé là la semaine dernière, le mois dernier, l’an dernier. Il était difficile de repérer les traces les plus fraîches de traces plus anciennes. Ils se mirent à explorer la zone de manière plus organisée, cherchant des traces fraîches, se rapprochant petit à petit du troll qui les vit bien avant qu’ils n’aient la moindre conscience d’un danger à proximité.

Ils firent une pause à l’endroit où les marques étaient les plus nombreuses. Le troll avait choisi cet endroit car l’eau tombait en cascade et il n’avait pas à se baisser pour boire. Le troll prit son roc entre ses mains et se prépara à l’envoyer de l’autre coté de la rivière. Les proies étaient concentrées sur ses traces de pas, c’était le moment pour frapper.



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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Ven 16 Mar - 0:15

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ambiance musicale:
 


Un rocher énorme s’éleva dans les airs bien au-dessus de la dryade et de l’ondin avant de retomber lourdement derrière la rivière, faisant coucher les arbres et les buissons tout en disparaissant derrière l’épaisse végétation qui peuplait le sous-bois sauvage de cette région.
Le boucan était énorme, les oiseaux s’enfuirent à tire d’ailes, mais plus important, le mouvement des arbres donnait vaguement l’impression qu’une énorme créature accourrait dans la direction du couple de chasseur. Naturellement, ceux-ci se tournèrent vivement dans la direction d’où provenait le son. Etais-ce un mauvais entrainement de leur part ? Un simple oubli ? Une mauvaise gestion de l’équipe et des priorités ? Peut être simplement que le troll avait élaboré un bon plan au bon moment. Les trois secondes qu’ils leur fallut pour prendre une décision leur auront été presque fatales. Le troll était presque sur eux lorsqu’ils sentirent enfin la vraie menace arriver. Balançant son gourdin d’un côté et de l’autre, il se pencha vers le sol, prenant un élan disproportionné, et d’un geste presque gracieux, lui fit faire un mouvement de rotation à trois cent soixante degrés autour de lui, passant au-dessus de sa tête.

L’ondin avait été entraîné pour ce genre de situation, ses réflexes étaient affutés, et il se coucha vivement, pour éviter l’impact.
La dryade n’eut pas la même chance et se prit le gourdin dans la cage thoracique. Un bruit douloureux de bois cassé se fit entendre alors qu’elle volait à plusieurs mètres de là, impuissante, sous le choc et incapable de hurler sa douleur. L’air n’arrivait plus. Elle ne pouvait plus ni inspirer, ni souffler. Elle était virtuellement mise hors de combat.
De son côté, le troll essayait de se débarrasser de l’anguille sur patte qui lui faisait face. Il avait rit en voyant son plan se dérouler sans accrocs, mais avait cessé lorsqu’il s’était rendu compte que son adversaire lui poserait des problèmes. Il avait rarement été confronté à un ennemi qui esquivait ses coups au lieu de les parer, et brasser de l’air le rendait acariâtre. Pourtant l’ondin, particulièrement agile, ne présentait aucune trace de fatigue, et son visage était concentré et impassible. Le troll s’épuiserait avant lui, il en était persuadé. Du moins lui laisserait-il une ouverture pour frapper. Il était en danger, mais le troll était également trop prudent pour risquer de se mettre a portée efficace de sa lance. L’allonge de leurs armes était comparable, mais la puissance du troll et la masse du gourdin faisait de lui une menace plus importante. Pourtant, ce fut la lance qui trouva la première une ouverture dans la graisse du ventre du troll. Profitant du monticule d’où le troll avait surgit pour équilibrer l’avantage de hauteur, l’ondin avait profité d’une faute de jugement du troll qui planta vigoureusement son gourdin dans la terre plus meuble qu’il n’y paraissait. La lance ne fit que de l’effleurer, perçant à peine l’épaisse couche de graisse qui tapissait son corps.

Le troll n’avait pas gouté a la souffrance depuis des années. Cette piqure le fit hésiter, il prit peur pour la première fois et se renversa sur le sol, tournant le dos à son adversaire.



Dernière édition par Arkazock le Sam 17 Mar - 23:08, édité 2 fois
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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Ven 16 Mar - 23:34

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L’ondin vit l’opportunité devant se yeux. Il savait où frapper, et le troll était au sol en contrebas de sa position. Sa position était idéale. Il prit son élan, sauta agilement au-dessus du troll la lance à la main, se préparant pour frapper de tout son poids dans l’échine de la chose pour lui fendre la colonne vertébrale d’un coup sec. Pendant un instant, le temps sembla suspendre son cours, l’ondin piégé dans sa position parfaite cessa de monter pour redescendre de plus en plus vite dans la direction du troll étendu devant ses yeux.

La lance avait fait un arc idéal, la vitesse de l’arme était fulgurante, et la lame piqua au bon endroit, entaillant la chair, perçant le cuir épais avec une relative aisance.

Le troll meugla douloureusement, avant de balancer violement son gourdin au-dessus de ses épaules pour chasser l’espèce de moustiques qui avait si profondément meurtrit sa peau. L’ondin avait voulu le geste parfait. Son saut était digne de l’école de guerriers dont il était issu. Il avait cherché le meilleur angle pour frapper hésitant une seconde et cherchant le plus de puissance possible. C’était une erreur causée par son manque d’expérience, il s’en rendait compte à présent. Il n’avait pas eu le temps d’appuyer son coup une seconde fois. Le coup « parfait » était trop lent pour la situation, et le troll était trop vif et armé. Son allonge était suffisante pour lui permettre de chasser l’individu au-dessus de lui et le coup assez violent pour le tuer. L’ondin sentit l’ombre de la mort planer au-dessus de lui, et sauta de sa monture récalcitrante avant d’être frappé. Son arme était resté figée dans le troll blessé. Il était désormais désarmé et le troll dans une rage aveugle et sombre. Il chercha d’un regard circulaire autour de lui une solution à sa portée espérant se prémunir contre un futur état de bouillie de troll. Ce fut la dryade immobile qui lui donna la solution.

De son coté, Arkazoc’k était immobilisée et tout juste avait-elle eut la force de s’adosser contre une large racine pour essayer de reprendre son souffle. Elle avait été mise hors de combat et contrainte a laisser la nature faire son travail réparateur. Elle prit toutefois le temps de regarder la scène qui se déroullait devant ses yeux. L’ondin semblait tout d’abord avoir l’avantage, puis brusquement les rôles se retrouvèrent inversés.  Elle chercha désespérément une solution. Aucune arme n’était a sa portée évidemment, mais quelquechose attira son attention. Sous un arbre, une cavité assez large pour qu’ils passent était apparente. Elle la pointa du doigt avec un effort certain.

L’ondin n’hésita pas, il n’avait guère de chances de survie s’il devait se battre a main nues contre son adversaire. Il vit le geste de la dryade, la rejoignit en deux sauts agiles avant de la saisir par la taille et la lancer sans déférence dans la cavité rocheuse. Alors que le troll était sur ses talons, il sauta à son tour, et disparut dans le trou plus profond qu’il ne semblait l’être deupis l’extèrieur.

Le troll épancha un moment sa rage sur la cavité, mais incapable de rentrer où d’atteinre le autes, il se décida a poser un énorme rocher sur la fente, bloquant toutes retraite. Les deux étaient isolés.





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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Sam 17 Mar - 13:39

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ambiance pour la suite:
 

La douleur, l’étouffement, la sensation d’être enfermée sous des tonnes de roches furent les premières sensations que la dryade eut en se réveillant. Aucune lumière ne filtrait du cercueil de caillasse qui l’entourait. La seule sensation qui l’habitait en dehors de sa douleur était le froid de la surface contre laquelle elle était appuyée, dure et inhospitalière comme si elle voulait rejeter l’intruse qui venait l’écraser. Arkazoc’k était incapable de discerner le haut du bas, elle était incapable de voir dan le noir et l’obscurité était totale, mélangeant les formes et les couleurs comme il se doit, mais pour la dryade blessée le haut et le bas s’échangeaient également. Il n’était pas surprenant que son centre de l’équilibre ne puisse répondre correctement vu la vitesse à laquelle elle avait été projetée contre l’arbre. Sa tête avait cogné lorsqu’elle avait basculé en arrière, s’éclatant contre le tronc noueux. Son oreille interne avait été secouée et elle entendait un sifflement indistinct en continu.

Elle essaya de s’assoir. Immédiatement une nausée la reprit de plus belle, elle avait l’impression que sa tête allait exploser. Se retenant de vomir, elle reposa tant bien que mal sa figure contre la roche et ne tenta plus de bouger.
Elle était largement diminuée et aurait eu peur pour sa vie si elle avait eu l’occasion où même la possibilité de s’inquiéter. Ce n’était pas le cas, elle n’était qu’une boule de sensation et de souffrance. Il faut bien comprendre que la douleur l’aveuglait, mais surtout, c’était la première fois qu’elle se retrouvait dans le noir complet, sans aucune source de lumière. En forêt, même la plus sombre des nuits, un de lourds nuages recouvrent entièrement le ciel étoilé laisse filtrer une infime lumière, et jamais l’obscurité n’est totale. Cette vision la terrifiait. Elle ne pouvait juste pas relativiser et se dire qu’elle n’était qu’a quelques mètres sous terre. Elle se sentait compressée de toute part, et ne savait plus très bien si ses yeux étaient ouverts ou fermés. Son mal de tête avait pris le pas sur tout le reste.

Un filet d’eau courut soudain sur son dos immobile. Il devait pleuvoir au-dessus. D’abord goutte à goutte, l’eau se mua lentement en fin filet, puis en plus large cours d’eau. La dryade se contracta à ce contact glacé sur sa peau d’écorce. Sa nuque se rigidifia davantage, pourtant, sa tête lui sembla plus légère, engourdie par le froid. Les pores de sa peau commencent à absorber le liquide naturellement. Cela lui faisait du bien, pourtant elle n’osait pas bouger, de peur de retomber le souffle coupé.

Il lui faudrait des jours pour récupérer complètement, mais au moins quelques dizaines d’heures pour pouvoir se redresser. Cela n’avait guère d’importance, elle était seule et si elle devait errer dans le noir, ses chances de sortir étaient quasiment nulles. Elle était aussi enfermée qu’elle avait pu l’être dans sa prison magique lors du conseil.

Le temps passa, goutte après goutte sur son dos endolori. Elle n’avait pas récupéré la notion du temps, mais il lui semblait que cela faisait des dizaines d’heures qu’elle était allongée.

Soudain, une légère lumière reflétée par la roche dansa devant ses yeux.




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Sujet: Re: à l'ombre du grand troll

Sam 17 Mar - 15:12

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La lumière se fit de plus en plus intense, mordant ses yeux ouverts qui cherchaient la lumière salvatrice. Elle était toujours prostrée sur le dos, et regardait impuissante la boule flottante qui semblait la dévorer douloureusement. La lumière dansait librement dans un balancement vertical et irrégulier, irradiant de ses feux autour d’elle comme si elle eut cherché à tendre ses rayons vers la dryade pour l’absorber. La dryade resta immobile à la contempler ce mordant ennemi. Eut-elle voulu se battre qu’elle n’aurait pas pu. Se relever d’un coup aurait été suicidaire, elle serait retombée aussi sec lorsque la sève aurait quitté sa tête. Elle contempla impuissante la boule grossir pour l’inonder de lumière. Elle se prépara à se faire dévorer lorsqu’elle entendit une voix familière au-dessus d’elle.

« Ah je t’ai enfin retrouvée ! c’et un véritable dédale là-dessous, et je ne serais pas surpris qu’un où des minotaures aient élu domicile dans ces souterrains. »

La dryade souffla, à présent consciente de sa méprise. L’ondin portait une torche qu’il avait allumé dieux sait comment. Il ne l’avait pas abandonnée comme elle l’avait pensée, il était simplement parti en repérage et avait dû se perdre dans les galeries. Ça faisait des heures qu’elle n’avait pas vu de lumière, cette torche lui semblait extrêmement éblouissante et la lumière martelait douloureusement son crane endolori.
L’ondin s’approcha pour l’aider à se relever, elle prit sur elle et tenta la manœuvre ; elle s’assit doucement, puis se redressa finalement… avant de s’effondrer à mi-chemin. L’ondin la rattrapa par la taille, soulevant d’une main sa maigre masse.
Il ‘encouragea d’un regard, et elle retenta de se redresser en s’appuyant sur lui.

« Il ne faut pas rester ici »
Murmura-t-il d’une voix douce. La dryade le regarda d’un air pâle, elle savait qu’il n’y avait rien pour eux a attende, mais elle ne savait pas si elle aurait la force de sortir du labyrinthe de tunnels effondrés qui ne manquerait pas de peupler l’ancienne ville naine. Pas après pas, toujours soutenue par son protecteur, elle avança dans les ténèbres.

Les galeries étaient irrégulières, parfois richement décorées, parfois pauvres. Sans nul doute eut-il été plus simple de suivre les tunnels les plus larges plutôt qu’un inventaire de galeries secondaires, mais ils étaient bien conscients que cela les conduirait au plus profond de la cavité rocheuse, là ou les nains s’étaient était bien en sureté sous des centaines de mètres de roche impénétrables. S’ils en arrivaient là, ils se savaient perdus. Ils n’avaient pas la force de se battre, et l’endroit serait peuplés de créatures souterraines comme l’indiquait la puanteur qui avait envahi le lieu.

Ils marchèrent des jours dans les ruines naines. Aucun des deux n’avaient une quelconque idée de l’endroit où ils étaient réellement. Ils avaient bien entamé leurs réserves de nourritures heureusement solides. A leurs yeux, les couloirs se ressemblaient tous. Ils avaient bien essayé de faire des marques, mais ce n’était pas un labyrinthe classique, ici, les couloirs s’entrecroisaient sur différents niveaux, et ils n’avaient aucune notion de l’orientation en milieu sous terrain.



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