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Retour à la forge

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Sujet: Retour à la forge

Mar 20 Mar - 23:06

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Niasci
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Retour à la forge

Elle avait passé quelques jours chez le jarl après son arrivée, le temps que l’on puisse réhabiliter la maison qui lui était confiée. Ensuite, elle put s’y installer. Elle n’avait jamais eu de maison et n’avait aucune possession mis à part ce qu’elle portait sur elle. Les lieux étaient composés de trois pièces sur deux étages. En bas, elle avait un foyer, une grande armoire, une longue table multifonction qui devait servir à la fois à la préparation du repas, à la consommation de celui-ci et qui était, de façon générale, le centre de la maison où l’on se reposait le soir et où l’on accueillait les invités. A l’arrière de la maison, une petite pièce accueille une bassine qui sert de baignoire. Ensuite, l’étage est en réalité une mezzanine faisant la moitié de la longueur de la maison sur laquelle on peut trouver un coffre, une petite armoire et un grand lit recouvert de peaux de bête. Elle s’installa directement laissant la majorité des armoires vides. Elle alla chercher quelques réserves de nourriture, principalement du pain et du fromage qui étaient vendus à bas prix sur le marché. Ainsi, elle prit son premier repas dans son nouveau chez elle. La rue laissait passer quelques bruits mais globalement, cette maison était plutôt calme ce qui lui semblait très étrange. Elle avait toujours eu l’habitude que son « chez elle » soit un endroit rempli de nombreuses personnes, toute faisant partie de sa famille. Ici, elle était seule. Elle repensa avec émotion à son foyer de naissance qu’elle n’avait pas vu depuis si longtemps alors que tant de choses s’étaient déjà déroulées : sa vie avait beaucoup changé en très peu de temps et ce n’était pas prêt de s’arrêter puisque le retour à la forge serait une nouvelle étape dans sa vie.

Il était temps pour Niasci d’aller voir Victor le forgeron afin de voir s’il acceptait de la reprendre sans forge. Cette décision allait sceller son avenir au niveau de son métier : soit elle reprenait le poste temporaire qu’elle avait appréciée, soit elle allait rejoindre le forgeron du jarl qu’elle n’avait jamais rencontré. Celui-ci était forcément compétent mais elle s’était attachée à Victor et appréciait sa personnalité, sévère mais juste.

Elle se rendit donc à la forge de Victor. Elle avait été absente très longtemps avec le conseil et se demanda s’il se souviendrait même d’elle. Après tout, elle n’était restée chez lui que quelques jours. Arrivée devant la boutique, elle y entra et se présenta à l’accueil.

Bonjour, j’aimerais parler à Victor. J’ai travaillé ici quelques jours et le Jarl m’envoie. Est-il présent ? Est-ce que je peux lui parler tout de suite ? Sinon, quand puis-je revenir ?


Elle la regarda d’un air circonspect et lui répondit :

Niasci, c’est ça ? Je vais le prévenir, tu étais avec les apprentis il y a quelques semaines, non ?


La jeune quitta la boutique pour se rendre à l’arrière où une petite cour que Niasci connaissait bien et qui abritait la forge. Peu après, elle revint.

Victor termine ce qu’il est en train de faire et il arrive. Assieds-toi dans un coin en attendant.


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Sujet: Re: Retour à la forge

Mer 21 Mar - 16:23

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Niasci
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Retour à la forge

Niasci s’installa donc dans un coin du magasin en attendant sagement que son ancien maître de quelques jours soit prêt à la recevoir. Elle s’assit sur une chaise de bois toute simple qui était habituellement réservé à l’attente des clients. Heureusement, la boutique était loin d’être bondée ce jour là et elle ne priva donc personne de siège.

Après quelques minutes d’attente, Victor apparut en s’essuyant les mains sur son lourd tablier de cuir. Il la regarda un peu surpris et l’invita à le suivre. Elle accepta et ils allèrent vers la grande pièce qui servait aux repas des apprentis et de la famille du forgeron. Ils s’assirent de part et d’autre de la grande table ovale et c’est seulement après que la conversation commença :

Bonjour Niasci, je peux faire quelque chose pour toi ? On m’a dit que le jarl t’envoyait.  


En disant cela, il semblait un peu effrayé de la nouvelle que l’Ondine pouvait bien porter. Était-ce des ordres du jarl qui risquait de lui enlever l’un ou l’autre de ses membres ou une réquisition car une guerre se préparait ? Il prévoyait le pire. Heureusement, Niasci n’était pas porteuse de ce genre de nouvelle.

Vous vous souvenez de moi ?  


Tu es bleue, évidemment que je me souviens de toi.


Elle ne releva pas, elle avait toujours du mal à comprendre que les critères physiques des humains soient très différents des siens et ne voyait pas en quoi sa couleur bleue pouvait les perturber. Elle-même l’avait toujours connue mais ne s’offusquait pas pour autant de leur couleur rosâtre. Elle expliqua la raison de sa venue.

Je ne sais pas si vous avez entendu ce qui s’était passé avec le Conseil des hérauts mais, pour faire court, les hérauts ont dû prêter allégeance à l’un des dirigeants des quatre nations qu’ils choisissaient. Pour ma part, j’ai choisi le Jarl de Gothregal. En échange de cela, il m’a offert une maison à quelques rues d’ici ainsi qu’un travail. J’ai pour ma part formulé le souhait de travailler dans la forge et j’aimerais rejoindre la votre si vous cherchez toujours des apprentis. Cependant, il n’y a là aucun ordre du Jarl, si vous ne voulez pas de moi, c’est son forgeron qui me prendra en charge.  


Après cette longue explication, elle attendit qu’il donne son verdict : l’accepterait-il dans son entreprise ? Il poussa un profond soupir que Niasci prit pour de la lassitude ou de la réflexion mais qui était en réalité un soupir de soulagement : aucune catastrophe n’aurait lieu. Ensuite, il pensa à l’histoire des hérauts, il était satisfait que cette histoire soit réglée, on n’avait parlé que de cela en ville pendant des semaines mais le résultat du conseil des hérauts commençait seulement à percer les hautes sphères pour redescendre vers le petit peuple et ils n’avaient eu à se mettre sous la dent que des rumeurs.  

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Sujet: Re: Retour à la forge

Mar 27 Mar - 0:08

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Niasci
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Il finit par prendre une grande inspiration et donna sa réponse à l’Ondine :

Tu peux rester mais tu n’auras pas de statut d’apprentie pour le moment car on ne sait pas encore comment sera rythmée la vie des hérauts. Peut-être notre bien aimé Jarl fera appel à vous de temps en temps et je ne peux donc pas te compter parmi mes employés réguliers pour l’instant. Chaque journée travaillée ou missions remplie sera payée ainsi qu’un repas par jour quand tu travailleras ici.  


L’Ondine ne put réprimer un grand sourire. Tout cela était très cérémoniel mais qu’importe, elle avait envie de travailler là et Victor était un bon maître, c’était un humain juste et bon qui n’était pas bouffi de sa propre supposée supériorité, ce qui était un bon point pour elle. Bien que les conditions lui conviennent dans l’ensemble car elle ne pouvait que les comprendre : depuis qu’elle était devenue un Héraut, elle avait déjà beaucoup voyagé et ne pouvait savoir de quoi demain serait fait, une question demeurait. De plus, sa quête pour l’avènement de la Dame restait prioritaire et ne pas avoir de point d’attache trop régulier était donc une excellente chose à ses yeux.

M’apprendrez-vous malgré tout à utiliser la forge si j’apporte le matériel ? J’ai vraiment très envie d’être capable de forger armes et armures.


Il la regarda en soulevant un sourcil perplexe, alla vers l’arrière-boutique, la laissant en plan, sans qu’elle sache exactement ce qu’elle était sensée faire et revint avec un tablier de cuir qu’il lui tendit avec le sourire :

Evidemment, sinon à quoi me servirait-il d’engager une Ondine bleue et musclée ? Allez, suis-moi, on se met au travail tout de suite si tu es disponible, à moins que tu aies mieux à faire bien sûr.


Ces derniers mots ne lui laissaient pas vraiment le choix. Il attendait d’elle qu’elle fasse ses preuves. Même s’il lui avait accordé qu’elle puisse être absente de temps en temps, il n’était pas question que ses employés pensent qu’ils étaient chez lui en vacances : il devait se faire respecter et avait une réputation à tenir. Le Jarl avait laissé le choix au maître forgeron de la prendre ou pas et c’était le moment pour elle de montrer sa motivation à rejoindre l’équipe de sa boutique. Dans le cas contraire, elle n’avait pas sa place. Niasci le suivit docilement et se mit au travail en coupant les gros rondins de bois qui avaient été livrés dans la matinée. Elle devait en faire de plus petits morceaux afin qu’ils puissent rentrer facilement dans la forge sans étouffer le feu déjà présent. Ensuite, il fallait les apporter, les empiler soigneusement et les protéger de la pluie sous une épaisse couche de cuir à proximité de la forge afin que l’assistant du forgeron ou de l’apprenti déjà certifié puisse rapidement les jeter dans le feu.

Plusieurs membres de l’équipe la saluèrent poliment et elle se mit au travail avec un certain enthousiasme.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Mar 27 Mar - 1:09

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Niasci
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Niasci travailla quelques jours et Victor finit par lui confier une mission de livraison. Elle s’y rendit et celle-ci fut très mouvementée. Cependant, elle finit malgré tout par la mener à bien et rapporta même avec elle une grande quantité de matériel qu’elle déposa dans sa nouvelle maison. Elle put ensuite revenir à la forge sereinement où elle expliqua toutes ses mésaventures à Victor qui l’excusa. Petit à petit, elle avait également commencé à se lier avec certains des apprentis qui la taquinaient sur cette aventure en proposant de transformer son corps en matériaux alchimiques afin qu’ils puissent ensuite les utiliser pour rendre leurs armes bleues. Aussi étrange que cela puisse paraître, cela la faisait rire. Elle ne ressentait pas d’animosité particulière dans ses paroles mais, après tout, elle n’était pas des plus douées pour sonder les émotions des autres.

Peu après son retour, elle exprima son désir de se fabriquer un nouveau marteau. Victor ayant déjà fait la grimace en voyant l’arme miteuse de Niasci abîmée par les nombreuses utilisations, dès lors, il accepta directement. Elle amena donc le matériel qu’elle avait volé dans maison du marchand l’ayant capturée. Elle ne prétendit pas l’avoir acheté mais Victor ne lui passa pas non plus de questions. Après tout, ce genre de choses pouvait se trouver dans toutes les boutiques et l’arrangement avait été clair concernant l’apprentissage : si elle apportait le matériel, il voulait bien la former.

A la fin du travail journalier, ils grignotèrent un morceau de pain et de fromage avant de se mettre au travail. Certains apprentis qui vivaient sur place les suivirent pour les observer, c’était toujours une bonne façon d’apprendre. Ils s’installèrent à distance raisonnable afin de ne pas souffrir de la chaleur ou de risquer des petits éclats de métal brulant. Niasci et Victor installèrent leur matériel et commencèrent à traiter les matériaux pour ensuite leur donner la forme du marteau à deux mains que l’Ondine espérait obtenir.

Elle se concentra, cela faisait bien longtemps qu’elle souhaitait créer une nouvelle arme. Elle eut une pensée pour Rin, l’écailleuse qui lui avait fait la remarque que son marteau était toujours dans un sale état. S’il était vrai que celui-ci l’avait servie fidèlement, il était temps de passer à autre chose. Une nouvelle arme plus efficace et de meilleure qualité augmenterait également ses qualités de combat et au vu de la vie qu’elle menait en tant que Héraut et des créatures qu’elle avait pu croiser, ce n’était pas négligeable.

Chaque geste comptait et son maître la conseillait donc à chaque seconde pour tenter de maîtriser au mieux son travail. Si un seul geste était mauvais, cela pouvait suffire à altérer la future arme de façon définitive. Les matériaux ne seraient dès lors pas réutilisable et elle pourrait tout recommencer. Même si elle n’était pas attachée à l’argent, elle savait que celui-ci pouvait être un obstacle pour son apprentissage. Victor avait beau être un maître juste et gentil, il n’était pas non plus naïf, il avait une boutique à faire tourner et ne pouvait pas se permettre de financer l’apprentissage de tous ses poulains.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Mar 27 Mar - 12:26

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Niasci brulait de joie et ne put retenir un petit cri de satisfaction. Elle avait réussi, elle avait une nouvelle arme et elle était magnifique. Satisfaite, elle la plongea dans l’eau pour la refroidir. Victor prit l’arme dans ses mains et l’examina attentivement pendant plusieurs minutes. Silencieux, tout le monde attendit son verdict. Il finit par mettre une petite claque amicale sur l’épaule de l’Ondine en esquissant un sourire. Il lui rendit l’arme, souhaita à tous une bonne soirée et rentra chez lui pour la soirée dans ses appartements qui se trouvaient au-dessus de sa boutique. Les apprentis se dispersèrent, le spectacle étant terminé. Certains firent un sourire de félicitation, d’autres vinrent directement la voir afin de regarder l’arme de plus près et de lui offrir des congratulations plus chaleureuses.

Elle retourna ensuite chez elle, pleine d’euphorie. Avant de rentrer, elle passa chez un marchand afin de s’acheter une belle bouteille d’hydromel pour fêter cette réussite. Ce n’était certes pas la première fois qu’elle parvenait à forger quelque chose mais c’était la première fois qu’elle forgeait quelque chose pour elle et d’aussi bonne qualité. Elle ne regrettait vraiment pas d’avoir demandé au Jarl la permission de rejoindre Victor. Les progrès étaient visibles de jour en jour, le travail payait. De plus, le travail à la boutique de Victor n’était pas facile et forçait à travailler les muscles ce qui ne pouvait que convenir parfaitement à Niasci.

Il était pourtant hors de question qu’elle s’arrête là. D’ici quelques jours – il fallait laisser de l’espace pour les autres apprentis – elle retenterait pour cette fois attaquer l’armure dont elle rêvait tant qui remplacerait sa tenue fabriquée par ses sœurs. D’ailleurs, bien qu’elle l’apprécie énormément, elle ne portait plus celle-ci. Au vu de l’état de celle-ci qui avait été déchirée de nombreuses fois et rapiécées, Victor lui avait demandé de porter d’autres vêtements qu’elle s’était procurée à bas prix sur le marché. Bien qu’elle trouve tout cela ridicule, les humains accordaient une grande importance aux apparences et à la tenue, encore une preuve de leur superficialité. La tenue attendait donc, sagement rangée dans une des armoires vides de la maison de Niasci, elle avait bien un plan pour réutiliser celle-ci et pouvoir continuer à la porter régulièrement mais cela devrait attendre que son armure soit prête.

Arrivée à la maison, elle s’installa sur le banc au coin du foyer central. Elle commençait doucement à s’habituer à cette maison et reconnaissait que cela pouvait être confortable. Pour que tout soit parfait, il aurait fallu que la maison soit plus grande et qu’elle abrite toute une communauté. La vie en solitaire n’était décidément pas faite pour elle. Elle sortit son hydromel, attrapa du pain, du fromage et jeta des fèves dans une grosse casserole en fonte. Elle savoura sa soirée de réussite en grignotant son fromage ensuite, une fois les sèves cuites, elle les mit dans un grand bol et les mangea en trempant son pain à l’intérieur du bol comme une cuillère. Elle termina finalement son repas de fête à la cuillère et alla se coucher pour une bonne nuit bien méritée.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Mar 27 Mar - 13:05

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Cette fois, il était temps d’attaquer la première pièce d’armure, la plus grosse : le plastron. Probablement une des pièces les plus importantes. Pour fabriquer cela, elle avait besoin de plaques de Rorckarion qu’elle avait trouvée en partie sur un animal de ce type il y avait quelques temps et, à nouveau, qu’elle avait emportée de la boutique. Elle arriva donc avec une belle pile de plaque de qualités correctes. Celles qu’elle avait enlevées elle-même était moins jolies et serait donc plutôt utilisées à l’arrière de l’armure tandis que celle volée, enlevée par des collecteurs professionnels n’avaient aucune imperfection et seraient donc placées au-devant de l’amure.

Avant de pouvoir passer à la partie forge en elle-même, il fallait d’abord passer par la fonderie. Dans celle-ci, on transformait les matériaux de base en lingot qui pourrait ensuite être travaillé. En effet, commencer directement à marteler les plaques n’étaient pas très efficace car celle-ci étaient fines et cassantes et leur donner la forme idéale en partant de rien était vraiment compliqué. Elle se dirigea donc avec ses plaques jusqu’au coin fonderie alimenté au charbon. Elle en remit un peu et raviva le feu à l’aide d’un soufflet. Elle fit doucement fondre les plaques à température très forte et, une fois celles-ci devenues liquides, elle les coula dans des moules. Ceux-ci étaient de tailles et de formes diverses. Ces moules permettaient de donner au métal une forme déjà pré adaptée à la pièce que l’on voulait forger ce qui facilité énormément le travail en permettant de gagner du temps de martelage et donc des forces.

Elle passa toute la soirée à préparer ses nombreuses plaques de Rockarion. Après tout, elle voulait se faire une armure complète et, tant qu’elle était à la fonderie, autant préparer l’ensemble du matériel. Ensuite, elle ramena sur une toute petite charrette empruntée à Victor, les différents lingots afin que ceux-ci ne soient pas confondus avec le stock de la boutique. Elle les déposa chez elle, dans un coin de la maison très éloigné du feu, il n’était pas question que les petits lingots fondent, même légèrement, ce qui les aurait directement déformés ou pire, aurait laissé entrer des petites bulles d’air à l’intérieur ce qui les aurait terriblement fragilisés.

Le lendemain, elle ramena la charrette mais ne s’en sépara pas pour autant. En effet, on l’envoya faire de nombreuses livraisons en compagnie d’un jeune garçon qui devait avoir seize ans et qui s’appelait Egill du nom de son grand père dont il lui parla longuement :

C’était un guerrier du précédent jarl, tu sais ? Un homme vraiment courageux et fort. J’aurais aimé devenir comme lui mais j’ai eu une blessure au genou quand j’étais petit. Ca ne m’handicape pas énormément, je peux marcher et courir comme tout le monde mais ma jambe reste très fragile et s’écrouler au moindre coup, c’est du suicide. A la place, je fabrique des armes pour les guerriers, c’est un excellent métier, c’est grâce à moi qu’ils peuvent remporter la victoire, pas vrai ?  


Même s’il en parlait avec le sourire, on sentait qu’il y avait de l’envie et de la déception de ne pas pouvoir suivre les traces de son grand père. Ils passèrent ainsi la journée ensemble où Egill fit la conversation, content de trouver quelqu’un qui n’était pas encore lassé de ses histoires.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Mar 27 Mar - 13:29

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Le soir venu, il était temps de passer à la première étape de la forge. Il fallait taper le métal. Il fallait le frapper, le travailler sans arrêt pendant de très longues heures. Ce travail permettait d’enlever les nombreuses impuretés que chaque lingot ne manquait pas de renfermer. En effet, frapper permettait de resserrer le métal en l’aplatissant, le repliant et en le refrappant. Cela multipliait les couches et rejetait à chaque couche les petites saletés. Cette étape permettait également de renforcer le matériel. En effet, seuls les blocs de métal de qualités supérieures pouvaient être travaillés directement en un seul morceau. Pour le reste, comme ce que Niasci possédait, il fallait multiplier les couches pour renforcer la solidité de l’ensemble.

Au départ, le fer est très cassant, pour le renforcer, il faut donc le renforcer en le transformant en acier. Pour cela, Victor avait une méthode simple même si Niasci n’en connaissait pas vraiment le fonctionnement réel. Il s’agissait de frotter le fer avec des cornes comme celles des Baloths qu’elle avait utilisée pour son marteau par exemple. Grâce à cela, le fer se transformait en quelque chose de différent car il assimilait en lui différents éléments qui composaient la corne. Dès lors, Niasci frotta les plaques fondues avec une corne de Baloth qu’elle possédait entre chaque couche avant de les plier.

Ce travail lui prit en réalité beaucoup de temps. Elle n’était clairement pas aussi endurante ou que les apprentis avertis et elle ne pouvait travailler que le soir. Dès lors, elle forgeait un peu tous les jours après le travail pendant une petite heure pour renforcer petit à petit ce qui deviendrait la pièce maitresse de son armure. Pendant trois jours, elle pratique de la sorte et ses bras commençaient à en souffrir mais elle se sentait chaque jour progresser et surtout, elle sentait le métal se transformer et devenir plus dur ce qui l’encourageait énormément.

Maintenant que le tout était bien solidifié, il était temps de donner la forme générale au haut de son armure. Les détails seraient travaillés par la suite. Tenter de faire les détails à ce moment de la conception pouvait ruiner le métal car les coups finaux devaient être délicats et précis alors que le martelage de forme était fort et puissant. L’Ondine n’avait pas les compétences pour réussir à faire son plastron en une seule pièce. Elle en serait peut-être capable un jour mais pour l’instant, ce n’était pas d’actualité. Les différentes pièces allaient être forgées séparément et assemblées à la fin. Cette méthode donnait peut-être un résultat un poil moins solide mais il fallait aussi être conscient de ses limites et apprendre étape par étape. Comme pour les enfants, Victor considérait qu’on devait d’abord apprendre à marcher pour être capable de courir. Dès lors, il valorisait l’apprentissage et la maîtrise des bases avant tout et ne se retenait jamais d’houspiller des apprentis qui auraient voulu se lancer dans une activité pour laquelle ils n’étaient pas prêts.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Mar 27 Mar - 19:37

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Une fois la forme générale donnée, le métal est replié à nouveau. L’objectif étant d’avoir à l’intérieur une couche de fer non transformé et à l’extérieur une couche d’acier. En effet, l’acier étant très dur, c’est lui protégera au mieux le porteur de la tenue. Par contre, le fer étant plus souple, en mettre à l’intérieur permet que celui-ci se plie en cas d’un trop fort impact plutôt que de se briser. De même, la souplesse interne rend l’armure plus agréable à porter. Finalement, il fallait refroidir brusquement le métal. A nouveau, le refroidissement rapide resserre le métal et le rend plus solide ce qui est constamment l’objectif.

Pour les finitions, Victor vint rejoindre Niasci. Dans un premier temps, il fallait lisser les bords en utilisant la meule pour redécouper proprement le métal pour ensuite le poncer afin d’éviter de se couper. Il donna également des consignes à l’Ondine concernant les décorations. Si celle-ci pensait que les ouvrages des armures humaines n’étaient que le reflet de leur superficialité et de leur amour de l’inutile. Si c’était parfois le cas, notamment pour les tenues d’apparat, ce n’était nullement possible sur les armures de combat. Les décorations servaient en réalité à réduire le poids de l’amure. En effet, les ornements n’étaient pas placés par-dessus l’armure mais en creusant le métal grâce à un marteau et un burin. Placés à des endroits stratégiques, ils permettaient de retirer de la matière et donc de réduire la masse de l’ensemble sans réduire la résistance de l’ensemble. Les armures de ce type étant très lourdes, la moindre baisse de poids pouvait rendre les mouvements plus fluides ou réduire l’épuisement, ce qui pouvait faire la différence entre la vie et la mort en plein combat. Elle creusa ainsi de longs sillons aux endroits que Victor lui pointait du doigt. Ensuite, elle retira la poussière et ponça pour rendre le tout plus lisse et propre.

Bon, il est temps de voir ce que ton travail vaut. On va voir si c’est bien équilibré, si le métal est forgé correctement et si ce n’est pas entièrement déformé…   


Victor alla placer le plastron sur un mannequin en bois et il tourna longuement autour afin de l’estimer et de le juger. Il lui fit subir quelques tests de résistance, prit quelques mesures et le fit même passer à Niasci afin de voir si le poids était correctement réparti. L’ensemble sembla correct mais il ne fallait pas parler trop vite et Niasci attendait fébrilement le résultat de l’inspection du résultat de plusieurs jours de travail. Pendant ce temps, les autres apprentis venaient également jeter un œil, faisant leur propre expertise afin entraîner leur œil de potentiel futur professionnel. Ils se montraient mutuellement les éléments qui leur semblaient réussis et ceux qui leur paraissaient peut-être un peu fragiles ou ayant encore des impuretés.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Mer 28 Mar - 17:45

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Ce matin-là, Niasci passa d’abord sur le marché avant de se rendre à la forge. Elle voulait acheter quelques légumes afin de réaliser une grosse soupe. Tout du moins, c’était l’objectif, en pratique, cela ressemblerait plus à une sorte de bouillon fade avec des légumes trop cuits. Cela n’avait pourtant pas énormément d’importance pour elle qui n’accordait pas grande importance à ce qu’elle mangeait. Elle n’était pas très difficile et le plaisir d’un repas pouvait déjà se traduire par le fait d’avoir le ventre plein. Les mets raffinés ne l’intéressaient pas particulièrement et rien n’était meilleur pour elle qu’un bon morceau de viande ou de fromage.

Pour aller jusqu’au marché, elle devait passer devant la boutique où elle ferait surement un signe à ceux déjà présents, notamment Victor qui arrivait toujours plus tôt que les autres afin d’ouvrir le magasin et de préparer et vérifier le livre de compte. Quand elle arriva à sa hauteur, elle fut surprise de le trouver figé devant sa propre porte. En s’approchant, elle s’apprêtait à interpeller quand elle vit qu’il regardait fixement quelque chose d’accroché sur la porte, encore fermée. Elle y jeta un œil et put reconnaître une épée brisée à laquelle était attachée un parchemin recouvert des habituels traits d’encre qu’elle ne comprenait pas. Les humains semblaient incapables de se contenter de communiquer par la parole et, chaque jour passant, elle se rendait compte qu’elle allait devoir finir par faire cet apprentissage également pour ne pas manquer d’informations et, surtout, éviter des arnaques des sournois humains que l’on pouvait croiser partout bien qu’ils ne soient pas tous comme cela bien sûr.

Victor avait le visage tout rouge, Niasci s’adressa à lui dans le plus grand des calmes :

Vous allez bien maître Victor ? Vous avez changé l’enseigne ?   


Il se retourna vers elle, les yeux pleins de rage mais ne pu que remarquer la candeur de sa question. Elle n’avait pas voulu se moquer de lui, elle ne comprenait juste pas la situation. La pression redescendit d’un coup et il poussa un profond soupir. Cependant, sa voix tremblait toujours une colère contenue quand il lui expliqua :

Il est écrit qu’il y a des bulles d’air dans mes armes, que je suis un incompétent qui arnaque mes clients en leur refilant du matériel de qualités médiocres contre de l’or sonnant et trébuchant. Moi qui suit un véritable artisan, moi qui cherche le meilleur de l’art et de la qualité, quelle insulte ! Quelqu’un ose insulter mon savoir-faire !


Niasci observa le morceau de lame qui avait été accroché avec le papier prévenant de la prétendue incompétence du propriétaire de cette boutique. On pouvait y voir effectivement des petites bulles d’air à l’intérieur qui fragilisaient grandement l’arme. C’était d’ailleurs probablement elles qui avaient causés la cassure de ce qui avait dû être une lame d’épée de taille moyenne. Elle ne put pas remarquer les poinçons caractéristiques de Victor mais, n’étant qu’un morceau, il aurait tout aussi bien pu se trouver sur une autre partie de l’épée.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Mer 28 Mar - 23:24

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Même si les questions de réputation marchande des humains la dépassaient grandement, elle pouvait facilement comparer cela à la réputation historique des Ondines. En effet, celles-ci se racontaient de nombreuses histoires et il n’existait pas de fierté plus grande que de faire partie d’une longue épopée héroïque et pas de honte plus douloureuse que d’être le personnage principal d’une histoire comique et ridicule que l’on racontait pour faire rire les enfants.  Niasci pouvait également saisir la frustration que pouvait être la critique des capacités d’une personne. Même si ses sœurs avaient toujours montré une bienveillance affichée envers son manque de pouvoir et son incapacité à respirer sous l’eau, la solution qu’elle avait trouvée de se battre comme les humains avec des armes faites de métal n’avait pas plu à tout le monde bien qu’aucune n’ait osé l’exprimer publiquement. Victor arracha violemment le papier et le déchira, il entra rageusement dans sa boutique et Niasci le suivit. L’homme tapa du poing sur le bureau d’accueil, faisant sauter de quelques centimètres le matériel de bureaucratique posé dessus.

A ce moment, un autre apprenti arriva dans la boutique. Il portait à la main un morceau de papier et de lame semblable à ceux que Victor avait arraché de l’entrée de la boutique. Il les posa prudemment devant Victor en précisant qu’il avait trouvé cela sur le panneau d’affichage du marché et qu’une vieille femme, croisée au moment où il retirait ces éléments, l’avait prévenu qu’elle en avait vu bien d’autres dans la ville. Victor eut l’air pensif pendant quelques minutes comme s’il s’était totalement calmé. Pourtant, ses phalanges, totalement blanchies lorsqu’il serrait le papier dans ses mains montraient que ce n’était nullement le cas. Il tapa une nouvelle fois sur la table avant de dire de sa grosse voix grave :

Il ne sera pas dit que Victor le forgeron se laissera insulter sans se défendre ! J’ai une réputation, un travail de qualité et il est hors de question que je laisse qui que ce soit me calomnier. Niasci, va à l’arrière-boutique, tu vas me récupérer deux sacs de cuir, un grand et un petit. Ainsi harnachée, tu feras le tour de la ville, je ne veux plus voir la moindre de ces annonces, même dans la plus insignifiantes des réelles, c’est compris ? Tu me ramènes tout ça ici, les parchemins dans le petit paquetage et les lames dans le grand. Fais attention, malgré leur piètre qualité, elles ont été aiguisées et sont passablement tranchante… Les autres, au travail et rapidement !


Il finit en grommelant entre ses dents que ça ne valait quand même pas le tranchant de ses propres armes qui étaient bien mieux aiguisées et de façon plus précise. Les autres n’étaient en fait qu’un seul apprenti pour l’instant, celui qui avait ramené la deuxième épée mais, le temps que Niasci aille chercher les sacs à l’endroit indiqué, d’autres membres du personnel étaient arrivés et s’étaient faits briefer : pas un mot au patron, il fallait travailler comme d’habitude, si possible en redoublant d’effort…

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Sujet: Re: Retour à la forge

Mer 28 Mar - 23:52

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Retour à la forge

Niasci se mit donc en marche. Elle ne comprit pas vraiment pourquoi Victor l’avait envoyée elle qui ne connaissait pas très bien la ville plutôt qu’un de ses nombreux apprentis qui effectuaient régulièrement des livraisons et maîtrisaient chaque ruelle aussi bien que leur propre chambre. Elle en conclut que cela devait être l’énervement et, au vu de son état, elle n’était pas mécontente de ne pas être à la forge en ce moment, il allait forcément vouloir passer sa colère d’une façon ou d’une autre et donner du travail à des apprentis rendus maladroits par le stress faisait un excellent exutoire qu’elle était ravie de ne pas connaître.

Afin d’être méthodique, elle commença par se rendre à la limite de la ville, prêt des grandes portes de celle-ci. Ensuite, elle remontait les rues petit à petit en prenant soin de n’en oublier aucune. Elle trouva de nombreux parchemins et de nombreux morceaux d’armes d’abord sur les avenues principales prêt des panneaux d’affichage ou des points d’intérêts comme les puits, ensuite, dans les ruelles, dans des endroits plus dissimulés, simplement coulés sur les façades de certains bâtiments ou à l’arrière des boutiques. Parfois même, certaines étaient arborées fièrement à l’intérieur de boutiques qui n’avaient pourtant aucun rapport avec le travail du métal.

Sur la route, elle croisa plusieurs personnes qui l’accueillirent de façon plus ou moins amicales. Il était certain que Victor n’avait pas que des amis dans cette ville. Un vieil homme vint la voir pour parler de la situation mais il fut très déçu que Niasci soit ici pour ramasser les documents, il voyait dans ceux-ci une bonne occasion d’avoir des ragots croustillants à raconter. Un autre, dans la fleur de l’âge, lui hurla ouvertement dessus :

Et dire que je lui ai acheté quelque chose pas plus tard que la semaine dernière et pas à petit prix en plus ! Cet homme est un escroc et c’est pour le plus grand bien que tout le monde le sache. Préviens-le, je veux être remboursé et s’il ne se présente pas lui-même avec mon or et ses excuses, je viendrai faire un scandale dans sa boutique et je ne serai pas seul !


Il partit ensuite si vite que Niasci n’eut pas le temps de répliquer. Plusieurs spectateurs murmurèrent autour d’elle. Il y avait peu de gens dans cette ville qui n’avait pas au moins acheté une dague à ce forgeron et beaucoup d’entre eux doutaient au mieux ou demandaient vengeance dans le pire des cas. Tout cela n’allait clairement pas tarder à s’envenimer et ramasser tous ces documents n’allaient pas suffire. Une fois sa tâche terminée, il allait falloir qu’elle tienne Victor au courant de tout ça et vite. Elle termina donc sa tournée de la ville et rentra à la boutique au milieu de l’après-midi, les deux sacs remplis à ras bord. Son front luisait de sueur, tout cela n’était clairement pas léger et le déplacer toute la journée n’avait pas été une mince affaire. Quand elle entra, la boutique n’était remplie que de la vendeuse, ce qui n’arrivait jamais et celle-ci vint aider Niasci à se débarrasser en arborant une mine déconfite qui n’annonçait rien de bon.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Ven 30 Mar - 0:15

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Niasci
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Retour à la forge

Niasci retrouva Victor qui travaillait avec acharnement, transmettant toute sa rage dans un métal qui n’avait probablement jamais été aussi bien frappé. Tout autour de lui, les apprentis vaquaient à leurs tâches en prenant bien soin de ne pas faire de bruit. L’Ondine attendit que son maître ait plongé son ouvrage dans l’eau glacée et s’adressa ensuite à lui.

J’ai terminé de tout ramasser dans la ville, tout est dans l’arrière-boutique dans des grands sacs.  


Victor grogna son approbation et fit le geste de retourner à son travail. Niasci prit une profonde inspiration qui signifiait qu’elle n’avait pas terminé. Il fronça les sourcils, agacé qu’elle veuille lui faire la conversation alors que ce n’était sérieusement pas le moment. Cela dit, il s’arrêta tout de même pour l’écouter en ne cachant pas qu’il voulait terminer cela au plus vite.

Eh bien, je ne pense pas qu’enlever les affiches soit suffisant. J’ai croisé beaucoup de monde dans les rues et ils pensent que tout cela est vrai. Un homme m’a demandé de vous transmettre une demande de remboursement. Il dit que s’il n’a pas son or avant ce soir, il viendra lui-même à la boutique et… pas seul. Je doute que ce soit pour argumenter qu’il se déplace, il faudra faire attention et, surtout, il faut trouver la source de tous ses mensonges car… ce sont des mensonges, n’est-ce pas ?


Niasci dit cela en tremblotant un peu. Elle savait que cette allégation serait terriblement blessante pour lui mais il fallait qu’elle sache. Si elle avait à le défendre, elle voulait que ce soit justifié et pas se retrouver à découvrir par la suite qu’effectivement, elle défendait un criminel arnaqueur. Contre tout attente, il lui sourit.

Ma grande Ondine, il va falloir encore améliorer ton éducation. Enfin… cela fait parfois du bien d’entendre quelqu’un oser dire tout haut ce que tout le monde murmure. Au moins, je peux me défendre et le dire haut et fort à qui veut l’entendre dans cette boutique : mon travail est de la meilleure qualité qui soit et nul d’entre vous n’a à rougir de travailler ici. Suis-je bien clair ?


Niasci acquiesça et demanda qu’elle serait sa prochaine tâche. L’homme regarda autour de lui et, quelque peu dépité, lui répondit qu’avec tout le bon travail fournit par les apprentis toute la matinée et le début de l’après-midi, il n’avait plus grande chose à nous faire faire. En effet, la plupart des commandes en cours avaient été annulées dans la journée via des messagers. Il décida donc qu’il devait réfléchir à un plan pour sauver sa boutique mais, qu’en attendant, il n’était pas question de perdre notre temps et qu’il voulait nous voir nous entrainer, tout ce temps libre était une excellente occasion !

Niasci reprit donc en main la confection de son armure, s’attaquant, cette fois, aux jambières. A nouveau, il s’agit d’une pièce grande et importante qui allait lui demander de nombreuses heures de travail, ce temps libre était vraiment une aubaine. D’un œil averti, Victor commentait le travail de tous les apprentis en train de s’exercer mais on pouvait voir dans ses yeux qu’il réfléchissait à un plan d’action…


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Sujet: Re: Retour à la forge

Ven 30 Mar - 0:34

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Victor les libéra plus tôt que d’habitude et Niasci rentra chez avec elle avec une étrange impression. D’un côté, elle avait eu l’occasion de s'entrainer, ce qui était très chouette mais de l’autre, le magasin semblait dans une position difficile et, bien qu’il essaie de ne pas le montrer, Victor était de toute évidence très touché par ce qui lui arrivait. Elle mangea et se coucha ensuite directement, les pensées pleines de ce qu’elle avait réalisé durant cette journée.

Le lendemain matin, quand elle arriva à la forge, Victor avait l’air épuisé. Personne n’était venu la veille au soir comme menacé mais il avait craint toute la nuit. Une fois tout le personnel arrivé, il rassembla tout le monde afin de leur transmettre un message :

Bon, toutes ses affiches ne se sont pas installées seules. Il faut découvrir qui est coupable de cela. J’ai quelques petites idées bien sûr… Seulement, ce n’est pas tout, beaucoup de clients semblent réclamer un remboursement, remboursement qu’il est hors de question que je réalise vu que rien ne le justifie. Dès lors, nous ne devons pas écarter la possibilité que des clients mécontents viennent, potentiellement armés (et avec du matériel de qualité !) n’est pas à exclure. Soyons clair malgré tout, je ne fermerai pas la boutique, hors de question de montrer que cette action nous a affaibli. Dès lors, ceux qui ne souhaitent pas se battre peuvent rentrer chez eux, je ne vous demande pas de risquer de vous blesser pour moi. Ceux qui resteront, garder une arme à proximité, vous pouvez vous servir dans le stock. N’hésitez pas à prendre un bouclier également dans ceux que nous devions renforcer pour le menuisier. Tant pis, si on les abîme, je le rembourserai, une bataille ne peut se faire sans quelques pertes et j’aime autant qu’elles soient faites de bois plutôt que de sang.  


Il était évident pour Niasci qu’elle resterait se battre. Victor devait être le seul humain qu’elle respectait autant qu’une autre créature. Il l’avait accueillie à un moment où elle se sentait perdue et l’avait initié à un art qui l’intéressait depuis de nombreuses années. Pour ça, elle était très reconnaissante et cela valait bien qu’elle se batte pour lui. De plus, elle avait un nouveau marteau à étrenner. Alors qu’elle manifestait cette volonté, Victor lui sourit mais secoua la tête :

Pas toi Niasci. Malgré ton physique peu commun, le fait que tu restes beaucoup dans la zone d’artisanat et que tu sembles peu sortir de chez toi fait que peu de gens savent que tu travailles pour moi et ceux qui le savent sont des gens de notre côté car j’espère que vos propres familles ne tenteront pas de nuire à votre gagne-pain.


En disant cela, il regarda chacun de ses apprentis d’un air sévère. Il attendait d’eux que cette information ne soit pas plus répandue qu’elle ne l’était déjà dans les jours à venir.

De plus, peu de gens ont vu beaucoup d’Ondine dans leur vie et ils te confondront facilement si tu prétends être une autre. J’aimerais que tu ailles voir mon épouse, elle te prêtera des vêtements. Ensuite, tu iras en ville et tu essaieras de découvrir qui est à l’origine de tout ça.


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Sujet: Re: Retour à la forge

Ven 30 Mar - 0:40

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Niasci alla donc comme demandé réclamer des vêtements à la femme du forgeron. Celle-ci était une femme de caractère d’une trentaine d’année. L’Ondine ne l’avait jamais vue mais, tandis qu’elle allait lui chercher des vêtements, elle lui expliqua qu’elle travaillait habituellement à la boutique mais que depuis un mois environ, elle n’en avait plus la possibilité. En effet, Niasci put constater que cette femme était sur le point d’accoucher et, au vu de la taille du ventre, peut-être étaient-ils deux. Entre cette naissance à venir et la ribambelle d’enfants qui couraient déjà dans la maison, ce n’était sérieusement pas le moment de ne plus avoir de revenu. Bien qu’elle gardât le sourire, elle peinait à cacher son stress et elle vit qu’elle craignait de se retrouver à la rue avec sa famille du jour au lendemain. Pour l’instant, ils vivaient encore confortablement mais malgré leurs économies, tout perdre pouvait aller très vite.

Ensuite, une fois habillée dans une tenue qu’elle trouvait complètement ridicule : une robe encombrante de toile brune avec un corset de cuir clair, elle partit vers la ville. Sa consigne était de se présenter comme « Ocacen » qui signifie Ruisseau sombre. Elle n’avait jamais vraiment ce genre de chose et, bien qu’elle ne sache pas par où commencer, elle ressentait une certaine excitation à remplir cette mission.

Elle finit par arriver machinalement sur le marché et décida de se rendre prêt du puit. Là, on ne parlait que de l’affaire Victor. Niasci tendit l’oreille et put entendre quelques petites perles.

Vous avez entendu pour Victor ? Quelle honte ! Dire que mon mari lui a acheté une hache.


Ah toi aussi ? Le mien veut demander remboursement, il parait que Sigebert essaie de rassembler quelques volontaires pour demander de rendre l’or de façon musclée.


Vraiment ? Je préviendrai le mien, il sera surement intéressé ! Heureusement qu’on nous a prévenu, tu imagines depuis combien de temps il trompe toute la ville ?


Au moins 20 ans ! Oui, je ne sais pas qui a affiché tout cela en ville mais il a été bien inspiré. Ma sœur prétend que c’est Clervie. Malgré les années, elle n’a toujours pas digéré qu’il ne la demande pas en mariage.


En même temps, je peux la comprendre, tout semblait si arrangé ! Si cette petite garce était arrivée deux semaines plus tard, elle aurait pu voler en justes noces comme elle l’espérait.


Ces informations étaient intéressantes… Qui que soit Clervie et Sigebert, c’était au moins une piste. Elle allait commencer par là. Pour la première, elle devait découvrir si c’était bien elle la cause bien que cela semble complètement stupide de faire autant d’effort pour se venger de quelque chose qui n’avait jamais eu lieu. Pour le second, il fallait savoir ce qui était prévu exactement et surtout quand afin d’organiser proprement la défense de la boutique. Elle d’avait d’abord trouver où ce petit monde se trouvait et pour ça, elle allait repasser à la boutique, ils pourraient surement la renseigner.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Ven 30 Mar - 0:42

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Revenue à la boutique, elle passa par l’arrière afin d’éviter qu’on ne la repère. De nombreux yeux étaient tournés vers cet endroit et elle avait intérêt à rester discrète pour éviter les commères qui la freineraient dans ses objectifs. A l’intérieur, elle interpela Victor qui fut surpris de déjà la revoir. Il l’interrogea sur l’état de ses recherches.

J’ai entendu dire que c’était la faute de Clervie. Non, ce n’est pas la peine de protester, c’est ma seule piste, j’irai la voir, même si ce n’est pas sa faute, elle aura peut-être une idée. Dites-moi seulement où elle habite. Aussi, un homme nommé Sigebert cherche à rassembler du monde pour lancer une attaque contre la boutique. Je vais essayer de savoir si c’est vrai et si oui, quand afin que l’on puisse se préparer. En attendant, il me faudrait également son adresse.


Victor fut surpris de la voir avec tant d’entrain. Visiblement, elle prenait sa mission au sérieux et cela lui fit plaisir. Il lui écrit l’adresse de Clervie sur un morceau de vieux parchemin puis, se rappelant qu’elle ne savait pas lire, se ravisa en grommelant une fois de plus qu’il était temps qu’elle palie à ce problème. Il se contenta donc de lui expliquer le trajet en donnant quelques points de repère qu’elle avait déjà pu voir. La seconde adresse fut plus difficile à trouver. Il fouilla dans le livre de compte et retrouva deux Sigebert. Les deux avaient acheté hache, marteau et clous comme la plupart des artisans. Le premier avait une boutique de menuiserie sur la rue principale et le second avait un magasin de location de charrette près des portes de la ville. Elle allait devoir rendre visite aux deux.

Elle commença par celui qui était près des portes de la ville. Dans un premier temps, elle rentra dans la boutique, croyant être discrète, pour écouter un peu ce qui se disait. Elle n’entendit rien de particulier et on finit par lui demander si elle souhaitait quelque chose en particulier. Un peu penaude, elle repartit en se disant qu’elle allait devoir faire mieux au deuxième endroit et qu’il n’y avait plus qu’à espérer que le menuisier était son homme.

Elle n’eut pas à chercher longtemps. En s’approchant de la boutique, elle entendit des cris qui venaient d’une fenêtre ouverte. Là, une femme hurlait à pleins poumons :

C’est dangereux et stupide ! Tu veux mourir, c’est ça ? M’abandonner, moi et les enfants à la misère après avoir vendu ta boutique ? Pourquoi tu ne vas pas plutôt demander réparation au jarl ?  


Une petite voix tentait de la rassurer mais, apparemment, sans succès. Plusieurs personnes ricanaient non loin de la maison en disant qu’avec une femme pareille, ils n’oseraient jamais faire justice eux-mêmes de peur que leur épouse les traîne par la peau du dos devant leur bien aimé Jarl et tous ses soldats.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Ven 30 Mar - 0:46

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Niasci fit mine de regarder les différentes boutiques. Les hommes parlaient très fort et elle n’avait pas de mal à les entendre. Un autre sortit de la foule pour les rejoindre. Il avait été attiré par leurs cris et voulait lui aussi des informations sur ce qui se tramait. Niasci tendit l’oreille, espérant avoir un maximum d’informations.

Eh là, vous parlez de Victor, cette ignoble vermine ? Mon père lui acheté beaucoup d’outils et, même s’il ne s’en plaint pas encore, ça ne saurait tarder quand on voit l’état des lames qui étaient partout en ville. Ce lâche a eu beau les récolter, ça n’empêchera pas l’information de se répandre et le peuple saura la vérité, il a le droit de savoir ! Si vous parlez vengeance, je veux en être !


C’est clair, il a embauché quelqu’un pour les enlever, c’est une évidence, il a peur que sa boutique coule mais c’est trop tard, la vérité est au grand jour !


Si tu veux vengeance, rejoins-nous à la taverne à 19h ce soir, on boira quelques verres pour se donner du baume au cœur et ensuite, on rasera sa maison. On a déjà un beau nombre de volontaire, au moins 100 personnes ont dit qu’elles viendraient, il ne fera pas le fier !


Horrifiée par tout ceci, Niasci retourna prestement à la boutique. Là, elle informa tout le monde de ce qu’elle avait entendu. Victor eut l’air sceptique mais il décida malgré tout d’organiser la défense. En réalité, il doutait qu’il y ait autant d’hommes. Pas qu’ils aient dit venir, ça non mais combien viendrait réellement ? De plus, les quelques chopes allaient surement se transformer en dizaine et il s’attendait à recevoir un petit groupe d’hommes souls et agressifs et non pas une armée. Pour commencer, il entreposa les objets de valeur à l’étage, dans son lieu d’habitation. Ensuite, il ferma toutes les entrées de la boutique sauf une et les barricada tout afin que les hommes ne puissent pas rejoindre facilement cet endroit. Il envoya sa femme et leurs enfants passer la soirée et la nuit chez leur belle-mère. Malgré les protestations de celle-ci qui voulait se battre, elle finit par se laisser convaincre quand elle faillit être déséquilibrée par son propre ventre tandis qu’elle criait.

Victor rassembla quelques hommes de la famille : frère, oncle, cousin qui avaient bien voulu aider. Certains apprentis avaient parfois appelé également un des membres de leur famille. Finalement, il envoya un enfant prévenir la garde qu’il risquait de se tramer quelque chose près de sa boutique ce soir et qu’ils seraient bien avisés de venir patrouiller de temps en temps dans cette zone. En effet, le maître forgeron n’avait aucune prétention à agir par-dessus la justice mais il serait compliqué d’avoir des preuves s’ils n’étaient pas pris sur le fait.

En attendant leur arrivée, Niasci revêtit les premières pièces de son armure, prépara son marteau sur le coté et tenta de terminer à nouveau ses jambières qui n'avaient pas la qualité suffisante la première fois.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Sam 31 Mar - 1:32

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Niasci se débattait sur cette fabrication depuis un bon moment. Ca faisait deux fois que ses finalisations se soldaient par un échec et cela commençait sérieusement à la frustrer. Avait-elle eu un coup de chance les premières fois ? Peut-être n’avait-elle en réalité pas progressé ? De plus, ses réserves de ressources sérieusement à s’amenuiser, surtout en ce qui concernait les plaques de Rorckarion. Pour ne rien arranger, Victor se moquait ouvertement d’elle :

Eh bien, les poissons ne sont pas très adroits avec le fer pourtant ils ont déjà la technique de plonger dans l’eau froide !


Cela fit bien entendu rire les apprentis présents sur place mais de toute façon, Niasci n’était pas susceptible pour un sou et cela permit de détendre un peu l’atmosphère particulièrement pesante en ce moment d’attente.

Comme prévu par Victor, à 19h, personne ne vint. Les ruelles étaient, comme à leur habitude, traversées par de nombreuses personnes mais plusieurs jetaient des coups d’œil furtifs en passant, ils étaient bien peu à s’arrêter. Quelques-uns, cependant, s’arrêtèrent devant la boutique, jamais à plus d’un ou deux à la fois. Postés là, ils semblaient attendre, assez nerveux et regardaient souvent autour d’eux ou faisaient de grands allers-retours dans la zone comme s’ils cherchaient quelqu’un. Systématiquement, ils finissaient par quitter les lieux en haussant les épaules et en grommelant.

Ce ne fut que vers 00h que les choses sérieusement commencèrent. Les employés de Victor commençaient doucement à fatiguer et avaient arrêtés le travail depuis bien longtemps, se contentant de jouer aux dés ou aux cartes sur le sol de la boutique, seule pièce qui n’avait pas été temporairement condamnée. Cependant, Victor refusait de croire qu’ils avaient laissé et pensait même qu’ils ne devraient pas tarder à se montrer.

En effet, un contingent de quatre ou cinq hommes arriva en titubant près de la boutique et en invectivant tout aussi bien Victor, ses employés, les passants que les gens qui avaient quitté leur petit groupe un peu trop tôt dans a soirée. A la taverne, une cinquantaine d’homme au moins était venu mais la plupart d’entre eux était reparti après la première chope, s’inquiétant de voir les autres se souler avant un combat contre un forgeron aguerri ou voyant l’heure passer, leur femme s’inquiéter et, bien entendu, le travail n’attendrait pas qu’ils soient en forme et sobre le lendemain tôt le matin. Petit à petit, des groupes de 3 à 6 personnes quittaient la taverne sous les quolibets des autres qui les traitaient de lâche. D’autres avaient bien tenté de rejoindre en cours de route sachant l’heure de l’attaque mais personne ne s’étant montré à la boutique de Victor, ils avaient fini par penser que le plan avait été annulé.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Sam 31 Mar - 1:44

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La petite armée cria à tous ceux voulaient l’entendre :

Nous allons tuer Vic-tor-tor.


Pfff, Victortor, on dirait un nom de canard !


Silence, chafouin ! Allez, joignez-vous à … hic… les vengeurs de … hic… Lerry !


Et à tous les lâches qui sont partis trop tôt, vous nous devrez une bière et une grosse !


Comme ma hache !


Ils éclatèrent tous d’un rire gras et brouillant qui poussa beaucoup d’habitants de la rue à aller voir ce qui se passait sous leurs fenêtres. Victor interpella tout le monde et chacun lâcha son occupation pour prendre les armes et se préparer au pire. Tandis qu’ils insultaient les habitants qui les invectivaient de faire moins de bruit, ils allèrent tambouriner à la porte de la boutique à plusieurs mains, faisant trembler le lourd portail de bois.

Victooooooor, on est lààààààààà. Donne-nous ton ooooooor.


Rends l’ooooor Victoooooor. Hahahahahah


Allez les gars, on défonce la porte !


Ils prirent tous de l’élan et foncèrent sur la porte maladroitement. Au vu de leur taux d’alcoolémie, ils ne parvinrent qu’à se foncer mutuellement dedans, ne faisant que vibrer la porte mais sans altérer une seconde le lourd verrou de fer qui la maintenait fermée. Ils s’insultèrent copieusement, accusant chacun d’être responsable de l’échec et de la bosse qu’il ne manquerait pas de gagner après ce choc. Alors qu’ils se préparaient pour un nouveau bélier humain, Victor alla déverrouiller la porte et intima à tout le monde de se placer sur le côté, prêt à intervenir. Les apprentis obéirent, voyant ce que le maître voulait faire : les pousser à s’écraser au centre de la boutique sous leur élan pour qu’ils soient parfaitement mûrs pour une embuscade.

Ils n’en eurent cependant pas le temps puisque des gardes, prévenus qu’il se passerait peut-être quelque chose, avait ajouté à leur ronde plusieurs passages par ce quartier et ils tombèrent sur les ivrognes. Ils les stoppèrent dans leur mouvement en les interpellant. Ainsi arrêté dans sa course, l’un d’eux tomba directement ventre contre terre, se salissant de terre, de poussière et d’excréments jetés par les habitants dans les rigoles de la ville afin qu’ils puissent rejoindre les égouts à la prochaine pluie. Les hommes, penauds, se redressèrent devant les gardes en s’époussetant :

Toutes nos excuses monsieur le garde, on a fait un truc pas bien.


Les gardes les regardèrent, ils avaient l’air pitoyables avec leurs joues rougies, leurs yeux injectés de sang et leur haleine abominable. Le garde leur demanda ce qu’ils étaient en train de faire et les hommes répondirent qu’ils rendaient justice.

Vous n’avez pas à rendre justice vous-même ! Allez voir notre bon Jarl si vous avez besoin d’un juge. En attendant, vous étiez sur le point de violer une propriété privée dans le but de tabasser ses occupants et quelque soit votre raison, vous n’en avez aucun droit ! Vous allez me suivre et tout de suite. Vous avez de la chance, je vais juste vous mettre en cellule le temps que vous dessouliez mais si je vous reprends à faire ça, c’est direct devant le Jarl, c’est compris ?


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Sujet: Re: Retour à la forge

Sam 31 Mar - 1:48

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Ils suivirent piteusement et en boitillant les gardes qui les emmenèrent dessoûler au poste de garde. Les habitants de la rue fermèrent rageusement leur fenêtre, malgré tout satisfait que le bruit ait cessé et, qu’en plus, les responsables soient interpellés.

Dans la boutique, la plupart poussèrent un soupir de soulagement. Les apprentis avaient beau être prêts à se battre, la plupart n’avait comme habitude des armes que le contact obtenu par la forge et les petits entraînements qu’ils faisaient parfois avec des épées en bois pour s’amuser en se rêvant grand héros et aventuriers au service du bien, couvert d’or et de gloire et accueilli avec plaisir par les personnes les plus puissantes de Bariande.

Niasci était pour sa part un peu déçue. En effet, faire jouer un peu de son marteau aurait été une bonne occasion de tester celui-ci et l’occasion était très belle. Ce qui la comblait sa frustration était que de toute façon, ils n’auraient fait que de piètres adversaires. Victor, de son coté, rangea ses armes et commença à déblayer les portes qui avaient été condamnées. Il voulait rouvrir la boutique demain et il n’était pas question de la laisser dans cet état. Par contre, il proposa à son personnel de rentrer chez eux. L’Ondine ne fit pas ce choix comme la plupart des autres. Victor était un bon maître et en plus, cette situation les avait tous rapproché dans la crise. Poussé les uns par les autres, ils ne souhaitaient pas abandonner maintenant leur maître après avoir tant donné de leur personne. Ils l’aidèrent donc à tout nettoyer en devisant joyeusement oubliant la fatigue. Se moquer de leurs adversaires en les imitant devenait le jeu favori de beaucoup, principalement le moment où ils s’étaient écrasés contre la porte.

Ils n’eurent terminé de tout dégager que le lendemain matin à l’aube mais la boutique était comme neuve. Tous ces déplacements avaient aussi été l’occasion d’un grand nettoyage. Quand l’épouse de Victor arriva avec tous ses enfants la suivant comme des petits canards, elle s’exclama de surprise en les voyant tous déjà là. Victor lui narra rapidement le déroulement de la nuit mais elle l’interrompit :

Tous ces gens sont restés pour défendre ma maison, il faut que je le remercie. Allez tous vous installer à la grande table, j’arrive tout de suite.


Elle monta ensuite à l’étage avec ses enfants pendant que tous allaient s'asseoir. Petit à petit, ses enfants revinrent chargés de pain, de fromage, de légume, de cruche d’hydromel et de bière et elle-même se joignit au groupe en déposant au milieu du groupe un énorme morceau de viande séché qui mis l’eau à la bouche de tout le monde. Elle servit chacun et porta un toast à la défense de leur boutique. Joyeusement, elle entendit le récit des faits avec mimes et faux dialogues jusqu’à ce que tout le monde se fut sustenter. Elle discuta ensuite rapidement dans un coin avec Victor et ils décidèrent de tous les renvoyer chez eux pour se reposer. Avec le peu de client qu’il y avait en ce moment, ils pouvaient bien tenir la boutique seuls durant la matinée.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Sam 31 Mar - 1:53

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Retour à la forge

Revenue à son domicile, Niasci s’endormit comme une masse jusqu’à tard dans la matinée. En se réveillant, elle repensa en souriant à la veille. Cette journée et la relation qui s’était dévoilée entre les différents employés ressemblaient beaucoup à ce qu’elle connaissait dans son clan : tout le monde s’unissant avec ses propres moyens pour défendre l’ensemble de groupe. Le repas final lui avait également rappelé les longues soirées qu’elles passaient au bord de l’eau en se racontant des histoires de temps récents ou anciens. Elle alla ensuite se laver et se changer pour se préparer à retourner à la forge.

Là-bas, elle retrouva quelques apprentis qui venaient d’arriver et qui la saluèrent joyeusement. On ne parlait encore que de l’histoire de la veille dans la boutique et petit à petit, il semblait que cette aventure se soit également rependue dans le voisinage où les regards vers la boutique continuait à être nombreux et il n’était pas rare de voir un voisin interpeller une connaissance depuis sa porte ou sa fenêtre afin de raconter ce qu’il avait vu.

Quand tout le monde fut arrivé à la boutique, Victor les rassembla. Il avait d’énormes poches noires sous les yeux mais continuait à faire bonne figure, infatigable. Il était conscient que la motivation de chacun reposait sur son propre comportement et le sang froid dont il ferait preuve. Il s’adressa à eux :

Encore une fois, je vous remercie pour hier, c’était une belle preuve de loyauté envers moi que je n’oublierai jamais. De plus, l’histoire s’est bien répandue en ville et, pour ceux qui auraient voulu retenter une attaque musclée, l’intervention et la mise en garde de nos soldats les a bien refroidis. Nous ne risquons donc probablement plus rien de ce type, fort heureusement.


A cette annonce, tout le monde applaudit. Victor sourit en voyant cela et les laissa faire quelques secondes mais tempéra ensuite rapidement leur enthousiasme.

Bien entendu, cela ne signifie pas pour autant que cette situation est réglée. Je serai probablement très bientôt amené devant le Jarl pour un procès en bonne et due forme avec les nombreuses plaintes. Dès lors, il nous faut rassembler des preuves et tenter de trouver au plus vite qui est à l’origine de toute cela. Niasci, tu continueras donc tes recherches. De mon côté, j’ai quelques amis à contacter… Ce n’est qu’après cela que nous pourrons dormir sur nos deux oreilles.


Victor demanda à Niasci d’attendre la journée avant d’aller voir Clervie afin de ne pas la déranger à son travail. Elle attirerait moins l’attention en allant l’interroger chez elle. L’Ondine se contenta donc de passer le reste de la journée à admirer ses jambières -enfin réussie- et à tenter de faire des bottes assorties.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Sam 31 Mar - 2:11

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Le soir, elle quitta la boutique par la porte de derrière et repassa chez elle pour enfiler les vêtements empruntés qui étaient sensés dissimuler son affiliation à Victor. Ensuite, elle se rendit chez Clervie où elle attendit, profitant de l’ombre pour ne pas se faire remarquer dans la foule qui quittait son travail pour se rendre à son domicile. Elle connaissait l’adresse et savait à quoi ressemblait la femme, Victor la lui avait décrite. Elle était au moins aussi grande que Niasci, assez fine avec de longs cheveux blonds décorés de multiples tresses qui cascadaient dans son dos. Il lui avait dit, un peu gêné, qu’elle était très belle mais la façon dont les humains jugeaient mutuellement leur physique dépassait complètement l’Ondine qui n’avait pas les mêmes critères qu’eux.

Clervie arriva après que Niasci ait attendu quelques minutes. Elle était exactement comme Victor l’avait décrite et il fallait reconnaître que les petites billes de bois percées qui agrémentaient les tresses étaient très amusantes et relevaient agréablement le blé de sa chevelure. Elle marchait, bien droite, tandis que certaines personnes se retournaient sur son passage. Arrivée devant sa porte, elle sortit une grosse clé et Niasci vint rapidement se placer à côté d’elle en posant sa main sur épaule.

Ne criez pas, je veux juste vous parler, je ne vous ferai pas de mal. Laissez-moi entrer et rapidement, il ne faut pas que l’on me voie trop.


Elle tremblait un peu mais s’écarta malgré tout pour laisser passer l’Ondine. Arrivée dans la maison, elle lui fit signe de monter et ouvrit une seconde porte qui se trouvait au troisième étage. Là, Niasci put découvrir un petit appartement qui faisait deux pièces. La première, dans laquelle elles se trouvaient, abritait une petite table, des tabourets et un foyer que la jeune femme alluma rapidement. La seconde devait être sa chambre. Ce n’était pas très grand mais très propre, entretenu et même décoré de quelques plantes. Elle se tourna ensuite vers Niasci :

Vous venez pour Victor je suppose ?


Niasci fut surprise mais elle ne put que confirmer. Autant ne pas tourner autour du pot. Elle lui expliqua ce qu’elle avait entendu et Clervie fit des gestes de négation avant de s’asseoir devant un bol de thé qu’elle proposa également à son étrange visiteuse :

Ce n’est pas moi mais des gens sont venus me voir. Ils voulaient apprendre des choses sur Victor, des choses peu reluisantes, un moyen de ruiner sa réputation. Cependant, je n’avais rien à leur dire que s’ils savaient déjà. Victor n’a pas été très correct avec moi mais, après tout, rien n’avait encore été promis et je suis passée à autre chose. Je me marie dans deux mois, voyez-vous mais je n’ai pas encore répandu la nouvelle, j’ai peur d’aller encore une fois trop en besogne et d’être déçue. A part ça, Victor est un homme intègre, il est exactement tel qu’il se montre…


Niasci lui demanda qui était venu la voir et Clervie lui donna un nom : Milon Beradhir. Elle ne l’avait cependant jamais vu en ville et ne savait pas de qui il s’agissait exactement. L’Ondine la remercia préférant ne pas s’attarder chez son hôte déjà bien sympathique de lui avoir donné ces informations et partit.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Dim 1 Avr - 19:25

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En sortant de chez Clervie, Niasci se sentait un peu embêtée. Cette rencontre lui avait laissé une impression bizarre. En effet, cette femme semblait assez triste et blasée tandis que toute la ville la pointait du doigt sans raison. Tout cela devait lui donner une certaine frustration car si la population l’accusait, c’était pour ensuite mieux cracher sur Victor, comme s’ils n’étaient pas à blâmer car il n’était pas la source du mal qui touchait le forgeron. Quelle hypocrisie… L’autre source de son malaise était que la piste qu’on lui avait donnée n’était pas aussi précise que les autres. En effet, la première fois, elle avait obtenu deux noms dont Victor avait pu identifier la source. Ici, si Clervie ne le connaissait pas, il y avait peu de chance que ce soit le cas du forgeron. Dans le doute, l’Ondine retourna malgré tout à la forge discrètement, prenant le temps de se changer et partagea ses informations – sauf le mariage de Clervie qu’elle garda pour elle. Même si cette information la laissait indifférente, la femme avait semblé tenir au secret. – Comme attendu, Victor n’avait pas la moindre idée que de qui était cet homme. Peut-être n’était-il qu’un visiteur de passage ? Mais dans ce cas, pourquoi s’intéresser de la sorte au forgeron ?

Son maître lui conseilla de faire le tour des entrées de la ville, peut-être qu’un nouvel arrivant était présent, par exemple un ancien originaire de Lerry revenait vivre dans le coin, quelqu’un qui aurait pu en vouloir à Victor pour une vieille querelle de jeunesse, un nouveau forgeron qui aurait pu vouloir éliminer la concurrence ou un individu louche tout simplement. Au soir, elle ferait également le tour des tavernes afin de voir si quelqu’un connaissait ce nom.

Elle laissa donc Victor et les apprentis à leur travail. Comme depuis plusieurs jours, le magasin était désespérément vide et les employés passaient leur temps à s’exercer, à discuter ou à jouer aux cartes. De temps en temps, Victor, se lassant de cette activité, trouvait un nouvel endroit de la boutique qui n’avait pas été inventorié ou nettoyé depuis un moment et tout le monde devait se consacrer à cette nouvelle activité qui, en général, ne durait pas plus d’une demi-journée. Par contre, la boutique, l’inventaire, les livres de compte et les stocks n’avaient jamais été aussi bien organisés et rangés. Dommage que les circonstances de cette perfection soient si négatives.

Niasci retourna donc en ville, se dirigeant dans un premier vers la sortie de la ville là où elle savait trouver un poste de garde qui contrôlait les allées et venues. Peut-être les soldats postés pourraient la renseigner et lui apprendre de nouvelles informations sur ce Milon Beradhir qui permettrait à l’Ondine de cesser les recherches à l’aveuglette qui l’agaçaient particulièrement. Même si elle comprenait le choix de son maître qui l’avait envoyée pour rester discret, ce genre de mission la frustrait dès qu’elle manquait de résultats pendant plus d’une journée.


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Sujet: Re: Retour à la forge

Dim 1 Avr - 20:03

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Elle arriva au poste de garde sans savoir vraiment comment aborder le problème. Soit elle y allait directement en donnant directement le nom de l’homme recherché ce qui pouvait paraître suspect. Soit elle essayait de poser des questions détournées mais comment pourrait-elle faire ça ? « Vous avez vu quelqu’un de louche récemment ? » lui semblait décidément une question bien stupide. Finalement, après mure réflexion, elle décida de ne pas y aller par quatre chemins et héla un garde.

Excusez-moi, pourriez-vous me renseigner ? Je cherche Milon Beradhir, vous savez où il se trouve ?  

Le garde la regarda, un peu surpris, haussa les épaules et alla jeter un œil à ses registres qui se trouvaient à l’intérieur. Laissée seule, Niasci put regarder le flot intarissable de personnes qui entraient et sortaient de la ville. Les uns travaillaient dans champs à l’extérieur des murailles et acheminaient ou ramenaient matériaux, outils et victuailles, les autres étaient des marchands qui entraient ou sortaient avec leur chariot plein à ras bord de marchandise ou au contraire, la bourse bien pleine et le chargement épuisé. Finalement, les derniers étaient simplement des voyageurs qui avaient rarement beaucoup de bagages. Quelques-uns seulement, probablement de ceux qui espéraient pouvoir s’établir dans la cité, traînaient derrière eux de nombreux sacs ou un chariot plein de meubles pour les mieux nantis.

Après quelques minutes, le garde revint en disant qu’effectivement, un homme de ce nom s’était présenté au poste de garde et était venu. Niasci tenta d’obtenir plus d’informations :

Ah, merveilleux. Quand est-il arrivé ? Vous savez où il loge ? A quoi ressemble-t-il exactement ?


Et pourquoi vous voulez savoir ça ma petite dame ?


Niasci fut bien embarrassée. Elle n’était pas une très bonne menteuse et devait rapidement trouver une excuse. Il n’était en effet pas très politiquement correct de demander tant d’informations sans de bonnes raisons pour justifier cette démarche. Elle se dépatouilla comme elle put, bafouillant et mélangeant parfois ses mots :

Eh bien… heu… on m’a demandé de voir s’il était arrivé en ville pour… heu… pour affaire. Enfin, pas pour moi, pour mon maître. Il veut lui proposer quelque chose oui, voilà c’est ça, c’est mon maitre qui veut lui proposer un arrangement….


Le garde l’observa, passablement sceptique mais… après tout, qu’est-ce qu’une bonne femme un peu stupide pourrait faire de mal à un homme comme Milon Beradhir ? Fort de cette idée, il lui répondit avec un sourire en coin :

Tu diras à ton maître que Milon Beradhir est arrivé en ville depuis une semaine et qu’il loge chez lui – je n’ai pas son adresse – mais tu le trouveras surement à la taverne, je l’y vois de temps en temps. Il est grand, bien bâti les cheveux blonds et une barbe bien garnie. Plusieurs femmes lui tournent généralement autour, tu ne pourras pas le manquer. Ah… et dis à ton maître de t’apprendre à parler également, tu n’es peut-être pas humaine mais de la à bafouiller de la sorte…


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Sujet: Re: Retour à la forge

Dim 1 Avr - 20:04

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Niaci contint un élan de rage. Comme si elle était inférieure à un humain. C’était plutôt les humains, spécialistes dans le mensonge et la tromperie qui ferait mieux d’avoir honte. Elle n’avait bafouillé que parce qu’elle était une personne honnête et intègre non habituée à ces jeux de dupes, de mensonges et d’hypocrisie. Si elle n’avait pas juré fidélité au jarl de Lerry, elle montrerait à ce garde si elle était si mauvaise que ça. Cela dit, bien qu’elle fasse la maligne, cet homme était bien armé et ses muscles, autant que la façon dont il tenait ses armes, montraient qu’il était sérieusement entrainé et elle n’aurait pas pu lui donner une leçon aussi facilement qu’elle l’espérait.

Forte de ces informations, elle se rendit à nouveau à la forge, à nouveau en repassant d’abord retirer sa robe pour enfiler une tenue plus adaptée au travail. En effet, elle avait deux choses à faire à la boutique. La première était de transmettre ce qu’elle avait appris. La seconde était de s’entrainer un peu. Il restait pas mal de temps avant la soirée et se rendre maintenant dans la taverne n’aurait servi à rien, autant qu’elle consacre son temps à quelque chose de plus utile.

Arrivée à la forge, Niasci raconta tout ce que le garde lui avait dit. Victor repensa donc au nom, cherchant au plus profond de sa mémoire, interrogeant ses apprentis mais celui-ci ne faisait écho pour personne. Pourtant, le garde avait dit qu’il logeait chez lui, il devait donc venir de Lerry ou en tout cas, avoir de la famille très proche ici comme ses parents. Cela facilitait un peu les choses et donna de l’espoir à tous. S’il était issu de la ville, quelqu’un devait bien le connaître et, au cas où Niasci ferait chou blanc à l’auberge le soir, ils pourraient toujours interrogés voisins, amis, familles et connaissance jusqu’à avoir des réponses.

Autre chose s’était passé ce jour-là. Victor avait reçu une convocation de l’intendant du Jarl. De toute évidence, les mécontents qui doutaient de la qualité du travail du forgeron s’était décidé à porter plainte et à demander un jugement pour cette situation. Il n’était donc plus temps de se défiler ou de faire profil bas, le temps de la confrontation allait être venu et Niasci devait absolument avoir des résultats dans les deux jours à venir où Victor n’aurait que peu de défense à présenter.

En attendant le soir, elle se consacra à son armure qui était son objectif du moment. Il ne lui restait plus que deux pièces à réaliser pour que celle-ci puisse étinceler au coté de son marteau durant les combats. Elle avait hâte de pouvoir l’enfiler en entier et de voir le résultat de son dur travail. Elle attaqua donc la réalisation de gants sensés protéger ses bras des attaques qui pourraient profondément la blesser et l'empêcher de porter son marteau.

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Sujet: Re: Retour à la forge

Lun 2 Avr - 0:01

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La nuit tombée, Niasci se rendit dans le quartier dont parlait le garde. Celui-ci avait deux tavernes principales qui étaient très fréquentées : la taverne de l’œil tombant et la taverne du pot renversé. Elle décida d’aller dans les deux afin d’apprendre un maximum d’informations.

Elle commença par la taverne de l’œil tombant. Quand elle entra, elle découvrir une activité encore raisonnable. Toutes les places n’étaient pas encore prises et il n’y avait qu’un petit murmure de conversation. Dans un coin, un barde s’apprêtait à chanter une fois qu’il aurait plus de public et donc plus d’or potentiel. Niasci s’assit sur une table un peu au milieu de tout afin d’être bien placée pour entendre un maximum de conversation. Elle en profita pour regarder si quelqu’un pouvait correspondre à la description faite par le garde et… honnêtement… de nombreux hommes pouvaient correspondre à celle-ci si on excluait les femmes mais aucun ne pouvait se targuer d’une telle compagnie. Elle commanda un grand verre d’hydromel et se contenta d’écouter les conversations :

Et là, les gardes sont arrivés et les ont emmenés dessoûler, tu imagines ?  


Je crois que ce sera un garçon, je le sens, je sais pas, l’instinct tu vois ? Et puis, j’aimerais bien avoir un petit gamin à qui apprendre mon métier.  


Oui, ‘parait qu’il est revenu, dingue, non ?  


Et sinon, comment va ta mère ?  


La plupart de ces histoires s’avérèrent inutiles et Niasci quitta les lieux qui commençaient doucement à devenir de plus en plus bruyant et bondé pour se dirigea vers la seconde taverne qui était, quant à elle déjà pleine à craquer et le personnel courrait dans tous les sens pour effectuer le service, principalement de grandes chopes d’une bière claire et mousseuse, probablement la spécialité de la maison. L’Ondine s’installa au comptoir – une des seules places libres restantes – et en commanda une également. Quand elle la porta à ses lèvres, elle ne put que constater l’amertume de la boisson et eut du mal à réprimer une grimace qui sembla vexer l’aubergiste qui nettoyait ses verres. Cependant, une fois la surprise passée, on s’y habituait et elle se surprit même à terminer son verre avec plaisir. Comme de l’autre côté, elle essaya au maximum de capter les conversations :

Et là, Victor trouve la lame devant sa porte, tu aurais dû voir sa tête !


Non mais si ça continue, moi je quitte la ville et je vais élever des chèvres en montagne, marre de tout ça !  


Mon voisin m’a encore volé une poule, j’en suis sure !  


Tu en as parlé à Milon ? Il pourra peut-être trouver une solution.  


A ce nom, Niasci tiqua et se concentra plus particulièrement sur leur conversation. Il semblait que l’homme était même présent dans la taverne actuellement, voilà qui devenait intéressant.

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