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Marchands en péril

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Sujet: Marchands en péril

Mer 23 Mai - 0:07

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Svenbjornn Haakenson
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Svenbjornn Haakenson
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Mandra
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Svenbjornn avait repris la route vers Falasea, mais il avait également appris une chose en chemin. S'il voulait se mêler davantage à la foule et au reste de la civilisation, et enfin quitter son isolement dans les forêts et autres lieux d'ermite, il lui fallait gagner de quoi payer divers services lorsqu'il en aurait besoin. C'était ça ou voler, mais cette deuxième option n'était pas vraiment dans sa nature. L'idéal pour y parvenir le plus facilement était de trouver un travail, mais vu son statut et ses compétences, il n'y en avait pas beaucoup qui faisaient l'affaire. Aussi avait-il décidé de joindre l'utile à l'agréable, et un peu au plus pratique aussi. Effectivement, puisqu'il voyageait presque constamment sur les routes, le garçon avait décidé de faire le coursier. Il avait juste à trouver un colis à livrer sur sa route et à être payé par le destinateur. Ainsi, il n'avait pas à s'arrêter longtemps ou à faire un long détour juste pour gagner de quoi vivre, cela ne lui prenait presque pas de temps supplémentaire. L'idée lui semblait tellement géniale qu'il était surpris que tout le monde ne choisisse pas cette voie.
Dans le cas présent, Sven avait accepté un contrat juste après son départ de l'auberge. Il devait livrer un paquet à un groupe de marchands sur la route menant à Falasea, qui était justement sa destination finale. C'était une belle opportunité de se faire de l'argent aisément. Il devait tout de même faire vite, car la caravane n'allait pas rester éternellement sur place. Normalement, il avait amplement le temps, mais il valait mieux éviter de trop se laisser déconcentrer, ce qui pouvait arriver rapidement et facilement avec l'enfant. Il se mit donc directement en route, le colis précieusement tenu dans ses mains. Il parcourut une bonne distance ainsi, sans se soucier du contenu du paquet. Ce ne fut que lorsqu'il se permit une petite pause que quelque chose attira son attention. Le colis bougeait !

"Hey ! Mais qu'est-ce que ?"

Svenbjornn s'écarta aussitôt du paquet qu'il avait déposé sur le rocher auprès duquel il était assis. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Il y avait quelque chose de vivant là-dedans ? Le garçon se rapprocha doucement pour pousser du bout du doigt le paquet, qui réagit aussitôt en bougeant de nouveau. Pas de doute, il y avait bien un être vivant là-dedans ! Que devait-il faire ? Il n'avait pas le droit d'ouvrir le colis en théorie... En même temps, celui-ci n'était pas censé contenir quelque chose en vie. Il n'y avait même pas de trou pour qu'il respire visiblement ! On ne lui avait pas dit non plus que c'était fragile, et s'il le tenait à l'envers depuis le début ? Il ne pouvait pas rester dans l'incertitude ainsi. Puis dans le fond, il n'enfreignait aucune règle puisque de base elles n'avaient pas été respectées par l'expéditeur, non ? Quelque part, cela annulait le contrat et il n'avait donc plus cette obligation. Bien sûr, il livrerait tout de même le colis, mais plus rien ne l'empêchait de l'ouvrir pour permettre à la petite bête dedans de mieux respirer et d'être plus à l'aise. Un tout petit trou devrait faire l'affaire ! Sven prit l'une de ses flèches pour enfoncer très doucement et délicatement l'embout afin de créer un orifice sans blesser ce qu'il y avait à l'intérieur. Une fois l'ouverture assez grande, le garçon jeta un oeil à l'intérieur.

"Oh t'es trop mignon !"

Il s'agissait d'un petit uloth, qui ne semblait pas avoir souffert du voyage. Le trou était trop petit pour qu'il puisse s'en échapper, mais suffisant pour qu'il respire mieux. L'enfant était ravi, mais il espérait sincèrement que ce n'était pas pour le manger qu'on le lui faisait livrer à ces marchands. Finalement, être coursier n'avait pas que du bon, et ouvrir le colis n'était pas une si bonne idée... Il le noterait précieusement dans un coin de sa tête pour la prochaine fois.
Alors qu'il arrivait en vue de la caravane de marchands, il se demandait s'il devait les interroger quant à leurs intentions envers le uloth.

"Bonjour, j'ai un colis pour vous. Il y a quelqu'un ?"

Deux hommes sortirent d'un chariot pour venir à sa rencontre, sans dire un mot pour autant, se contentant de le dévisager.

"Euh... ? Vous êtes bien les marchands qui attendez ce paquet ?"

"Attrape-le !"

Aussitôt, les deux hommes se jetèrent sur Svenbjornn. Le garçon tenta bien de s'enfuir, mais il ne s'était pas attendu à un tel accueil et les individus en avaient profité pour s'approcher suffisamment avant de passer à l'attaque. L'un d'eux l'attrapa par le col avant de commencer à le traîner vers la charrette, probablement pour l'y glisser à l'arrière, là où personne ne le verrait sous la bâche. L'enfant se débattit tant bien que mal en protestant fortement, mais l'homme avait une bonne poigne et le gifla pour le faire taire. Tout ce que Sven parvint à faire, ce fut de lâcher son précieux colis qui tomba près d'une des roues du chariot.


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Sujet: Re: Marchands en péril

Mer 23 Mai - 8:55

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Mandra
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Marchands en péril
-
Il semblait affolé.

- ...on a été surpris, on ne les a pas vu venir. Ils n’étaient que deux mais bien organisés, ils en voulaient à nos marchandises et rien ne pouvait les arrêter. J’ai réussi à leur échapper mais ils avaient déjà mis Pablo et Jurik dans un sale état, et les autres allaient sûrement y passer. Faut venir voir ça, vite madam’, faut venir nous aider !


Quand il est arrivé devant ma porte, je pensais que l’homme venait pour lui, il avait l’air complètement perdu, haletant, hirsute, grommelant dans sa barbe mal entretenue, et je me préparais déjà à tenter de l’apaiser. Je dis bien tenter, parce que pour l’instant, seuls ma conversation calme et le simulacre d’apposition des mains inefficace mais persuasif, peuvent renvoyer mes visiteurs avec la sensation de mieux aller.
Certes les bains dans le ruisseau me font du bien, les rayons de Mère le Lune m’envahissent et me réchauffent, mais je sens bien que je n’ai plus les vibrations en moi. Père reste silencieux, je ne sais plus me mettre en condition, il doit m’attendre en haut avec les pères de ses pères, mais je ne peux pas venir à lui.
Alors quand cet homme s’est présenté, j’ai vu là une occasion supplémentaire de poursuivre mon travail afin de récupérer ma puissance d’antan, je ne saurais trop quoi faire pour réellement soigner mais essayer, encore et encore, jusqu’à y arriver.

Nous marchons donc, plutôt trottinons, car l’homme est pressé et je le comprends. En chemin, il me dit se nommer Ulrich et être marchand, il voyageait vers la grande ville avec ses six compagnons, quand ils ont été victimes de l’attaque. Il semble réticent à en dire plus, notamment sur le type de marchandises transportées, il s’agirait de poteries précieuses remplies de poudre blanche, mais il reste assez vague dans ses réponses à mes questions demandant des précisions.

- De la poudre qui fait du bien, pas vraiment comme des tisanes...elle soigne, dans un certain sens mais...mais ce n’est pas l’important, il faut surtout voir l’état de Pablo et Jurik.

Etrange, mais dans son récit, j’avais pu percevoir que le vol de ses marchandises l’affectait outrement plus que la santé de ses compagnons, il pleurait presque la perte de ses poteries, ou de sa poudre à savoir. En tous les cas, il me fait subir un rythme de course qui me laisse bientôt extenuée, la respiration courte et les jambes ne me portant plus.

On est encore loin ? Il va falloir ralentir sinon je ne tiendrais pas jusqu’au bout .

-c’est juste au bout là-bas, vers les grands arbres

Effectivement, en approchant du lieu indiqué, retentissent de plus en plus fortement des cris. Je vois bien de l’agitation, des personnes semblent se battre à côté de plusieurs carrioles. Par précaution, je me saisis de mon coutelas et je fais signe à Ulrich de se faire discret pour s’approcher. Pourtant, arrivée sur place, les chariots semblent vides, à l’exception d’un qui remue violemment et d’où on peut entendre des bruits de lutte et des paroles menaçantes.
Je chuchote a l’oreille d’Ulrich.
Prends ce gros bâton, ca devrait suffire avec l’effet de surprise. On va aller à l’arrière de ce charriot, on fait irruption en hurlant quand je te le dis, il faut leur faire peur, alors ne te retiens pas.

Chacun d’un côté de la carriole, nous sommes près à ouvrir les deux pans de tissu qui ferme l’entrée du véhicule. Je regarde Ulrich, lui fait un signe de tête puis nous bondissons sur le tissu en hurlant,  Ulrich levant son bâton et moi brandissant mon arme.
La réaction ne se fait pas attendre, deux paires d’yeux nous regardent avec stupeur. Il est sûr qu’un homme mal rasé qu’on pourrait prendre pour un ours dans l’obscurité du contre-jour et une femme aux cheveux flamboyants qui menace avec une arme blanche qui surgissent par surprise ne peut que provoquer la frayeur des deux bandits occupés à molester un garçon. Ils se redressent et se ruent sur la sortie pour fuir, deux sangliers qui renversent tout sur leur passage.

Affalée par terre, je les regarde s’éloigner en courant, Ulrich git comme moi dans la poussière et me sourit niaisement.
Toi !! Hurler, ce n’est pas m’arracher les tympans !




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Sujet: Re: Marchands en péril

Ven 25 Mai - 0:38

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Svenbjornn Haakenson
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Une fois maîtrisé, Sven fut ligoté et enfermé, les bandits lui attachant les mains dans le dos avant de le faire entrer dans le chariot d'où ils étaient sortis juste avant. A l'intérieur, de nombreuses poteries étaient entreposées, dont certaines ouvertes laissaient apparaître une étrange poudre blanche. Manifestement, ces individus souhaitait dérober cette substance puisqu'ils avaient commencé à la transférer dans d'autres conteneurs plus facilement transportables. Probablement ne préféraient-ils pas s'encombrer des charrettes et passer davantage inaperçus lorsqu'ils auraient quitté les lieux. D'ailleurs, ils avaient très envie de rester discrets puisqu'ils ne voulaient laisser aucune trace derrière eux. Effectivement, Svenbjornn les entendit parler d'un des marchands qui avait réussi à fuir, contre lequel ils avaient envoyé deux des leurs, ou encore des autres qu'ils devraient éliminer avant de partir. Sûrement qu'il allait compter parmi les victimes lui aussi, ce qui commençait à l'inquiéter. Il ne pouvait même pas espérer établir un plan d'évasion avec les autres captifs : aucun ne semblait être présent ici, ils devaient être enfermés dans d'autres chariots. Peut-être pourrait-il essayer de leur rentrer dedans en espérant les faire tomber sur des poteries ? Avec un peu de chance, ils se couperaient avec les débris et lui-même pourrait trancher ses liens avec l'un des morceaux ! C'était peut-être très optimiste, mais il n'avait pas de meilleure idée dans l'immédiat.
Profitant que les hommes lui tournent le dos en s'affairant à transférer la poudre, Sven s'approcha tout doucement d'eux afin de passer à l'action. Cependant, ce fut à cet instant que deux hurluberlus firent irruption en criant comme des forcenés. L'enfant bondit de stupeur en croyant être pris la main dans le sac, laissant également échapper un  hoquet de frayeur. Il ne fut pas le seul, les deux bandits paraissent aussi surpris que lui. Ils prirent rapidement la fuite, bousculant tout sur leur passage et abandonnant leur précieuse poudre qui se répandit au sol alors que quelques poteries se renversèrent. Svenbjornn aussi fut projeté au sol sur leur chemin, allant se cogner la tête contre la paroi du chariot alors qu'il n'avait pas ses mains libres pour se retenir dans sa chute. Tandis qu'il se redressait tant bien que mal, le garçon remarqua que ses deux sauveurs étaient à terre eux aussi, bien qu'intact contrairement à lui visiblement. Il sentait déjà la bosse qui devait gonfler sur son front suite à ce mauvais coup reçu dessus.

"Aïe, ça va pas de crier comme ça ? Vous m'avez fait peur..."

Décidément, Sven avait du mal à se relever. Etait-ce réellement à cause de ses liens ou bien la tête lui tournait-il sans qu'il ne se rende compte ?

"Enfin je vous remercie tout de même pour votre intervention, j'étais mal parti pour m'en sortir tout seul... Dites, vous pourriez m'enlever ces liens aussi ? J'ai du mal à bouger avec."

Il leur tourna le dos afin de leur présenter lesdites entraves et espérant qu'ils allaient l'en défaire.

"Ah et j'y pense, il y a sûrement des marchands ligotés dans les autres chariots ! Enfin je crois."

Il espérait qu'ils étaient encore en vie... Et s'ils avaient commencé à en tuer ? Peut-être même étaient-ils en train de le faire en ce moment-même ? A moins qu’ils ne cherchent celui qui avait fui ?

"Oh et il y en a certainement un autre dans la nature aussi ! Il ne vaudrait mieux pas qu'ils lui tombent dessus, il faudrait peut-être les poursuivre non ?"

D'ailleurs qui étaient ces deux individus ? Les bandits n'avaient parlé que d'un fuyard, ils ne devaient donc pas être l'un d'eux. Tiens, ils étaient deux, ce chiffre lui rappelait quelque chose...

"Zut, j'oubliais ça aussi ! Il n'y avait pas que ces deux là, ils étaient quatre si j'ai bien compris, ils risquent de revenir avec du renfort si ça se trouve !"

Bon cette fois, Svenbjornn avait dû tout dire, il ne lui semblait plus avoir omis autre chose.

"Désolé pour ces informations au compte-gouttes. Faut dire, vous m'avez vraiment fait peur, faut que je reprenne mes esprits..."

Bah oui, ça n'allait tout de même pas être sa faute non plus ! Il sentait encore son coeur battre fort dans sa poitrine. A moins que ce ne soit la crainte de représailles. Ou encore peut-être l'appréhension d'être tombé sur deux fous, ce qui était la première image qu'il en avait il fallait bien l'avouer.


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Sujet: Re: Marchands en péril

Ven 25 Mai - 13:36

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Mandra
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Marchands en péril
Ce qui est sûr, c’est que le garcon que les brigands ont séquestré dans la carriole ne semble pas du tout marqué par ce qui vient de lui arriver. Loin d’être traumatisé par son kidnapping musclé, il ne paraît pas se rendre compte qu’il était sur le point de perdre la vie quand nous sommes arrivés, il nous reprocherait presque de lui avoir fait peur. Après quelques remerciements rapides, il s’empresse de nous monter son dos pour le délivrer de ses liens sans même s’inquiéter si nous allons bien.

Je me relève calmement et aide Ulrich à faire de même, il fait une grimace de douleur mais il ne s’agit que d’un hématome et n’a rien de cassé. Après quoi, je prends mon coutelas et coupe les liens du garçon qui m’apprends qu’il y a des marchands prisonniers dans les autres charriots et un qui s’est enfui, il s’agit sans doute d’Ulrich. Je charge d’ailleurs ce dernier d’aller voir si ses compagnons sont encore en vie, tandis que je m’assure que le garçon n’a rien d’important. Ce dernier ne me rassure pas, les voyous seraient plus nombreux que les deux que nous avons fait fuir et il craint qu’ils ne reviennent finir leur travail. J'ai aussi l’impression qu’il n’est pas vraiment à l’aise en ma présence, sans doute pense t-il que je suis dans le camp des méchants, on m’a souvent prise pour une sorcière avec mes cheveux flamboyants et avec notre intervention bruyante, il y a de quoi se poser des questions.

Je suis Mandra, tu ne dois pas avoir peur de moi, je suis une chamane, je soigne les gens mais je ne me sers pas du sang d’enfant pour le faire. Quant aux voyous, ne t’inquiète pas, quand ils reviendront, s’ils reviennent, nous serons tous prêts à les accueillir.

A moins que tous les marchands ne soient plus que des corps immobiles, auquel cas je doute qu’à deux plus un gamin, nous n’ayons le dessus.
Je vais voir comment vont les autres, reste là pour l’instant, repose toi.

Je ne veux surtout pas qu’il voit ce que je risque de découvrir en ouvrant les carrioles, les morts ne sont jamais agréables à regarder, surtout pour un garcon de son âge.

Je me dirige donc vers le premier charriot et l’ouvre. A l’intérieur, tout a été dévasté, des morceaux de terre cuite gisent partout sur le sol, de la poudre s’est répandue tout autour, une sorte de paillasse qui doit servir de couche à un marchand a été transpercée et partiellement vidée, il est visible que ceux qui sont à l’origine de ce carnage cherchaient quelque chose de bien précis. Je m’assure qu’il n’y a personne puis ressort.
Au pied de la marche, j’avise un petit paquet certainement tombé au cours de la fouille, je le ramasse et vais le poser dans un panier à l’intérieur du charriot, ainsi est-il invisible à qui voudrait le voler.
Puis je m’avance vers la seconde carriole où visiblement il y a du mouvement, j’écarte le tissu qui en ferme l’ouverture et...
Ça alors !



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Sujet: Re: Marchands en péril

Sam 26 Mai - 22:34

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Svenbjornn Haakenson
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"Merci !"

La femme l'avait délivré de ses liens. Cela faisait un bien fou de se sentir libre, et surtout de ne plus se brûler la peau à cause du frottement de la corde à chaque fois qu'il tirait un peu trop dessus. Il se releva en se massant la bosse de sa tête tandis qu'il écoutait Mandra lui répondre. Hormis son prénom, tout le reste de sa phrase était plutôt inquiétant. Pourtant, le but de son dialogue était sûrement de le rassurer, mais qui irait préciser qu'il ne se servait pas du sang d'enfant alors qu'on ne lui avait rien demandé à ce sujet ? C'était forcément douteux, et vouloir s'expliquer là-dessus sans raison prouvait qu'on avait quelque chose à se reprocher ! En tous cas, Svenbjornn était de plus en plus persuadé qu'elle cette Mandra n'était pas saine d'esprit.

"D'accord..."

Cette approbation était tout sauf convaincante. Elle valait aussi pour la fin de sa phrase d'ailleurs, selon laquelle ils n'avaient rien à craindre et qu'ils seraient prêts à les accueillir. Sven doutait que combattre par les cris était une arme véritablement efficace, mais peut-être se trompait-il ? Selon lui, c'était bien pour surprendre éventuellement, comme ça avait été le cas un peu plus tôt. Mais si on les attaquait en étant préparé...
Mandra se proposa d'aller voir comment allaient les autres, lui soumettant l'idée de rester ici. A moins que ce ne fut un ordre ? Si tel était le cas, il était évident que le garçon ne souhaitait pas suivre les instructions d'une femme qui se servait du sang d'enfant pour sa magie de soin. Elle comptait peut-être même l'enfermer ici pour mieux disposer de lui par la suite !

"D'accord !"

Cette fois-ci, Svenbjornn y mit beaucoup plus de conviction et devait être bien plus convaincant. Bien entendu, il avait totalement autre chose en tête et sortit seulement quelques dizaines de secondes après la femme. De toute façon, il avait un colis à récupérer, il devait se concentrer là-dessus. L'enfant retourna là où il se souvenait l'avoir laissé tomber, mais il ne vit rien au sol. Il était pourtant sûr qu'il l'avait égaré juste à côté de cette roue. Zut, pour sa première mission, ça commençait plutôt mal... Il se jeta à terre, s'agenouillant au sol pour chercher partout autour de l'endroit en question, finissant même par se faufiler sous le chariot. Rien. Il ne trouva pas la moindre trace de son paquet. Il n'avait tout de même pas pu s'envoler ! Même l'animal dedans ne pouvait pas y parvenir avec le lest que représentait la boîte. Et si c'étaient ces deux voleurs qui s'en étaient emparé ? Voila qui n'arrangerait pas du tout ses affaires, mais il ne voyait pas d'autre solution. Peut-être même comptaient-ils s'en servir comme monnaie d'échanger lorsqu'ils s'étaient rendu compte que le colis contenait un être vivant. Sven venait de subir un enlèvement, et il allait bientôt recevoir une demande de rançon ! Il lui fallait en informer Mandra. Déjà, parce que les bandits avaient d'autant plus de chances de revenir vers eux pour leur réclamer quelque chose en échange. Ensuite, parce qu'il aurait sûrement besoin d'aide pour pouvoir retrouver sa missive. Il espérait juste que la soigneuse n'était pas également versée dans  le sang d'animal...

"Mandra ?"

Où était-elle passée ? Sortant de sous son chariot, l'enfant regarda un peu autour de lui avant de remarquer sa silhouette de dos. Elle semblait prête à entrer dans une autre carriole, l'entendant s'exclamer d'ici. Evidemment, il n'en fallut pas plus à Svenbjornn pour piquer sa curiosité à vif. Il se remit debout et accourut vers la femme. Il tenta de se faufiler pour voir l'intérieur, en prenant garde de ne pas bousculer Mandra tout de même.

"Qu'est-ce qu'il y a ? C'est quoi ?"

Il se mit sur la pointe des pieds, mais le résultat n'était pas plus concluant. Il allait falloir que la femme le laisse passer s'il voulait espérer voir quelque chose !


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Sujet: Re: Marchands en péril

Mar 29 Mai - 18:17

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Mandra
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Marchands en péril
Je n’ai pas le temps d’entrer dans le charriot que le garcon est là, qui veut à tout prix y pénétrer avant moi, curieux de voir ce qu’il s’y passe.

Je ne t’avais pas dit de m’attendre ? Bon, puisque tu es là, reste donc, tu peux être utile

Dans le charriot, un homme est assis à terre et se frotte la tête. Il a le visage tuméfié et me fixe d’un air hagard. A ses côtés, un autre homme est allongé et Ulrich s’occupe de l’aider à se relever doucement.
Ça va ?


-Ils ont été tabassés et assommés mais ils s’en sortent bien, des blessures plus spectaculaires que graves, par contre ils sont traumatisés et apeurés.

Je me dois de les soulager de leurs douleurs qu’elles soient physiques ou mentales, mais avant, il me faut m’occuper d’autre chose plus perturbant à mes yeux. Ce n’est en effet pas la vue des deux blessés qui m’a fait pousser un cri de surprise tout à l’heure mais ce que je vois posé sur un petit meuble juste derrière les deux blessés, une petite poupée de chiffon dans laquelle des aiguilles sont plantées. Je connais ce genre de pratique faite pour jeter un sort, la poupée représente une personne et chaque aiguille la torture. Je m’approche doucement du meuble et observe l’objet maléfique, la petite taille de la poupée, ses cheveux courts et surtout tous ces points roux dessinés sur le visage, il n’y a aucun doute sur la personne ciblée.

Tu vas bien toi ?

Je me suis retournée d’un coup vers le garçon que nous avons délié, un peu affolée. Je ne sais absolument pas de quel genre de sort il s’agit, de quelle culture, et malheureusement, dans l’état d’incapacité où je me trouve depuis mon arrivée ici, il m’est impossible de le désenvoûter, je ne peux qu’espérer qu’il ne s’agisse que d’un simulacre destiné à effrayer.  

Mon esprit revient alors vers ces pauvres marchands qui gémissent. Je m’agenouille près de celui qui est seul et qui visiblement a besoin de parler pour évacuer son angoisse. Dans ma tête, tout s’organise clairement, je vais m’occuper de lui tandis qu’Ulrich prend l’autre en charge, et je demande même au gamin d’aller chercher de l’eau fraîche pour appliquer sur les blessures.

-Il faut que j’aille voir comment vont les autres


J’avais oublié, ils étaient sept en tout, et tandis qu’il s’en va vers les autres charriots, j’écoute l’homme bientôt rejoint par le second. Ils ont l’habitude de ce genre d’attaque mais celle-ci était très impressionnante, orchestrée par des bandits violents et apparemment prêts à tout pour s’emparer des marchandises. Les victimes ont surtout peur de leur retour avec des renforts, ils savent que leur vie est en danger.
Mes paroles sont destinées à les rassurer du mieux possible, leur montrer que nous tous aussi, si nous sommes organisés, nous pourrons lutter.

Je ne pense pas qu’ils reviennent, ils ont vu qu’il y avait peu à prendre mais malgré tout, il faut se préparer au cas où.

Soudain, je réalise que je ne me suis pas souciée du garcon depuis un long moment et je ne le vois pas. Mon regard se porte sur la poupée, pourvu que...




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Sujet: Re: Marchands en péril

Mar 19 Juin - 22:09

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Svenbjornn Haakenson
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Les adultes... Toujours à dire ce qu'il fallait faire ou ne pas faire, ils n'étaient vraiment pas marrants parfois. Puis quelque part il l'attendait non ? Il n'était pas encore entré dans le chariot, laissant à la femme le soin de le faire avant lui. A moins qu'il ne parvenait tout simplement pas à lui passer devant ? Heureusement, elle voulait finalement bien de lui de toute façon ! Svenbjornn en profita pour la suivre sans tarder, avant qu'elle ne change d'avis. A l'intérieur, il n'y avait que deux hommes blessés. Le garçon affichait une mine déçue, même s'il se réjouissait évidemment que personne ne fut mort. Mais, dans le fond, il avait probablement espéré découvrir quelque chose de plus impressionnant, de plus palpitant. En conséquence, l'exclamation de Mandra un peu plus tôt lui semblait exagérée. Ou alors, quelque chose lui échappait au milieu de tout bazar ? C'était possible également, c'était très mal rangé là-dedans après tout. Quoique l'activité criminelle qui y avait eu lieu dernièrement y était certainement pour quelque chose aussi. Cependant, la femme s'approcha du fond du chariot. Elle paraissait attirée par quelque chose, ce qui relança la curiosité de l'enfant. Jusqu'à ce qu'elle se retourne précipitamment vers lui en lui demandant s'il allait bien. Sa brusquerie le fit aussitôt sursauter. C'était quoi son problème ?

"Euh... oui oui, tout va bien, merci."

Enfin il allait très bien avant d'avoir cette petite frayeur. Du coup, sa question était plutôt déplacée puisqu'en la posant ainsi elle commençait déjà à le faire aller moins bien ! Au moins sa réponse semblait la rassurer puisqu'elle se concentra de nouveau sur les blessés, laissant par la même occasion le champ libre à Sven. Il allait pouvoir s'approcher à son tour de l'objet auquel s'était intéressée Mandra ! Quelle ne fut pas sa surprise en le découvrant : il s'agissait d'une sorte de poupée parfaitement à son effigie. C'était à la fois fascinant et un peu angoissant aussi. Fascinant car elle lui ressemblait vraiment beaucoup, pour quelque chose fait avec les moyens du bord visiblement. Angoissant car il ne savait pas comment interpréter cette "marque d'affection" à son égard, ni même qui avait bien pu la faire et surtout quand. Il venait à peine d'arriver ici après tout ! A moins qu'il ne s'agissait là d'une récompense supplémentaire pour la bonne livraison de son colis ? L'expéditeur avait vu à quoi il ressemblait, ça pourrait se tenir... Autrement dit, l'objet lui revenait ! Et si sa théorie n'était pas la bonne, il était tout aussi légitime qu'il s'en empare. Après tout, de quel droit quelqu'un se permettrait-il de le représenter ainsi et de garder le résultat pour lui, sans même lui en parler ni lui demander son avis ? C'était plutôt malsain à bien y penser, il était donc normal qu'il la garde avec lui dans ces conditions également.
Ni une, ni deux, le garçon profita que personne ne le regarde pour subtiliser la petite poupée et la ranger précieusement dans sa poche. Probablement à cause de la peur d'être pris en flagrant délit, Svenbjornn frissonna à l'instant même où son lui miniature fut caressé par le tissus de ses vêtements. Puis il sursauta de nouveau lorsque Mandra lui demanda d'aller chercher de l'eau, cette fois-ci par peur qu'elle ne l'aie vu.

"Oui bien sûr ! Je reviens tout de suite."

Décidément, c'était une manie d'aller lui faire chercher de l'eau... Les adultes croyaient-ils tous que c'était là la seule tâche dont il était capable de s'acquitter ? Il lui tardait de pouvoir faire ses preuves... En attendant, il allait déjà remplir celle-ci. En chemin, il avait longuement longé un cours d'eau, il savait donc où en trouver. Il s'y dirigea sans tarder, ne ralentissant qu'après quelques dizaines de mètres tandis qu'il arrivait presque à destination. Puisqu'il était tout seul, il décida d'en profiter pour regarder de plus près sa récente trouvaille. Indéniablement, le travail était de qualité, c'était lui tout craché. L'enfant en éprouvait même une certaine fierté, bien qu'il n'en fut que le modèle et non l'artisan. Il s'agenouilla près de l'eau tandis qu'il s'apprêtait à ranger la poupée pour se saisir de sa gourde presque vide. Tout à coup, un bruit de feuillage que l'on écarte le fit sursauter une troisième fois, craignant maintenant que les bandits ne soient revenus finir leur travail.

"Non !"

Dans sa surprise, Sven avait laissé échapper la poupée dans l'eau. Il aurait aimé plonger la main dedans pour la récupérer, mais si les brigands étaient bien de retour, il valait mieux aller se cacher pour le moment. Il pourrait toujours revenir plus tard. Il se faufila à quatre pattes jusqu'à un buisson proche pour s'y dissimuler, avant de tendre l'oreille et de chercher du regard ce qui avait fait ce bruit. Ce n'était probablement rien finalement. Pourtant, il sentait l'angoisse monter en lui, il avait même un peu de mal à respirer. A vrai dire, il ne respirait même plus. Soudainement, la panique le submergea. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Il avait beau vouloir prendre une grande bouffée d'air frais, il n'y arrivait pas. Même crier lui était impossible, malgré toute la bonne volonté du monde. C'était un peu comme s'il était en train de se noyer, bien qu'il fut sur la terre ferme.


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